L'Oise Agricole 01 octobre 2026 a 08h00 | Par Dominique Lapeyre-Cavé

«Même insuffisantes, les enveloppes d’aides doivent être consommées»

Le conseil d’administration de la FDSEA de l’Oise s’est réuni mardi 29 septembre pour faire le bilan des dispositifs d’aides mis en place, même s’ils ne pourront pas résoudre toutes les difficultés.

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Inquiétudes des responsables syndicaux face à la situation agricole de l’année.
Inquiétudes des responsables syndicaux face à la situation agricole de l’année. - © DLC

«Sur toute la ligne, 2026 aura été une année de merde. Après la sécheresse qui perdure et la canicule, voilà que ce sont les betteraves sucrières et les pommes de terre qui concentrent toutes les inquiétudes. Toutes les productions auront été touchées», résume Régis Desrumaux en ouverture de ce conseil, auquel assistait Christophe Lemoine, président de la MSA Picardie. «Tout l’été, j’ai été en contact quotidien avec la préfecture et la DDT pour essayer de trouver des solutions, comme par exemple la dérogation à l’implantation des Cipan.»

Et c’est vrai que la situation a de quoi inquiéter, chaque participant peut témoigner des rendements en baisse, de ses voisins qui vont réduire la voilure et même des jeunes qui remettent en question leur projet d’installation.

Aides à saisir

Même si les montants alloués à la crise agricole par l’État ne résoudront pas tout, la FDSEA invite chacun à se saisir des aides. D’abord, le plan Casi qui ne devrait au final que servir 200 agriculteurs, «mais qu’il faudra bien cibler comme parmi les plus en difficultés». Les élus reconnaissent que l’État a su faire simple et rapide pour remplir le dossier en ligne, chaque agriculteur ayant reçu par mail le lien de la plateforme de demande. Ils s’interrogent sur la façon dont les montants seront priorisés.

Les éleveurs et les maraîchers devraient être en haut de la liste et, si d’autres mesures sont annoncées pour l’ISN, grandes cultures, pommes de terre et betteraves sucrières pourraient être concernées.

Mais les élus pensent que, malheureusement, pour beaucoup, les réelles difficultés de trésorerie sont à venir l’année prochaine. Les analyses des maïs ensilage ne sont pas toujours bonnes, ni en qualité, ni en quantité. Les premières pulpes de betteraves sorties d’usine affichent des couleurs inquiétantes et les planteurs se demandent ce qu’ils doivent faire. L’industriel a l’obligation d’achat, mais que faire de ces betteraves parfois pourries et petites ? La pluie pourrait accélérer le pourrissement et permettre l’arrachage des betteraves saines. «Les industriels, coopératifs ou privés, doivent aider les planteurs à trouver des solutions», réclament les élus syndicaux (voir article page 5 de cette édition).

Quelle prise en compte par les assurances des maladies comme le rhizopus qui touche certaines betteraves ? «Ce qui est clair, c’est que si les assurances ne prennent rien en compte, la crédibilité du système assurantiel sera remise en question, ce qui n’est bon pour personne», lâche Régis Desrumaux. Il invite d’ailleurs tous les agriculteurs à étudier leur situation avec leur assureur, l’assurance récolte demeure indispensable, même si elle est améliorable, notamment dans la prise en compte de la moyenne olympique qui devrait passer de 5 à 8 ans ou sur les trois dernières années.

Sont également possibles les prises en charge (Pec) de cotisations sociales à demander auprès de la MSA Picardie, «très impliquée dans la crise», comme le souligne Régis Desrumaux, «et en qui j’ai confiance pour gérer les dossiers.» Christophe Lemoine, son président, rappelle qu’en début d’année, une enveloppe de 203.000 euros avait été accordée à l’Oise sur les 873.000 € pour la Picardie. Ensuite, pour la crise GNR Moyen Orient, 476.000 € sont arrivés pour l’Oise et un million supplémentaire devrait être accordé. Il invite les agriculteurs à déposer des demandes de prise en charge car la situation du demandeur sera évaluée sur l’année en cours. Les prises en charge accordées seront déduites du troisième appel de cotisations MSA. Pour information, sur 100 € payés par un agriculteur à la MSA, 53 servent à financer les retraites et 35 les prestations familiales. Les frais de gestion de la MSA sont très faibles, à hauteur de 2,3 %.

Autres dispositifs

Le Conseil départemental de l’Oise va vraisemblablement accorder une aide aux semis de 150 €. Tous les agriculteurs peuvent monter un dossier, en fournissant des factures de semences. De son côté, la Région pourrait prendre en charge des intérêts d’empunt, aider aux resemis et proposer des aides à l’adaptation au changement climatique, par exemple pour l’isolation des bâtiments d’élevage, l’installation de ventilateurs ou une aide à la recapitalisation.

«Il faut que nous fassions de nombreuses demandes pour montrer l’urgence et la réalité de la situation agricole», conclut Régis Desrumaux.

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