Anciens numéros

646 anciens numéros

N°1755 (35)

28 août 2026 | Semaine 35 1755
Afficher l'édito

L'édito

Ne laissons aucun agriculteur au bord du chemin

Régis Desrumaux, président de la FDSEA de l'Oise

Une année catastrophique. Un monde agricole qui tient encore debout. Et une responsabilité collective : ne laisser personne tomber. La moisson est désormais derrière nous pour beaucoup d’entre nous. Et le constat que nous faisons, parcelle après parcelle, est malheureusement sans appel : les rendements sont en baisse dans de nombreuses productions. Céréales, maïs, maraîchage, arboriculture… et nous craignons désormais le même scénario pour les betteraves et les pommes de terre.

À l’image de cet été, cette campagne est catastrophique dans de nombreux secteurs. Mais derrière les chiffres et les rendements, il y a surtout des femmes et des hommes. Des exploitations. Des familles. Des investissements. Des charges qui, elles, ne diminuent pas. Et parfois des années de travail qui sont aujourd’hui mises en difficulté. Notre priorité est simple : nous ne voulons perdre aucun agriculteur.

Notre rôle, au sein de la FDSEA, est d’être aux côtés de chacun d’entre vous. Nous sommes au contact du terrain, nous voyons les difficultés et nous continuerons à les faire remonter. Mais aujourd’hui, il faut aller plus loin : le gouvernement doit prendre ses responsabilités et apporter des réponses à la hauteur de la situation.

Soyons très clairs : ce dont nous avons besoin aujourd’hui, ce ne sont pas de nouveaux emprunts qui viendraient alourdir encore l’endettement des exploitations. Nous avons besoin de trésorerie, nous avons besoin d’aides, nous avons besoin d’argent pour permettre aux agriculteurs de passer cette mauvaise année et de repartir.

Parce que derrière chaque exploitation qui disparaît, c’est notre capacité à produire qui recule. Et si notre agriculture ne produit plus, c’est toute notre souveraineté et notre autonomie alimentaires qui s’effondrent.

Nous sommes également extrêmement vigilants sur l’approvisionnement en pulpes. La baisse de production de betteraves aura forcément des conséquences sur les volumes disponibles. Or, derrière cette question, il y a nos élevages et leur alimentation. Avec la FRSEA, nous sommes donc au contact des sucriers. Le message que nous leur portons est clair : nous sommes conscients que les volumes de pulpes seront en baisse, mais nous devons trouver des solutions pour approvisionner en priorité les élevages qui risquent de manquer de ressources alimentaires. Il faut de l’anticipation, du dialogue et de la solidarité entre les filières. Nous serons particulièrement attentifs à ce que les élevages ne soient pas les victimes indirectes de cette campagne difficile.

Autre sujet sur lequel nous sommes pleinement mobilisés : l’implantation des cultures intermédiaires et des Cipan. Là encore, notre position est extrêmement claire : laissez faire les agriculteurs. Les situations sont aujourd’hui extrêmement différentes d’un secteur à l’autre. Il existe de très fortes disparités de pluviométrie. Certains secteurs ont reçu de l’eau mais cela ne permet pas une implantation correcte des cipans et D’autres sont toujours beaucoup trop secs pour envisager quoique se soit Et surtout, nous avons pris du retard. Des récoltes sont encore à terminer, des terres doivent être travaillées, le lin doit encore être récolté et les colzas doivent être semés.

Dans ce contexte, la priorité d’un agriculteur est d’abord de réussir ses récoltes et ses implantations de cultures commerciales. Nous ne pouvons pas demander aux agriculteurs de courir après des dates administratives alors qu’ils doivent déjà faire face à des conditions agronomiques et climatiques extrêmement compliquées et économiquement cela ajoute une charge supplémentaire

Notre message est donc simple : faites-nous confiance. Si un agriculteur estime que les conditions sont réunies pour implanter une Cipan, il le fera. Si elles ne le sont pas, il doit pouvoir faire l’impasse, sans être ensuite sanctionné parce qu’il aura privilégié le bon sens. On ne peut pas demander aux agriculteurs de prendre des risques agronomiques et économiques dans une telle période . Pour une fois, faisons confiance à ceux qui travaillent leurs terres tous les jours.

Nous resterons au rendez-vous. Cette campagne va laisser des traces. Certains vont connaître une année difficile. D’autres seront confrontés à de véritables accidents économiques. Notre responsabilité syndicale est de ne laisser personne seul face à ces difficultés. Nous serons là. Nous continuerons à nous battre pour obtenir des réponses économiques à la hauteur de la situation. Nous continuerons à défendre nos élevages, nos cultures et notre capacité à produire. Et nous continuerons à porter la voix du terrain auprès des pouvoirs publics.

