L'Oise Agricole 18 mars 2021 a 09h00 | Par D.

L’Agora des collèges, une édition 100 % numérique

Les agriculteurs, professeurs et principaux acteurs de l’Agora des collèges, projet porté par la coopérative Agora, se réunissent en ligne pour le lancement officiel de cette 4e édition, 100% digitale. Une version inédite de l’événement, qui débute dès ce mois de mars et durera jusqu’en juin 2021.

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Vous pouvez suivre toute l’actualité (vidéos et photos) des Agricurieux sur la page Twitter @Agricurieux.
Vous pouvez suivre toute l’actualité (vidéos et photos) des Agricurieux sur la page Twitter @Agricurieux. - © capture ecran

«Pour Agora, l’objectif est de contribuer à la vie de notre territoire et de faire partager nos métiers auprès de nos concitoyens. Les jeunes d’aujourd’hui feront la société de demain, c’est pourquoi nous nous adressons aux élèves de 4e et 3e qui feront également le lien avec leur projet pédagogique scolaire. Nous souhaitons les sensibiliser au fait que notre agriculture est nourricière, responsable et innovante. Cette agriculture, portée par des hommes et des femmes, est en pleine mutation et en quête de sens.» explique Thierry Dupont, président de la coopérative Agora et initiateur de l’Agora des collèges.

Pour cette nouvelle édition au format inédit, 350 élèves de 4e et 3e et leurs professeurs ont répondu à l’appel, soit 9 collèges de l’Oise, de l’Eure et du Val-d’Oise : Estrées Saint-Denis, Compiègne, Lacroix-Saint-Ouen, Montsoult, Gisors, Froissy, Beauvais et Gouvieux.

Le principe de l’Agora des collèges est simple : le but est d’aller à la rencontre des jeunes générations, en classe, pour mettre en lumière le rôle essentiel des agriculteurs dans la société, donner un regard positif sur le monde de l’agriculture et aller à l’encontre des idées établies, mais aussi s’appuyer sur le regain d’intérêt de chacun, y compris les jeunes, pour l’alimentation, les produits locaux, l’environnement, le rapport à la nature, les métiers agricoles... Tout ceci, dans le but de créer des liens entre deux mondes qui se connaissent peu. Pour la professeure Béatrice Brémard au collège Jules-Verne à Lacroix-Saint-Ouen, cette initiatiave peut permettre de créer des vocations. «J’enseigne dans un collège en milieu rural donc les élèves vivent entourés d’agriculteurs. L’idée, c’était de faire découvrir à nos élèves l’environnement dans lequel ils vivent donc de faire un point déjà sur leurs connaissances. On s’aperçoit qu’ils en ont très peu sur le sujet. Mais surtout, c’est de lever les idées reçues sur le secteur de l’agriculture. On s’était rendu compte que les élèves ont des images plutôt négatives sur le monde de l’agriculture. Lorsqu’ils ont découvert cet environnement, ils se sont rendu compte que, finalement, c’était à l’opposé de leurs réflexions : un milieu basé sur la haute technologie, la préservation de l’environnement, l’alimentation et le bien-être animal. Selon eux, l’agriculture a véritablement évolué en quelques siècles, voire quelques années. Cette opération est véritablement profitable, non seulement aux élèves, mais aussi à leurs parents.»

Le numérique au cœur des Agricurieux

«La crise sanitaire nous a obligés à révolutionner notre manière de travailler. En effet, cette année 2021 nous a permis d’être en rupture dans la forme sur laquelle nous allons décliner cette opération. Déjà, l’année dernière, avec la coupure de la 3e édition à cause du confinement, on se posait la question sur l’évolution du concept de l’Agora des collèges pour toujours garder cette dynamique. La situation sanitaire nous a obligés à franchir le pas et donc nous sommes dans un concept 100 % numérique. Les moyens vont changer, mais l’idée de fond est toujours la même : c’est réellement de mettre en lumière nos métiers, que ce soit le métier d’agriculteur, que ce soient les métiers de nos collaborateurs au sein de de l’entreprise, c’est de montrer les facettes insoupçonnées de notre métier, les innovations que l’on applique et aussi faire partager le défi qui est le nôtre de s’adapter à la mutation de notre environnement tout en essayant de maintenir une rentabilité pour nos exploitations. De plus, cette crise sanitaire a renforcé l’intérêt majeur pour la souveraineté alimentaire de la France et a donc remis notre métier au plus haut des préoccupations de nos concitoyens», affirme Thierry Dupont.

