Attaque de loup dans l'Oise : l'OFB répond
Après notre article consacré à l'attaque subie par l'éleveur Willy Balderacchi, l'Office français de la biodiversité a répondu à nos sollicitations. Ses explications apportent d'importantes nuances à la version initialement publiée.

L'Office français de la biodiversité (OFB) a tenu à apporter plusieurs précisions sur l'attaque survenue en mai dernier dans un élevage ovin du Noyonnais, suite à la parution de notre article. Premier point : la qualification retenue par les services de l'Etat n'est pas celle d'une attaque de loup «confirmée». Selon l'organisme, ses experts se sont rendus le 18 mai dans un élevage de Noyon «à la suite d'une attaque de canidé». Après examen, la mention retenue est «loup non exclu».
Cette formulation «indique que la responsabilité du loup n'est pas formellement établie mais que les indices relevés ne permettent pas d'écarter sa responsabilité», précise l’OFB. Cette qualification suffit néanmoins à ouvrir les droits à indemnisation : la Direction départementale des territoires de l'Oise finalise actuellement le dossier de l'éleveur, pour une prise en charge par l'Agence de services et de paiement (ASP).
Autre nuance de taille : contrairement à ce que rapportait l'éleveur, aucune analyse génétique n'a permis de trancher. Interrogé sur les critères scientifiques utilisés, l'OFB indique suivre des «protocoles stabilisés» au sein du réseau national Loup Lynx, un réseau de correspondants et d'experts formés présents dans toute la France. Mais dans le cas de Noyon, il n'y a pas eu d'analyse ADN, faute de matière suffisante pour en réaliser une. Une précision qui contredit la version selon laquelle des prélèvements salivaires auraient permis de confirmer la piste du loup.
Le risque de confusion avec des chiens errants n'est d'ailleurs pas écarté par l'OFB elle-même, qui reconnaît que cette hypothèse existe «bel et bien».
Depuis 2020, l'Oise n'a connu que quatre attaques sur troupeaux domestiques pour lesquelles la responsabilité du loup n'a pas été écartée. Un rythme qui «témoigne d'une présence occasionnelle d'individus en dispersion», et non d'une implantation durable de l'espèce dans la région. «Aucun indice à ce jour ne permet de parler d'installation durable dans notre région», insiste l'OFB.
L'agence corrige aussi la thèse de la réintroduction avancée par l'éleveur. «Le loup est revenu naturellement en France par les Alpes, il n'a pas été réintroduit».
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