Mais surtout, je veux m’adresser directement à vous. Si vous rencontrez une difficulté, quelle qu’elle soit, ne restez pas seul. Rapprochez-vous de vos animateurs, de vos animatrices, de vos responsables locaux, ou contactez directement la FDSEA.. Nous devons nous parler, nous entraider et regarder ensemble les solutions possibles.

Je souhaite beaucoup de courage à chacune et chacun d’entre vous pour cette fin de campagne. Et j’espère avoir rapidement l’occasion de venir à votre rencontre, dans les différents secteurs qui connaissent aujourd’hui les situations les plus difficiles. Dans cette année noire, notre combat est plus que jamais le même : accompagner nos agriculteurs, défendre leur revenu et ne laisser aucun agriculteur au bord du chemin. Nous ne lâcherons rien. Et surtout, nous ne lâcherons personne.

N°1747 (27)

03 juillet 2026 | Semaine 27 1747
Afficher l'édito

L'édito

Sécurité et moisson : une exigence commune, une responsabilité partagée

Régis Desrumaux - Président de la FDSEA de l'Oise

Dans les prochains jours, l’Oise entrera au cœur de la moisson des blés. Comme souvent ces dernières années, les températures seront élevées, parfois caniculaires. Cette période est décisive : elle représente l’aboutissement d’une année de travail, d’investissements importants et conditionne le revenu de nos exploitations. Dans ce contexte, la FDSEA de l’Oise, les Jeunes Agriculteurs de l’Oise et la Chambre d’agriculture de l’Oise portent un message commun. Notre objectif est clair : permettre aux agriculteurs de récolter dans les meilleures conditions possibles tout en garantissant la sécurité des personnes, des biens, des exploitations agricoles et de l’ensemble de nos concitoyens.La sécurité n’est pas une option. Mais il faut aussi être lucide : le risque zéro n’existe pas. Notre responsabilité collective est donc de réduire ce risque au maximum grâce à la prévention, à l’organisation des chantiers et au professionnalisme des exploitants.


C’est précisément le sens du travail engagé depuis 2019 avec la Préfecture et le Sdis autour de la charte départementale de prévention des incendies de moisson. Cette charte n’a jamais eu vocation à empêcher les agriculteurs de travailler. Elle vise à mieux anticiper les risques, à mieux les prévenir et à permettre la poursuite des récoltes dans des conditions de sécurité optimales.


Nous saluons le dialogue constant que nous entretenons avec M. le Préfet, les services de l’État et le Sdis. Dans une période où les conditions météorologiques imposent une vigilance de chaque instant, cette concertation quotidienne est indispensable. Pour autant, nous refusons qu’une logique d’interdictions automatiques s’impose au seul regard d’une température ou d’un horaire. Ce serait méconnaître la réalité de nos métiers. Le risque d’incendie ne dépend jamais d’un seul indicateur : il résulte d’un ensemble de paramètres : vent, hygrométrie, état des cultures, matériel utilisé, organisation du chantier ou encore moyens de prévention déployés. Nous défendons une approche pragmatique, fondée sur l’analyse des conditions réelles. Les agriculteurs sont des professionnels responsables. Ils savent adapter leurs pratiques, renforcer les moyens de prévention ou interrompre un chantier lorsque les circonstances l’imposent.


Parce qu’une moisson ne se reporte pas. Chaque heure perdue peut dégrader la qualité des récoltes, générer des pertes économiques importantes et fragiliser durablement les exploitations. Derrière chaque hectare récolté, il y a une année de travail, des charges engagées et, bien souvent, le revenu d’une famille.


Notre ligne est donc simple : conjuguer sécurité et activité économique. Nous continuerons à défendre des décisions prises dans le dialogue, avec les acteurs du terrain, sur la base d’une évaluation objective des risques. Nous serons toujours aux côtés des services de secours pour protéger les personnes et les biens. Mais nous serons tout aussi déterminés à défendre la possibilité pour les agriculteurs de récolter lorsque les conditions le permettent.
J’en appelle enfin à l’ensemble des agriculteurs de notre département : soyez particulièrement vigilants. Vérifiez votre matériel, adaptez vos horaires et votre organisation, mobilisez les moyens de prévention nécessaires et n’hésitez jamais à interrompre un chantier si la situation l’exige. La responsabilité de chacun est notre meilleure protection.


Je tiens enfin à remercier M. le Préfet, les services de l’État, le Sdis et l’ensemble des sapeurs-pompiers pour leur disponibilité et la qualité des échanges que nous entretenons. C’est grâce à cette confiance mutuelle que nous pourrons relever ensemble les défis de cette moisson.
À toutes les agricultrices et à tous les agriculteurs de l’Oise, je souhaite une excellente moisson. Soyez prudents, prenez soin de vous, de vos équipes et de ceux qui vous entourent. Ensemble, démontrons qu’il est possible de concilier sécurité, responsabilité et réussite des récoltes.