L'Oise Agricole 18 septembre 2026 a 08h00 | Par Pierre Poulain

Le guichet des aides ouvre le 21 septembre

Annoncé le 4 septembre par la ministre de l'Agriculture Annie Genevard, le plan d'urgence «Climat, adaptation, sécheresse, incendies» se décline désormais dans l'Oise. Thomas Fourgeot, secrétaire général de la préfecture, et David Witt, directeur départemental des territoires, détaillent montants, calendrier et critères pour les exploitants du département.

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Prairie jaunie et séchée par la canicule.
Prairie jaunie et séchée par la canicule. - © C. de Nadaillac

Pour amortir le choc d'un été marqué par la sécheresse et la canicule, l'État déploie dans l'Oise les différents volets du plan Casi. «Ce plan à 360 degrés comprend quatorze mesures», résume Thomas Fourgeot, qui rappelle les deux priorités : soulager la trésorerie des exploitations et relancer la production pour la campagne 2026-2027.

Le fonds de réarmement agricole, doté de 230 millions d'euros au niveau national, représente un peu plus d'un million d'euros pour le département. Réunie ce mois-ci sous l'autorité du préfet, la cellule de suivi a arrêté ses premiers critères : les aides cibleront en priorité l'élevage, le maraîchage, l'arboriculture et l'horticulture, ainsi que les jeunes agriculteurs installés depuis moins de cinq ans et les exploitations les plus fragiles. «Il faut aider les jeunes agriculteurs qui ont peu de trésorerie et de lourdes annuités d'emprunt», insiste David Witt.

Un forfait unique se dessine, autour de 5 000 euros, majoré pour les jeunes installés, avec un plafond fixé à 10 000 euros. Un comité technique doit affiner ces critères le 28 septembre, en croisant données chiffrées et signaux plus qualitatifs, comme le mal-être agricole, souvent difficile à repérer. «On a du mal à les identifier, il y a une forme de pudeur autour des difficultés», observe David Witt. Le dossier de demande restera volontairement allégé. «On simplifie la vie des agriculteurs et celle de nos instructeurs», précise-t-il. Le guichet doit ouvrir le 21 septembre, pour des premiers versements dès début octobre, étalés jusqu'à la fin de l'année.

En parallèle, l'indemnité de solidarité nationale est accélérée, avec un acompte porté de 50 à 70 %, sur une enveloppe nationale d'environ 500 millions d'euros. Dans l'Oise, 463 communes ont été reconnues après l'orage de fin juin, et des expertises de terrain remplaceront progressivement l'expert indépendant pour les dossiers hors prairies. Sur le dégrèvement de taxe foncière, la préfecture promet de rappeler par courrier aux propriétaires leur obligation de reverser l'avantage aux exploitants, en s'appuyant aussi sur les notaires, faute de sanction possible.

Les aides à l'achat d'engrais et de carburant sont prolongées, respectivement jusqu'au 31 décembre et de deux mois. Côté aides déjà engagées, la DGFIP a traité environ 2 500 dossiers dans le département, 300 restant en attente de pièces complémentaires ; ses équipes sont renforcées pour accélérer les versements.

Conscients des critiques syndicales sur l'ampleur du dispositif, les deux responsables assument un contexte budgétaire contraint. «Il n'y a qu'en France qu'on a mobilisé autant de moyens nationaux», défend Thomas Fourgeot, qui promet une nouvelle réunion de la cellule de suivi fin septembre ou début octobre.

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