L'Oise Agricole 27 août 2026 a 08h00 | Par Service élevage (CA60) et Cernodo

Pourquoi faire son bilan fourrager dès maintenant ? Une marge de sécurité indispensable cette année

Cette année, le bilan fourrager doit être un outil de pilotage régulièrement actualisé. Avec une pousse de l’herbe très limitée, des rendements de maïs incertains et des stocks déjà entamés, il est important de raisonner avec une marge de sécurité et de privilégier les estimations prudentes.

Abonnez-vous Reagir Imprimer
- © OA

Le bilan permet surtout d’anticiper : faut-il acheter du fourrage, adapter les rations, préserver certains stocks ou ajuster les effectifs ? Plus le déficit est identifié tôt, plus les solutions sont nombreuses. L’objectif n’est pas de prévoir précisément les besoins jusqu’à l’année prochaine, mais de savoir combien de temps les stocks permettront de tenir et d’anticiper les éventuelles difficultés d’approvisionnement.

Faire son bilan maintenant, c’est se donner le temps d’agir avant d’être en rupture.

Calculez le solde fourrager

Le principe est simple : stocks disponibles + récoltes prévisionnelles + achats – besoins du troupeau = solde fourrager

Un solde positif indique que les besoins sont couverts. Un solde négatif permet d’identifier rapidement un déficit à anticiper et donc de rechercher des solutions avant que les stocks ne deviennent insuffisants.

Pensez à faire analyser vos fourrages pour adapter ou compenser les rations selon les valeurs réelles des fourrages !

Cette année, les maïs sont très hétérogènes. Il est donc indispensable de connaître la valeur de celui-ci pour faire les meilleurs choix d’ajustement dans un contexte tendu.

Vous retrouverez le bordereau de demande d’analyse via le QR code ci-dessous.

Pour toutes questions sur l’ajustement de vos rations, rapprochez-vous de votre conseiller Chambre d’agriculture.

Selon le résultat d’analyse, il faudra complémenter en fonction des besoins des animaux.

Les tableaux ci-dessous vous donnent quelques repères de valeurs alimentaires et les besoins de différentes catégories d’animaux :

- si besoins UF non couverts : ajoutez un concentré énergétique, par exemple des céréales

- si besoins PDI non couverts : ajoutez un complément azoté, par exemple des tourteaux.

Préconisations :

- faire des transitions alimentaires de 15 jours minimum

- évaluer les poids et note d’état des animaux pour faire des lots homogènes

- eau propre et fraîche à volonté.

Produire d’autres stocks

Avec le retour des précipitations, le semis de cultures dérobées peut être envisagé afin de reconstituer une partie des stocks fourragers mis à mal par la sécheresse. Le choix des espèces doit toutefois être adapté à la date de semis, au potentiel de la parcelle et aux conditions d’humidité du sol. Avec des pluies régulières et suffisantes après le semis, certaines associations à croissance rapide peuvent produire un fourrage exploitable environ 6 à 8 semaines après l’implantation. Les mélanges associant graminées, légumineuses et crucifères permettent de diversifier les productions et peuvent être valorisés en pâturage ou en fauche, selon les conditions.

Ces cultures peuvent ainsi constituer une solution intéressante pour produire rapidement du fourrage à l’automne et sécuriser les stocks avant l’hiver. Il faut néanmoins éviter de semer trop tôt sur un sol encore sec : la réussite de la culture dépendra avant tout de la présence d’une humidité suffisante dans le sol et de précipitations permettant d’assurer la levée et la croissance de la plante.

Le tableau ci-contre vous propose quelques repères pour les espèces les plus utilisées.

Pâturage hivernal

Après le retour des précipitations, la reprise du pâturage doit être progressive et adaptée à la repousse de l’herbe. Compter environ 3 semaines après les premières pluies significatives peut constituer un repère, mais la décision de remettre les animaux à l’herbe doit surtout se faire en fonction de la quantité d’herbe disponible et de la reprise de la végétation.

Pour limiter le risque de surpâturage et permettre aux prairies de reconstituer leurs réserves, privilégiez un pâturage rapide, de 2 à 3 jours par parcelle, et sortez les animaux de la parcelle avant que la hauteur d’herbe ne descende en dessous de 5 cm. En effet, le surpâturage à l’automne retarde la reprise de la pousse à la sortie de l’hiver.

Une attention particulière doit également être portée à la portance des sols, notamment après les pluies : si le sol marque fortement sous le passage des animaux, mieux vaut limiter ou reporter le pâturage afin d’éviter le piétinement, la dégradation du couvert et la création de zones boueuses.

Après une période de sécheresse, l’objectif est de préserver les prairies tout en valorisant la repousse, plutôt que de chercher à maximiser immédiatement le pâturage.

Chasser les animaux improductifs

3 reflexes pour les réformes :

- faire le bilan des animaux à problèmes (mammites, cellules, boiteries, baisse de performance, problème de reproduction).

- identifier les animaux à réformer : diagnostics de gestation, pesées, performances individuelles

- adapter les dates de réformes en fonction des opportunités du marché.

Après 35 jours chez les bovins et 45 jours chez les ovins, il est possible de réaliser un diagnostic de gestation. Ces diagnostics permettent de distinguer trois catégories d’animaux :

- les femelles gestantes, qui recevront une alimentation adaptée à leur stade de gestation et, chez les ovins, à la taille de la portée.

- les femelles non gestantes pour la première fois, qui peuvent être remises à la reproduction le plus rapidement possible, après avoir vérifié leur aptitude à poursuivre leur carrière : état des mamelles, dentition, état corporel, performances précédentes…

- les femelles non gestantes pour la deuxième fois, qui doivent être considérées en priorité comme des animaux à réformer. Leur maintien dans le troupeau représente en effet une consommation de fourrage et de concentrés sans production associée.

Pour les animaux à l’engraissement, une pesée régulière permet également d’identifier les animaux dont la croissance ralentit ou s’arrête et de décider de leur sortie au bon moment.

Adapter la date de réforme aux opportunités du marché

L’objectif est de ne pas subir le moment de la vente, mais de profiter autant que possible des périodes où les prix sont favorables. Pour cela, suivre régulièrement les tendances des marchés du lait et de la viande permet de mieux positionner les réformes et les animaux destinés à la vente (https://tendances-lait-viande.fr)

- © OA
- © OA

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions emises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Oise Agricole se reserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et reglements en vigueur, et decline toute responsabilite quant aux opinions emises,