L'Oise Agricole 27 août 2026 a 08h00 | Par Pierre Poulain

Hausse de 3,23 % : la SNPR appelle au dialogue entre bailleurs et fermiers

Le nouvel indice national des fermages est paru au Journal officiel le 13 août. Il augmente de 3,23 % pour 2026. Porté par les bons résultats de l’élevage en 2025, il tombe pourtant à un moment difficile pour de nombreuses exploitations. La Section nationale des propriétaires ruraux (SNPR) refuse un gel de l’indice et appelle au dialogue entre bailleurs et fermiers.

Abonnez-vous Reagir Imprimer
La SNPR écarte l’idée d’un gel de l'indice des fermages.
La SNPR écarte l’idée d’un gel de l'indice des fermages. - © iStock

L’indice national des fermages 2026 est officiel. Publié au Journal officiel le 13 août, il progresse de 3,23 % par rapport à 2025. Sa valeur atteint désormais 127,04. Elle était de 123,06 en 2025 (la base 100 correspond à l’année 2009).

Un résultat qui suit un calcul fixé par la loi. Il repose pour 40 % sur l’évolution du PIB. Celui-ci augmente de 1,09 % en 2026. Il repose ensuite pour les 60 % restants sur le revenu brut d’entreprise agricole, qui progresse de 4,72 % en moyenne lissée sur cinq ans.

Deux facteurs expliquent cette hausse. D’abord un effet de lissage. L’année 2020 sortait du calcul cette année. Elle était la plus mauvaise année pour le RBEA depuis 2016 et sa sortie tire mécaniquement la moyenne vers le haut. Ensuite les bons résultats de 2025 : les productions animales progressent alors de 10,1 %.

«Comme le dénonce la SNPR depuis longtemps, l’indice des fermages produit ses effets à contretemps», précise la section dans un communiqué. L’indice augmente alors qu’une mauvaise campagne s’annonce pour beaucoup de fermiers. «Les bailleurs sont conscients de la situation des fermiers. Certains – pas tous – pourront avoir des difficultés face à une augmentation de l’indice. Les propriétaires bailleurs sauront le prendre en compte ; car l’intérêt du bailleur n’est jamais d’avoir un fermier en difficulté.»

Face à ces difficultés annoncées, la SNPR écarte pourtant l’idée d’un gel. Elle y voit une «illusion populiste». «Les bailleurs ont-ils obtenu un gel quand les fermages ont baissé de 7 % entre 2016 et 2018 ? Non. Le bail rural implique de la confiance réciproque, ce qui exclut un tel coup de poignard dans le contrat.» Pour l’organisation, «la loi est la loi» et doit être appliquée ou modifiée.

L’impact financier reste d’ailleurs limité selon la SNPR. Cette hausse alourdit les charges totales à l’hectare de moins de 0,4 %. Un fermage de 150 euros augmente ainsi de 4,8 euros par hectare. La SNPR rappelle aussi la situation des propriétaires. «La majorité des bailleurs ruraux sont de petits propriétaires, souvent anciens agriculteurs, qui perçoivent le minimum vieillesse. Leurs fins de mois ne sont pas plus simples que pour leurs fermiers et le fermage est pour eux un complément de retraite bien utile.»

Plutôt qu’une mesure générale, l’organisation préconise le dialogue direct. «Si un fermier a des difficultés, il doit en parler à son bailleur.» Selon la SNPR, ces discussions «parviennent aisément à un accord amiable». Le propriétaire reste «le partenaire privilégié» de son fermier. Il n’est «pas une variable d’ajustement». La section milite désormais pour une réforme de l’indice plus favorable aux deux parties.

Aucun bailleur n’a intérêt à étouffer son exploitant

Chantal Ferté - présidente de la section des bailleurs de l’Oise

La hausse de 3,23 % de l’indice des fermages tombe mal, c’est une certitude. Dans l’Oise, la campagne s’avère difficile et cet indice national, calculé sur des données passées, arrive à contretemps. Pour autant, exiger un gel serait injuste. Quand l’indice a baissé par le passé, les bailleurs ont assumé cette perte sans compensation, alors même que nos impôts fonciers augmentaient. Cet indice est le fruit d’un accord collectif : la loi doit s’appliquer. Dans notre département, les propriétaires ruraux ne sont pas de grands rentiers. Ce sont majoritairement d’anciens agriculteurs ou des familles modestes qui comptent sur ce fermage pour compléter leur retraite. Aucun bailleur n’a intérêt à étouffer son exploitant ; nous avons besoin les uns des autres.

Face aux difficultés financières de cette année, la vraie réponse réside dans le dialogue direct. Étalement des paiements, arrangements amiables : nous saurons faire preuve de souplesse, à condition de pouvoir au moins couvrir nos impôts fonciers. Il suffit simplement de se parler.

Nous restons tout à fait ouverts à une révision future de l’indice pour le rapprocher de l’inflation et éviter ces décalages néfastes. Mais aujourd’hui, préservons l’essentiel : la confiance et le respect mutuel entre partenaires.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions emises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Oise Agricole se reserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et reglements en vigueur, et decline toute responsabilite quant aux opinions emises,