Grâce à des kits pédagogiques sous forme de séances-vidéos de 45 minutes environ, «prêtes à diffuser», les professeurs abordent, en classe, quatre grandes thématiques autour de l’agriculture : une par mois, avant la clôture de l’événement en juin. Il s’agit du B.A-BA de l’agriculture (découvrir les fondamentaux) ; l’agriculture et l’environnement (comprendre les enjeux des agriculteurs face à la nature) ; l’agriculture, des hommes et des métiers (explorer les multiples facettes du ou des métiers de l’agriculture dans la société) ; l’agriculture et l’économie (appréhender les acteurs de proximité des agriculteurs et les débouchés de la filière).

Chaque séance est interactive. Les élèves répondent à des quiz, réfléchissent ensemble et s’enrichissent mutuellement grâce à des contenus dynamiques et immersifs via une application en ligne. Ils peuvent y déposer leurs questions et y puiser des contenus pédagogiques avec le dictionnaire L’Agrictionnaire.

Pour les guider dans leur découverte, ils peuvent compter sur la participation des agriculteurs ambassadeurs du territoire, qui partagent leur quotidien en vidéo. Des collaborateurs de la coopérative viendront également apporter leurs témoignages sur les différents métiers de la coopérative et l’accompagnement des adhérents.

Alexandre (agriculteur à Antheuil-Portes), Julien (agriculteur à Moyenneville), Mathieu (agriculteur à Noyers-Saint-Martin) et Damien (agriculteur à Monchy-Humières) sont les agriculteurs-ambassadeurs de cette édition. Ils ont en commun une mission : être les interlocuteurs privilégiés des collégiens, leur transmettre les ficelles du métier et les éclairer tout au long de l’opération.

Grâce à des vidéos tournées en immersion dans leurs fermes respectives, ils apportent la vision «terrain», la partie concrète du métier et illustrent les différentes thématiques abordées au fil des séances. D’une séance à l’autre, les élèves peuvent échanger avec les agriculteurs par le biais de questions, auxquelles ils répondront en vidéo dans la séance suivante.

«J’ai déjà participé aux éditions précédentes» ajoute Mathieu Sainte Beuve. «C’est dans la continuité du présentiel. En ouvrant nos fermes, cela permet d’ouvrir les yeux du public sur notre activité. Il y a un gros enjeu de communication positive envers les jeunes, ils ont une grande soif d’apprendre. L’utilisation des outils numériques facilite l’apprentissage, les jeunes sont de plus en plus connectés. Il y a une envie de rentrer en interaction avec l’ensemble des agricurieux. Dans l’avenir, cette opération mélangera présentiel et numérique, ce qui la rendra authentique.» poursuit-il.

Un concept qui va au delà des frontières

Au départ, l’Agora des collèges a été créé et conçu pour qu’il y ait le plus d’Agricurieux possible. Depuis 2017, on ne compte pas moins de 4.000 Agricurieux. L’objectif commun d’Agora et de l’agence À nous la lune ! est d’ouvrir cette opération à toutes les coopératives qui le souhaitent sur le territoire national.

«Notre expérience pour créer du lien entre deux mondes qui ne se connaissent pas, le format digital et tous les outils associés qui ont été déployés depuis 4 ans doivent être partagés et permettre de développer, encore plus et plus facilement, la communauté des Agricurieux ! Il s’agit de proposer à toutes les parties prenantes, écoles, agriculteurs, coopératives de s’approprier notre démarche et nos outils en les personnalisant tout en bénéficiant de nos conseils et de notre accompagnement pour les déployer au plus vite, au moins cher et au plus efficace !» ajoute Carole Cresson, dirigeante d’À nous la lune !

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