Avoir un cap pour restaurer l’outil productif
Le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, était invité à participer le 26 août à une table-ronde à l’occasion des Rencontres des entrepreneurs de France, organisées par le Medef à Roland-Garros. L’occasion pour lui rappeler la nécessité d’une vision pour l’agriculture française.

Avant le grand oral qui a réuni sept* des 32 candidats déclarés à la présidence de la République et que reprendra la FNSEA à l’occasion de son congrès en 2027, le Medef avait convié quelques figures politiques, syndicales et médiatiques à débattre du thème «Courage ou consensus ?». Sur scène : Natacha Polony, directrice de la rédaction de Marianne ; Bruno Le Maire, ancien ministre de l’Économie ; Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies ; Christelle Morançais, présidente de la région Pays-de-Loire et Arnaud Rousseau, président de la FNSEA. Un brin taquin et provocateur, ce dernier a suggéré que le consensus «ne pouvait qu’être mou, comme la synthèse d’un congrès du Parti socialiste», même si ce consensus pouvait exister sur des objectifs politiques, à l’image de la souveraineté alimentaire. A condition toutefois que les décisions suivent, a-t-il sous-entendu. Si la remise en cause de certains dogmes et certaines pratiques constitue l’une des facettes du courage, «la capacité à dégager une vision et donner confiance aux gens qui investissent en est une autre», a-t-il ajouté. Sur ce sujet il a rappelé que le rapport d’orientation de la FNSEA** appelle à un changement de logiciel politique. Le premier syndicat agricole de France entend que le prochain chef de l’État engage une réforme de la Constitution pour supprimer le principe de précaution inscrit dans la Charte de l’Environnement de 2004. Par la loi du 1er mars 2005, celle-ci est inscrite dans le bloc de Constitutionnalité. «Or ce principe de précaution est devenu un principe d’inaction et le cadre environnemental de 2004 n’a plus rien à voir avec celui de 2026», a justifié Arnaud Rousseau.
Outil productif
Les autres débatteurs ont également considéré que le consensus et le courage n’étaient pas forcément incompatibles, si tant est que l’on puisse embarquer un maximum de personnes derrière ses idées. Comme Arnaud Rousseau, Patrick Pouyanné a estimé nécessaire que les gouvernants puissent avoir une vision du pays comme les patrons, petits ou grands, ont une vision pour développer leur entreprise. «Regarder la réalité en face, c’est aussi ça le courage», a-t-il insisté à plusieurs reprise ajoutant que «le courage ne vaut que s’il est collectif». Si Bruno Le Maire a concédé qu’il fallait «reconnaître ses erreurs», il a insisté sur la nécessité d’aller «à contre-courant des idées reçues». Le courage sera aussi de «remettre une chaîne de commandement dans l’autorité de l’État et de reprendre le contrôle sur les finances publiques», a-t-il observé. Plus incisive, Natacha Polony s’en est pris aux «normes étatiques et européennes qui affaiblissent (…) et détruisent l’outil productif». Elle a aussi suggéré que la France et l’Europe calent leurs politiques sur celles des Etats-Unis et de la Chine qui sont «très protectionnistes». «Produire est mot noble», a renchéri Arnaud Rousseau qui veut que les politiques «donnent un cap et une cohérence. Le combat est ici et maintenant», a-t-il conclu.
(*) Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe, Bruno Retailleau, Marine Tondelier.
(**) Produire, entreprendre et vivre de l’agriculture en France
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