L'Oise Agricole 16 juillet 2026 a 08h00 | Par KC

Engrais: l’aide d’urgence détaillée, le plan esquissé

Le gouvernement a détaillé les mesures de soutien à l’achat d’engrais azotés à court terme et présenté une partie du plan souveraineté engrais.

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- © ministère de l'Agriculture

Lors d’une conférence de presse le 9 juillet, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a annoncé l’octroi d’une aide «à tous les agriculteurs», représentant un budget de 145 M€, dont 107 M€ issus du déblocage de la réserve de crise par la Commission européenne, auxquels s'ajoutent 38 M€ de deniers nationaux. Le soutien d’urgence aux agriculteurs se traduira par une aide de 50 €/t pour l’achat d’engrais azotés dits simples (solution azotée, urée, ammonitrate), pouvant aller jusqu’à 70 €/t pour ceux dont le coût des engrais (tous confondus : azote, phosphore et potassium) représente plus de 10 % de leurs charges. Le montant minimum de l’aide s’élève à 750 € par exploitation, plafonné «à hauteur de la moitié de leur consommation de 2025».
FranceAgriMer (FAM) ouvrira un guichet du 1er août au 30 septembre, avec une période de rétroactivité remontant au 1er juin.
«Au 30 septembre, un point de situation permettra d’apprécier l’évolution du prix des engrais lié à la situation au Proche-Orient», et de décider ou non de la poursuite des mesures de soutien, indique le ministère. Annie Genevard a précisé que les démarches seront simples et rapides, afin de soulager les trésoreries des producteurs, notamment les céréaliers, «qui ont peiné lors des trois dernières années à se servir un salaire», et de les inciter à semer durant l’automne-hiver prochain.


Investissement industriel de 2 Md€
Le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, a commencé à lever le voile sur le volet industriel du plan Souveraineté engrais, promis de longue date. Il a annoncé que l’État allait financer à hauteur de 620 M€ sur les dix prochaines années la modernisation et la décarbonation des usines de production d’engrais. Cette enveloppe servira à «moderniser les capacités de production existantes et développer de nouvelles capacités de production d’engrais azotés décarbonés», déclare Sébastien Martin.
Ces crédits s’intègrent à un plan d’investissement de 2 Md€ de l’industrie. Le privé prend ainsi une part majoritaire. Les investissements consentis ont pour finalité d’augmenter de 20 % la production nationale d’engrais azotés d’ici 2032, précise le gouvernement. «Ce plan financera d’ores et déjà trois projets industriels», ajoute Sébastien Martin. Il s’agit de ceux basés respectivement à Grand-Quevilly, en Normandie (Lat Nitrogen), au Havre (Yara), et dans la Somme (FertigHy). Les services du ministère de l’Agriculture ont précisé en marge de la conférence de presse que les concertations avec les professionnels de la filière au sujet du plan engrais auraient lieu à la rentrée 2026.

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