L'Oise Agricole 16 juillet 2026 a 09h00 | Par Christophe Soulard

En 2025, l’agriculture française a renoué avec la croissance

Après une année 2024 noire, l’agriculture française a retrouvé des petites couleurs en 2025, selon les derniers chiffres de l’Insee. Portée par un rebond de la production céréalière et l’envolée des prix animaux, la valeur ajoutée par emploi progresse de 10,4 %. Une bouffée d'oxygène qui cache des disparités et un état de l’agriculture convalescent.

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- © J. Pertriaux

compte provisoire de l’Insee, la production agricole française a progressé de 4,7 % en euros courants en 2025. Ce redressement, qui combine une hausse des volumes (+2,2 %) et des prix (+2,4 %), permet de compenser en partie la chute sévère enregistrée l'année précédente. Parmi les bonnes nouvelles, la production végétale affiche une progression de 3,9 % en volume. Ce résultat est principalement porté par le net rebond des céréales (+17,6 %), et notamment du blé tendre qui s'envole de 30 % après une année 2024 catastrophique. Le début d'été chaud et sec a favorisé les rendements des cultures à paille et du colza.

Le secteur viticole reprend également des couleurs avec un volume en hausse de 5,9 %, un bond porté essentiellement par la production de Champagne (+18,9 %). Cependant, l’embellie aurait pu être plus belle si la hausse des volumes (inférieure à la moyenne quinquennale) s’était accompagnée d’une hausse des prix. Or d’une manière globale, les prix des végétaux ont reculé de -2,3 %). La chute est particulièrement marquée pour les céréales (-9,7 %) dans un contexte de production mondiale abondante, ainsi que pour les pommes de terre (-16,0 %), dont les surfaces cultivées ont exceptionnellement augmenté depuis 2023.


L'élevage sauvé par les prix
Contrastant avec le secteur végétal, la production animale bondit de 10,1 % en valeur. Cette performance est presque exclusivement due à une envolée des prix (+9,3 %), car les volumes restent quasi stables (+0,7 %). Le marché est marqué par des hausses spectaculaires : le prix des oeufs a bondi de 31,8 % sous l’effet d’une forte demande, tandis que celui des gros bovins s’est apprécié de 24,6 %.
La production de bétail a cependant continué sa décrue structurelle en volume (-1,1 %), particulièrement pour les veaux et les gros bovins. Le rapport de l’Insee, fraîchement accueilli par les organisations professionnelles agricoles (lire encadré) souligne que les consommations intermédiaires ont reculé de -1,0 % en valeur.
Si les prix des intrants augmentent légèrement (+1,1 %), les volumes consommés baissent de 2,1 %. Ce repli est favorisé par la baisse continue des prix de l'énergie (-9,1 %), incluant le gazole non routier et l'électricité, ainsi que par un léger reflux du prix des engrais et amendements (-2,5 %) ce qui a réduit sensiblement les coûts de production des exploitations. C’est grâce à cet effet de ciseaux positif que la valeur ajoutée brute au coût des facteurs par emploi a enregistré un rebond de 10,4 % en termes réels. Cependant, ces chiffres masquent une réalité plus inquiétante : celle d’une souveraineté commerciale qui s'effrite. Le solde des échanges extérieurs tombe à 0,3 Md€, son plus bas niveau depuis le début des années 2000. Si les céréales dégagent toujours un excédent (7,0 Md€), ce dernier s'essouffle. En parallèle, les déficits se creusent pour les fruits (-4,4 Md€) et les légumes (-2,0 Md€), ainsi que pour le poste café-thé-cacao sous l’effet de hausses de prix massives. Enfin, comme le précise la note de l’Insee : ce compte provisoire «ne constitue pas une mesure du revenu disponible des ménages dont la personne de référence est agriculteur».

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