La FNB salue la suspension des imports de viandes brésiliennes
À partir de ce jeudi 3 septembre, l’Union européenne suspend ses importations de viande bovine brésilienne, faute de garanties suffisantes sur l’usage d’antibiotiques dans les élevages. Une décision saluée par la Fédération nationale bovine (FNB), qui réclame désormais l’arrêt pur et simple de l’accord commercial entre l’UE et les pays du Mercosur.

Ce jeudi marque l’entrée en application des règles européennes limitant le recours aux antibiotiques en élevage. Conséquence directe : le Brésil, retiré au printemps de la liste des pays autorisés à exporter vers l’Union européenne, voit ses importations de viande bovine suspendues sur le marché communautaire. La mesure ne se limite d’ailleurs pas au bœuf : elle concerne aussi la volaille, les œufs et le miel brésiliens. Bruxelles n’a fixé aucun calendrier pour une éventuelle reprise des échanges, celle-ci restant conditionnée à la démonstration, par les autorités brésiliennes, du respect de la réglementation européenne. Dans un communiqué diffusé le 31 août, la Fédération nationale bovine se félicite de cette décision, qu’elle attendait depuis longtemps : «Les imports de viandes bovines brésiliennes par l’Union européenne seront suspendus ! Enfin !», lance l’organisation.
La FNB rappelle que le Brésil s’est imposé depuis plus de dix ans comme le premier fournisseur de viande bovine de l’Europe, avec 120.000 tonnes équivalent carcasse importées en 2025. Un modèle d’élevage jugé incompatible avec les standards européens : les feedlots brésiliens appliquent, selon la fédération, des règles environnementales, sanitaires et de bien-être animal bien moins exigeantes, et recourent largement aux antibiotiques comme activateurs de croissance, une pratique interdite en Europe.
L’organisation professionnelle dénonce dans le même temps l’attitude de la Commission européenne, qui a négocié un accord de libre-échange avec les pays du Mercosur en dépit de ces manquements connus. Ce texte prévoit l’ouverture d’un contingent supplémentaire de 99.000 tonnes à droits réduits et la suppression des taxes sur les 60.000 tonnes du contingent Hilton déjà en vigueur. Il est entré en application provisoire en mai 2026, alors même que la Cour de justice de l’Union européenne a été saisie du dossier et que le Parlement européen ne s’est pas encore prononcé. Pour la FNB, cette séquence illustre une forme d’incohérence de Bruxelles, qui reconnaît aujourd’hui le non-respect des normes sanitaires brésiliennes tout en ayant validé, quelques mois plus tôt, l’ouverture de son marché.
La fédération se dit également méfiante quant à la suite. Elle redoute que de simples déclarations sur l’honneur suffisent, à terme, à réhabiliter les exportateurs brésiliens sans changement réel de leurs pratiques.
Président de la FNB, Patrick Bénézit veut voir dans cette suspension un signal positif : «L’Europe fait preuve de lucidité et décide de protéger son marché», déclare-t-il, avant de poser ses conditions. Le responsable syndical veut que la mesure profite durablement aux producteurs et aux consommateurs, et réclame des garanties sur son maintien dans le temps. Il exige, plus largement, l’abandon définitif de l’accord conclu avec le Mercosur.
Les opinions emises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Oise Agricole se reserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et reglements en vigueur, et decline toute responsabilite quant aux opinions emises,