L'Oise Agricole 30 novembre 2019 à 15h00 | Par Alice BArdoux

Trouver le financement pour transmettre et reprendre

Une cinquantaine de personnes sont venues assister à la journée d'information collective organisée le 14 novembre à Airion (60) par le Point accueil installation transmission (PAIT), en partenariat avec la Société d'aménagement foncier et d'établissement rural des Hauts-de-France (Safer), Initiatives paysannes et la Chambre d'agriculture.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Pour s'installer, de nombreuses solutions de financement existent.
Pour s'installer, de nombreuses solutions de financement existent. - © Alice Bardoux

Les exploitants innovent, investissent et créent de nouvelles activités. Au moment de la transmission et de l'installation, il est nécessaire de trouver les moyens de financer la reprise d'une exploitation. Au-delà de financer les reprises familiales, il s'agit également de financer des installations hors cadre familial. Le financement devient donc un enjeu majeur de la question du renouvellement des générations.

Le prêt bancaire est la principale source de financement, mais pas que ! Les banques partagent la prise de risque et aujourd'hui d'autres outils innovants existent. Quels sont ces outils ? Comment fonctionnent-ils ? Quels sont leurs avantages ? Quels sont leurs points de vigilance ?

Au travers d'un groupe de travail réunissant les banques, les centres de gestion et les partenaires du PAIT, une boîte à outils des solutions de financement répertoriant 16 fiches a été créée et diffusée en avant-première lors de la journée collective du PAIT le 14 novembre. En parallèle de cette diffusion, deux tables rondes se sont succédé.

Le cédant force de propositions

Gwen Le Fichous, installé il y a 5 ans en apiculture, sans apport initial lors de son installation, a bénéficié d'un prêt cédant de la part de sa cédante et a également joué la carte du financement participatif à partir de l'un de ses réseaux, il indique que ces financements permettent «la consolidation de l'installation d'un jeune».

Anne Vermeersch, conseillère de gestion au sein du cabinet associatif AS60, poursuit en indiquant que «le prêt cédant permet de faciliter le plan de financement du repreneur, mais qu'il est nécessaire de confronter différentes méthodes d'estimation pour arriver à un prix juste», le prêt cédant «ne doit pas être un risque pour le cédant, il doit être mesuré entre les deux parties : cédant et futur repreneur».

Delphine Boubert, quant à elle, rappelle l'importance d'anticiper au moins 5 ans avant sa transmission et d'être extrêmement vigilant sur les garanties et les assurances lors de l'établissement d'un prêt cédant.

Souhaitant que le «métier continue d'exister», Patrice Verscheure, éleveur dans l'âme, a décidé de céder son exploitation en 2016 sans avoir à gérer les visites, la vente, les propositions de cession et le marchandage.

Il s'adresse à la Safer qui le met en relation avec un jeune passionné d'élevage qui souhaite s'agrandir. Il lui concède un différé de paiement sur les bâtiments de l'exploitation afin de lui donner un coup de main en étant solidaire envers un jeune qui souhaite faire perdurer l'activité de la filière laitière.

Des financements complémentaires

André Grenelle, directeur d'Initiatives Ternois, Artois, 7 Vallées et membre du comité de direction Initiatives Hauts-de-France, aborde le prêt d'honneur avec un taux d'intérêt à taux 0% qui est mis en place par sa structure et qui permet de mettre à disposition des fonds pour les reprises/installations agricoles notamment pour ceux qui n'ont pas accès aux aides nationales. Ce type de financement permet une «disponibilité des fonds de façon rapide pour le porteur de projet».

Jeune installé en 2019, Benoît Rion cultive des micro-pousses dans un container. Avant de s'installer, il étudie la question technique et financière de son projet avant que la banque ne lui dise non. Par le biais du réseau Initiatives, il obtient un prêt d'honneur à taux 0 %. «Ce financement a été un effet levier pour mon installation puisque j'ai par la suite pu trouver une banque par le biais du réseau Initiatives et bénéficier d'autres aides et d'autres dispositifs d'accompagnements».

L'association pour le maintien d'une agriculture paysanne (Amap), représentée par Zoé Defente, met en place des cagnottes solidaires visant à soutenir des projets qui sont alimentés via des apports associatifs de citoyen. Cela permet de «répondre aux besoins de trésorerie et d'investissements pour des montants allant généralement de 2.000 à 15.000 EUR, de partager le risque avec le producteur et de conforter une reprise».

Gabriel Ferton, animateur du marché agricole du Crédit Mutuel Nord Europe, conclut en indiquant que «la faisabilité du projet est sa rentabilité», qu'il est nécessaire «de s'accompagner et d'être vigilant sur les modalités de mise en place des financements complémentaires afin d'augmenter la solidité économique du projet».

Transmettre implique toute une réflexion qu'il faut anticiper afin de prendre le temps de mettre en place la meilleure stratégie pour donner la chance à chacun que son projet soit financé !

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Oise Agricole se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui