L'Oise Agricole 27 août 2026 a 08h00 | Par Stéphanie Doligez

Echange avec les sucriers sur les difficultés d’approvisionnement en pulpes

La FRSEA a sollicité les trois groupes sucriers de la région pour échanger sur le problème d’approvisionnement des élevages en pulpes. Première rencontre avec Téréos ce lundi 24 août. L’objectif pour la FRSEA : ne pas perdre une tonne de pulpe en cette année de pénurie de fourrages.

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De droite à gauche : Mélanie Blondiaux (responsable nutrition animale chez Téréos), Emilien Rose (président du conseil coopératif Téréos), Emmanuel Pigeon (directeur CGB HDF), Charlotte Vassant (présidente USAA), Pierre Hannebique (FDSEA 62), François Magnier (directeur FDSEA 80), Régis Desrumaux (président FRSEA), Frédéric Blondel (directeur ADPL), Simon Ammeux (FDSEA 59), Clément Cuviller (FDSEA 62), Corentin Caudron (SG JA Hdf), Agathe Roussel (déléguée régionale JA).
De droite à gauche : Mélanie Blondiaux (responsable nutrition animale chez Téréos), Emilien Rose (président du conseil coopératif Téréos), Emmanuel Pigeon (directeur CGB HDF), Charlotte Vassant (présidente USAA), Pierre Hannebique (FDSEA 62), François Magnier (directeur FDSEA 80), Régis Desrumaux (président FRSEA), Frédéric Blondel (directeur ADPL), Simon Ammeux (FDSEA 59), Clément Cuviller (FDSEA 62), Corentin Caudron (SG JA Hdf), Agathe Roussel (déléguée régionale JA). - © SD

Premier groupe à répondre positivement à la sollicitation de la FRSEA Hauts-de-France, Téréos est venu présenter devant la profession les retours des derniers prélèvements réalisés la semaine dernière. Les prévisions ne sont pas bonnes. Si la richesse en sucre est très élevée par rapport à une année normale pour le moment (19,9° contre 16,8° en moyenne 5 ans), le poids des racines est quant à lui très en retrait à 47 t / ha contre 55 t/ha en moyenne à la même époque sur les cinq dernières années. Le poids foliaire est exceptionnellement bas et est en retrait de 52 % par rapport à la moyenne quinquennale. Les feuilles perdues aujourd’hui laissent penser que même si de meilleures conditions climatiques reviennent, le rendement sera de toutes façons très en deçà des valeurs habituelles. A cela il faut ajouter des parcelles touchées par des ravageurs, en particulier le charançon qui entraine le développement d’un champignon dans la racine et la pourriture de la betterave. Le potentiel de rendement des parcelles touchées, principalement situées dans le sud de la région, est très entamé ainsi que le potentiel de conservation.

Les conséquences sont lourdes bien entendu sur la production de sucre, mais aussi sur le potentiel de production de pulpes. La ressource globale en pulpes est estimée à la baisse de 25 %, par rapport à 2025, soit entre 220.000 et 240.000 t de pulpes surpressées au total.

Compte tenu de l’impact de la sécheresse de cette année sur les récoltes fourragères, la FRSEA a demandé une limitation forte, voire la suppression de la commercialisation de pulpes vers la Belgique afin de conserver la ressource pour les coopérateurs et l’élevage local. Message reçu par Téréos qui annonce une baisse de 70 % du commerce vers les négociants et fabricants d’aliments par rapport à l’an dernier. Par ailleurs, la déshydratation sera limitée au maximum pour maximiser la production de pulpes surpressées.

La coopérative réserve donc en priorité la ressource en pulpes à ses planteurs mais ne pourra pas satisfaire toutes les commandes du fait d’une production inférieure à la demande. La mécanique de restitution des pulpes aux planteurs, qu’ils soient éleveurs ou détenteur d’un méthaniseur, fonctionne par paliers. Le planteur dispose d’abord d’un droit à restitution (18 t de pulpes pour 100 t de betteraves engagées). Ensuite, le premier palier permet de doubler ce tonnage. Le deuxième de tripler. Les tonnages supplémentaires constituent un troisième palier. Le tarif est progressif par palier. Une grande majorité des planteurs éleveurs réalise une commande de pulpes au premier ou jusqu’au deuxième palier. Ceux-là sont assurés de disposer de l’intégralité de leur commande. Les commandes au-delà du troisième palier seront quant à elles plafonnées : la fourniture du premier et de du second palier est assurée, le troisième palier sera plafonné à 40 %. Les commandes de pulpes déshydratées sont quant à elles maintenues à 100 %.

Selon les représentants de la profession, s’il n’existe pas de bonne solution en situation de pénurie, le choix de Téréos sera très pénalisant pour les éleveurs concernés, même s’ils sont peu nombreux. Aussi, les responsables de la FRSEA ont demandé que tous les moyens soient mis en œuvre et que la coopérative soit très réactive en cas de désistements de commandes ou en cas de volumes finalement supérieurs aux dernières prévisions pour que les tonnages libérés soient réattribués prioritairement aux éleveurs les plus pénalisés.

La FRSEA souhaite réaliser le même exercice avec Cristal Union et Saint Louis dans les prochains jours.

Mobiliser toutes les solutions possibles en faveur des éleveurs

Régis Desrumaux - Président de la FRSEA Hauts-de-France

Nous saluons la réactivité et la volonté de transparence dont a fait preuve Téréos en acceptant d’échanger avec la FRSEA. Les prélèvements font état d’un prévisionnel de rendement en betteraves à la baisse, comme pour les autres cultures.

Malheureusement il n’est pas possible de faire de miracle dans une situation telle que celle que nous vivons actuellement. Les ensilages sont en cours, voire terminés dans certains secteurs et les résultats sont très mauvais. Il manque du fourrage pour cet hiver et les pulpes ne pourront non seulement pas pallier ce manque mais elles seront en plus insuffisantes pour satisfaire toutes les commandes des planteurs. Les plus gros utilisateurs de pulpes verront leur commande réduite. Cela ne nous satisfait pas. Nous aurions souhaité nous assurer que les clients belges ne soient pas fournis cette année pour maximiser la ressource auprès des planteurs. Cette demande est en partie écoutée avec une diminution forte de la vente de pulpes auprès du négoce.

Nous avons également demandé qu’en cas de rendements moins mauvais que prévu, les pulpes soient intégralement orientées vers les éleveurs qui ont subi une réduction de commande.

D’autres coproduits existent sur le marché. Même si leur production est également impactée par les récoltes exceptionnellement basses cette année, nous restons vigilants sur les prix qui seraient pratiqués.

Nous avons également sollicité Cristal Union et Saint Louis pour le même type d’échange et leur rappeler nos demandes en faveur de l’élevage.

Notre volonté est de ne laisser aucun éleveur sans solution. Les FDSEA / USAA de la région sont là pour accompagner les éleveurs qui en auraient besoin.

La sécheresse exceptionnelle a touché toutes les filières et toutes les productions. En complément des actions menées par les FDSEA / USAA en cellule de crise départementale, la FRSEA agit également auprès du préfet de région pour la reconnaissance du cas de force majeure afin de lever des contraintes réglementaires inapplicables en ce moment, une exonération de TFNB sur tout le territoire régional, la mise en œuvre d’aides structurelles auprès de la Région pour adapter les productions au changement climatique, entre autres. Ceci afin de permettre à tous les agriculteurs des Hauts de France de passer ce cap difficile.

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