L'Oise Agricole 11 février 2020 à 13h00 | Par Patricia Flochon

Immersion dans l'élevage des raies d'eau douce

Le seul éleveur professionnel de France de raies d'eau douce est dans l'Ain ! À Ramasse, Thierry Gallinica sélectionne et assure la reproduction des plus belles espèces de Potamotrygon qu'il vend dans toute l'Europe. Rencontre.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Thierry Gallinica sélectionne des espèces d'exception.
Thierry Gallinica sélectionne des espèces d'exception. - © Patricia Flochon

Initialement enseignant, Thierry Gallinica décide il y a quelques années d'opérer un tournant dans sa vie professionnelle et crée son entreprise d'élevage de raies d'eau douce en 2011 à Ramasse. Il y élève des poissons de la famille des Potamotrygonidae dans quelque 78.000 litres d'eau répartis dans plusieurs bassins. Principalement des Potamotrygon jabuti, leopoldi black diamond, motoro marbled, ainsi que des hybrides et des albinos. Ses premiers spécimens, Thierry Gallinica les a achetés à d'autres professionnels basés essentiellement en Europe de l'Est et Europe du Nord, Hollande, Allemagne, République tchèque, ainsi qu'en Asie. Il vend aujourd'hui ses Potamotrygon dans toute l'Europe, aussi bien à des particuliers qu'à des aquariums publics (Beauval, Montpellier, Amnéville, Lausanne...) et à des professionnels (76 % de ses ventes).

Des espèces rares et recherchées

La raie d'eau douce a une espérance de vie de quinze ans. Elles sont vendues à partir de six à huit semaines. «Ce sont des animaux plutôt grégaires, nonchalants, mais il faut rester vigilant en cas de stress», souligne l'éleveur. La gestation varie de 100 à 120 jours. Une raie peut donner naissance jusqu'à seize petits, en moyenne de quatre à six. Les critères de sélection sont principalement l'espèce et la couleur, mais aussi la grosseur et le nombre de spots. «Les plus recherchées sont les leucistiques qui présentent une dépigmentation totale avec les yeux noirs. Mais ce ne sont pas des albinos qui elles ont les yeux rouges ou jaunes. Leur prix peut aller jusqu'à 47.000 EUR. Alors que l'albinos se vend environ 500 EUR. Autre rareté : le super white hybridation avec des spots très blancs, très gros, sur fond noir, dont le prix commence à 40.000 EUR. Les plus rares, mais je n'en ai pas, sont principalement destinées au marché asiatique. Si je n'élève pas ces spécimens, je suis en revanche en train de développer les Pied bolt qui sont dépigmentés sur une partie du corps ; une mutation génétique naturelle. L'idée étant de les croiser avec des albinos», explique Thierry Gallinica.

Élevage, mode d'emploi

À la naissance, les petites raies sont installées dans un aquarium contenant l'eau du bac dans lequel elles sont nées. Elles ne seront nourries qu'à partir du cinquième ou sixième jour avec des vers de vase ou des éperlans en miettes. Aucun changement d'eau pendant deux semaines, pour conserver le même contexte physico-chimique. Puis l'eau sera changée régulièrement et les raies nourries deux à trois fois par jour jusqu'à l'âge adulte où elles le seront une fois par jour avec un jour de jeûne par semaine. Les ventes se font essentiellement sur internet et par l'intermédiaire de Facebook.

L'expédition demande les plus grandes précautions. «Je mets les animaux préalablement à la diète, pendant trois jours pour les jeunes et quatre à cinq jours pour les 30 centimètres et plus. Elles sont installées dans des sacs plastiques doublés, avec un tiers d'eau et deux tiers d'oxygène. Le transport se fait dans des caisses en polystyrène avec chaufferette et couverture de survie», souligne l'éleveur qui fait signer pour chaque vente une décharge de responsabilité précisant que l'acquéreur connaît la législation.

Une espèce animale classée dangereuse

La détention de raies d'eau douce est très réglementée. En France, les Potamotrygons sont classées «animaux dangereux» (car porteuses d'une ou plusieurs épines venimeuses sur la queue), entraînant l'obligation d'être titulaire d'un certificat de capacité (arrêté du 10 août 2004), délivré par la DDPP après passage devant une commission composée de professionnels.

Thierry Gallinica insiste sur le fait qu'il est indispensable de s'équiper d'un aquarium spécifique adapté à leurs besoins (température à 28°C, pH compris entre 6 et 8, une bonne qualité d'eau) et préconise au minimum 1.000 litres d'eau pour un couple de taille modeste (de 35 à 40 cm).

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Oise Agricole se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui