La transformation des produits: d'abord un choix, puis une nécessité
Afdi Hauts-de-France a tenu son assemblée à Beauvais le 20 mai dernier, profitant de la venue de deux responsables togolais, autour du thème de la transformation des matières premières agricoles.

Le tout jeune président (depuis 10 mois), Laurent Verhaeghe, rappelle qu'Afdi Hauts-de-France déploie ses actions dans trois pays africains, le Togo, la Guinée et le Tchad. Il ne s'agit pas de distribuer de l'argent, mais bien d'accompagner le développement agricole des territoires via l'appui des organisations professionnelles agricoles de la Région.
«Nous souhaitons mobiliser d'avantage les organisations professionnelles agricoles de la région et, pour cela, expliquer les enjeux et nos réalisations lors de réunions de conseil d'administration. Un effort de communication doit être fait de notre côté, et nous remercions d'avance les organisations qui nous ouvriront leurs portes», souligne-t-il avant de lancer la table ronde. Celle-ci vise à comparer la réflexion qui mène des producteurs avant de se lancer dans la transformation des matières premières agricoles, ici en France ou en Afrique.
Un choix
Élise Lamoureux, agricultrice dans l'Oise, s'est lancée en famille dans la trituration de graines de colza et de tournesol, d'abord avec une presse partagée montée sur une remorque, puis dans un outil plus industriel. «L'idée était d'aller chercher de la valeur ajoutée avec une huile de première pression à froid et la vente des tourteaux recherchés pour l'alimentation du bétail, particulièrement des volailles. Quand la réglementation de l'alimentation des poules pondeuses biologiques est passée à 100 % bio, Novial nous a contactés pour que nous écrasions du tournesol bio. Nous avons investi lourdement dans l'outil de transformation, c'était notre choix», témoigne-t-elle.
Yves Guenou Kossi, coordinateur, et Laurent Gbetchi, président Union régionale des organisations de producteurs de céréales maritime, ont lancé le développement de cultures oléoprotéagineuses oubliées avec l'aide la Fondation Avril : l'arachide, le pois d'Angole et le voandzou, un protégineux. Dans cette région, les céréales et surtout le maïs jaune sont cultivés traditionnellement par les producteurs. Les femmes ont commencé à transformer l'arachide à mesure que les producteurs se sont lancés dans cette culture ; mais n'avaient pas l'expertise et leurs produits ne trouvaient pas leur marché, déjà dominé par des importations des pays voisins. Elles sont allées se former au Bénin voisin dont les galettes étaient réputées. Ainsi, par l'appropriation du procédé, elles ont amélioré le produit et ont pu dégager du revenu.
Un cahier des charges pour la production d'huile a été élaboré pour apporter une qualité supérieure. «Cette huile, Mi'Or, doit maintenant trouver son public et nous investissons dans la communication autour de sa qualité et de celle des galettes», témoignent les deux Togolais qui croient dans le développement de cette activité pour augmenter les revenus des familles.
Une nécessité
Une fois le choix de la transformation réalisé et l'investissement dans les outils effectué, il faut continuer à produire et surtout à vendre des quantités suffisantes pour honorer les commandes et assurer une qualité constante alors que d'une année à l'autre, les récoltes sont différentes. «Tout est dans la maîtrise du procédé de transformation», assure Elise Lamoureux. «Pour l'instant, le pressage des arachides est manuel mais collectif, notre organsiation collecte l'huile et la met en bouteilles. Si demain, nous passons à une étape plus industrielle, que ferons-nous des tourteaux ?», interrogent Yves Guenou Kossi et Laurent Gbetchi qui ont aussi lancé la fabrication de farine à partir de pois d'Angole et de voandzou, «des aliments riches en protéines et bénéfiques pour la santé des populations. Nous devons avancer sur la mise en place d'une structure de type coopérative pour mieux collecter, investir et commercialiser nos produits transformés.» Des séances de dégustation sont organisées auprès de la population incitée à consommer et à cuisiner local.
Finalement, ici ou ailleurs, c'est toujours une histoire de clients à séduire avec des produits locaux transformés et durables, à forte valeur ajoutée.
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