L'Oise Agricole 15 septembre 2026 a 10h00 | Par Pierre Poulain

La fédé des chasseurs veut rassurer avant une ouverture de saison sous tension

La saison cynégétique 2026-2027 s'ouvre le 20 septembre. La fédération des chasseurs de l'Oise tient à rassurer ses 12.636 adhérents face aux tensions qu'ils sentent monter sur le terrain.

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Partie de chasse aux sangliers et chevreuils sur un domaine de chasse privé.
Partie de chasse aux sangliers et chevreuils sur un domaine de chasse privé. - © J-C. Gutner

«Les propos de Sandrine Rousseau sont irresponsables. Des menaces pèsent maintenant sur les battues programmées, notamment celle de Neuilly-en-Thelle, où des militants annoncent venir s'y opposer», s'inquiète Guy Harlé d'Ophove, président de la fédération des chasseurs de l'Oise. «Mais elle se tiendra, affirme-t-il. Je serai sur place et nous sommes en contact avec la gendarmerie.»

Après les menaces reçues en ligne par les chasseurs de Neuilly-en-Thelle, la battue aux sangliers était effectivement sous étroite surveillance dimanche 13 septembre.

Fin août, lors de l'université d'été du mouvement politique Rev d'Aymeric Caron (entendez : Révolution écologique pour le vivant), la députée écologiste Sandrine Rousseau a incité les militants à se rendre dans les forêts et les campagnes et à se tenir «debout, face à eux, physiquement» afin d'empêcher ce qu'elle qualifie comme un «permis de tuer». Une pétition s'est rapidement organisée en ligne suite à ces propos, recueillant environ 53.000 signatures. La fédération nationale des chasseurs a déposé plainte contre la députée. «La fédération de l'Oise s'est jointe à la plainte nationale.»

Le président de la fédération de l'Oise a par ailleurs insisté sur le principal objectif de cette saison cynégétique : la sécurité. «Dans l'Oise, on ne dénombre aucun accident et 4 dans toute France, dont 3 auto-accidents. Il est donc faux de dire que la terreur règne dans les campagnes. Notre pratique est hyper-règlementée, avec pas moins de 245 pages rien que pour la chasse dans le code de l'environnement. On ne fait pas n'importe quoi.» La pratique de la chasse est également réglementée par un schéma départemental de gestion cynégétique, revu tous les 6 ans et élaboré par la fédération des chasseurs, la Chambre d'agriculture, les représentants de la propriété privée rurale, des intérêts forestiers et ceux des usagers de la forêt et de la nature. «La chasse est un droit, rappelle Guy Harle d'Ophove. Et contrairement à la légende urbaine, elle ne s'exerce pas les week-ends en dehors des espaces privés.» Pour cette saison, une équipe de 8 agents sera sur le terrain pour accompagner et contrôler les chasseurs.

Volonté de rassurer aussi le grand public ? «Comme le monde agricole, nous rencontrons des difficultés avec l'expansion du monde urbain. Une partie de cette population ne connaît pas la ruralité. Je ne leur en veux pas, mais ils voient la nature avec les yeux de Walt Disney.»

Un système indemnisation des dégâts de gibier à bout de souffle

Ni les incendies - il n'y en a pas eu de majeurs dans le département - ni la sécheresse de cet été n'ont eu d'effet sur la faune. Sauf la perdrix grise, les populations de petit et de grand gibiers restent stables ou augmentent, notamment celles de sangliers, espèce responsable de nombreux dégâts sur les parcelles agricoles. Malgré les actions des chasseurs (pose de clôtures, effaroucheurs, assouplissement des règles pour augmenter les prélèvements, actions ciblées sur les zones de non-chasse...), la situation reste «préoccupante». Pour la fédération des chasseurs, c'est surtout le système d'indemnisation des dégâts de gibier, «porté uniquement par les chasseurs», qui est arrivé à bout de souffle. «ça nous coûte une blinde ! tempête Guy Harlé d'Ophove. Nous payons aussi pour des dégâts sur les zones non chassées. Or, 35 % du territoire, pour différentes raisons, n'est pas chassé et n'est pas chassable. La loi sur les dégradations agricoles est obsolète. Elle ne correspond plus au terrain, aux différences de territoires et aux pratiques agricoles d'aujourd'hui.» Au niveau national, le sanglier représente 85 à 95 % du montant total des indemnisations.

Pour déclencher une indemnisation, les dégradations doivent dépasser un seuil de 150 EUR à l'échelle de l'exploitation. «Cette définition des critères engendre un afflux de petits dossiers, de l'ordre de 20 à 40 à la parcelle, auxquels il faut ajouter les coûts d'expertise et d'instruction pouvant porter la facture jusqu'à 1.500 EUR.»

Pour financer ce coût, les fédérations jouent sur le prix des validations de permis de chasser, les bracelets de marquage obligatoire pour prélever un animal et des contributions financières complémentaires demandées aux territoires de chasse locaux où les populations de gibier sont trop denses. «Ce coût risque de devenir insupportable et de tuer la chasse populaire qui est une spécificité française. On va sélectionner les chasseurs par l'argent, c'est dramatique.» La fédération propose que les propriétaires ou gestionnaires des grands massifs forestiers servant de refuges aux animaux s'impliquent financièrement ou facilitent les battues. Les fédérations ne veulent plus indemniser pour des dégâts provenant de parcs ou réserves qui interdisent la chasse sur leur terrain. Elles plaident également pour la création d'un fonds de solidarité nationale.

Calendrier de la saison 2026-2027

Lapin de garenne : du 20 septembre à 9 h au 28 février 2027 à 18 h

Lièvre : du 20 septembre à 9 h au 31 décembre à 17 h

Perdrix grise : du 20 septembre à 9 h au 31 décembre à 17 h

Perdrix rouge : du 20 septembre à 9 h au 28 février 2027 à 18 h

Faisan commun : du 20 septembre à 9 h au 31 janvier 2027 à 17 h

Faisan vénéré : du 20 septembre à 9 h au 28 février 2027 à 18 h

Chevreuil : du 1er juin au 28 février 2027

Cerf élaphe : du 1er septembre au 28 février 2027

Daim : Du 1er juin au 28 février 2027

Mouflon : du 1er septembre au 28 février 2027

Sanglier : du 1er juin au 31 mars 2027

Le gibier d'eau et les oiseaux de passage : entre le samedi 1er août et le jeudi 1er octobre selon les espèces. La majorité des espèces sont ouvertes depuis le 21 août.

Le gibier d'eau et les oiseaux de passage sont soumis à une gestion adaptative grâce à l'application ChassAdapt.

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