L'Oise Agricole 13 janvier 2023 a 10h00 | Par Dominique Lapeyre-Cavé

Des étudiants imaginent le devenir d'une application numérique de Bayer

C'est au cours de deux journées, appelées Hackathon, que des étudiants de cinquième année en spécialisation entreprenariat et innovation, ont imaginé le potentiel développement d'une application «carbone» à l'usage des agriculteurs en cours de développement par Bayer.

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Les étudiants ont testé l'application de Bayer et imaginé sont devenir au cours d'un hackathon.
Les étudiants ont testé l'application de Bayer et imaginé sont devenir au cours d'un hackathon. - © DLC

On connaît surtout Bayer pour ses produits phytosanitaires, mais, depuis le rachat de Monsanto, le groupe s'est réorganisé autour de quatre axes que sont les produits phytosanitaires, les produits de bio-contrôle, les semences et les outils digitaux. «Bayer travaille depuis 20 ans sur des outils de prédiction des maladies sur la vigne et a développé d'autres outils numériques», précise Tristan Guilbot, expert en innovation et transition agro-écologique chez Bayer. «Avec UniLaSalle, il s'agissait de demander aux étudiants quels axes de développement nous pouvions imaginer pour le module carbone que nous sommes en train de construire pour les grandes cultures.» Bayer, après son application Movida pour la vigne, propose Climate Field View, un outil pour les grandes cultures qui permet à l'exploitant d'enregistrer toutes ses interventions, depuis le semis jusqu'à la récolte.

L'idée est de lui apporter des recommandations en termes de stockage de carbone pour que ses pratiques aient un impact limité. Il saura quelles interventions stockent du carbone ou quelles autres pourraient être modifiées pour limiter l'émission de gaz à effet de serre. La fertilisation azotée et les interventions culturales (travail du sol, semis direct, arrêt du labour) sont à ce titre les deux plus importants leviers à actionner.

Pistes à défricher

Les étudiants ont travaillé en groupe après avoir découvert l'application et échangé avec l'équipe Bayer. Les propositions qui en sont issues ont été assez innovantes et, surtout, les étudiants ont suggéré des pistes à Bayer auxquelles l'entreprise n'avait pas pensé. Les uns ont classiquement évoqué un outil qui puisse donner des règles de décision à l'agriculteur afin qu'il limite les effets négatifs de la fertilisation azotée en optimisant.

D'autres ont fait le constat que les outils existent déjà, qu'ils sont quasiment au point, mais qu'il manque le maillon pour faire que les exploitants agricoles s'emparent de ces outils pour améliorer leur bilan carbone. Pour cela, à l'instar du Nutriscore pour l'alimentation, pourquoi ne pas imaginer donner un score carbone aux exploitations ? Six critères sur chaque exploitation serviraient de base de calcul de ce score, dont l'irrigation, la fertilisation azotée et le travail du sol.

Les agriculteurs pourraient ensuite travailler en groupe pour améliorer leur résultat et cela passerait par des formations ou des temps de travail collectif au sein de fermes pilotes. Du concret, de l'échange collectif pour faire évoluer des pratiques. «J'avoue que nous n'avions pas creusé ce sillon de réflexion mais cette approche nous semble pertinente», se réjouit Tristan Guilbot. Les étudiants pensent que les changements de pratiques sont perçus comme trop risqués par les agriculteurs et qu'ils franchiront le pas s'ils peuvent visiter des fermes pilotes, en apprécier l'évolution qu'ils pourraient envisager sur leur propre exploitation.

L'idéal serait que ces fermes pilotes puissent accueillir des groupes pour des journées de formation ou d'échanges et qu'elles soient donc réparties sur le territoire pour représenter au maximum tous les systèmes de culture en vigueur.

Maintenant, il reste à Bayer à prioriser les idées des jeunes étudiants et à les conduire jusqu'à terme. «À terme, les agriculteurs pourront générer des crédits carbone tout en améliorant leur stockage de carbone. C'est un nouveau champ qui s'ouvre à eux et qui reste à leur faire connaître, même si toutes les règles ne sont pas encore complètement définies. En tout cas, chez Bayer, nous sommes persuadés que le numérique permettra aux agriculteurs de faire les meilleurs choix. À nous de leur donner les clés pour s'approprier ces solutions», conclut Tristan Guilbot.

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