L'Oise Agricole 08 octobre 2026 a 08h00 | Par Schilt Maxime

En Hauts-de-France, trois aides d'urgence déployées pour les agriculteurs

La Région Hauts-de-France a adopté lundi 5 octobre trois mesures d'urgence en faveur des agriculteurs. Elles doivent soutenir les trésoreries, accélérer l'adaptation des bâtiments d'élevage et aider à restaurer les prairies.

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Lors des visites d'exploitations qui ont ponctué l'été de Marie-Sophie Lesne, la vice-présidente de la Région en charge de l'agriculture avait martelé qu'elles déboucheraient sur des mesures d'accompagnement. C'est désormais chose faite. La Région Hauts-de-France a adopté lundi
5 octobre trois mesures d'urgence en faveur des agriculteurs. Objectif : apporter une réponse immédiate aux difficultés de trésorerie, accélérer l'adaptation des bâtiments d'élevage et aider à restaurer les prairies mises à mal par les conditions climatiques. «Je parle bien de mesures et pas de plan», avait insisté Marie-Sophie Lesne quelques jours avant le vote. Pour l'élue, ces dispositifs ponctuels ne remplacent pas les actions de fond déjà engagées en matière d'adaptation au changement climatique. La première mesure vise directement les trésoreries des exploitations. La Région prendra en charge 50 % des frais financiers liés au report du remboursement d'un emprunt en cours et à la contraction de crédits à court terme pour rembourser les précédents. Le dispositif avait déjà été mobilisé lors de la crise laitière. «Nous la réouvrons dix ans après, fort d'avoir répondu à l'époque à un vrai besoin et d'avoir été efficaces», explique Marie-Sophie Lesne. L'aide est plafonnée à
5 000 EUR par exploitation. Ce plafond est porté à 7 000 EUR pour les agriculteurs installés depuis moins de cinq ans. Le dispositif est ouvert jusqu'au
30 avril 2027.
Pour en bénéficier, les exploitants devront se rapprocher de leur agence bancaire. Les banques assureront ensuite la remontée des dossiers auprès de la Région. Elle salue l'effort du secteur bancaire qui, de son côté, bonifie le taux de crédit à 2,5 % pour les agriculteurs.
Soutenir l'adaptation
Deuxième axe : les bâtiments d'élevage. Après les épisodes de chaleur de l'été, la Région veut accélérer les investissements permettant de mieux protéger les animaux. «On a été frappés par les pertes de production et surtout la mortalité dans les exploitations cet été», indiquait la vice-présidente. Le dispositif concerne notamment la ventilation, la brumisation ou encore l'isolation des bâtiments. Il cible les investissements compris entre 5 000 et 30 000 EUR, avec une prise en charge de 25 % de la dépense. Le taux passe à 30 % pour les agriculteurs installés depuis moins de cinq ans. Le plafond fixé correspond au seuil à partir duquel, selon Marie-Sophie Lesne, «le Préal, les fonds européens, prennent leur compétence». La Région entend ainsi soutenir «les plus petits agriculteurs ou les agriculteurs de taille moyenne qui n'ont pas les moyens de consentir un tel investissement». Les aides sont accessibles jusqu'au 30 avril 2027. Les demandes devront être déposées sur la plateforme de la Région à retrouver via guide-aides.hautsdefrance.fr. Les éleveurs sont toutefois invités à se rapprocher de la chambre d'agriculture avant de choisir leurs équipements. «Il ne faut pas courir toutes voiles dehors sur un équipement qui ne serait pas complètement adapté», prévient Marie-Sophie Lesne. La Région entend s'appuyer sur le service de conseil existant, qui travaille déjà sur l'adaptation des bâtiments aux fortes chaleurs. Enfin, la Région réactive son aide au semis et au ressemis des prairies, déjà utilisée après la sécheresse de 2022. L'enjeu est de permettre aux éleveurs de retrouver plus rapidement un potentiel de production d'herbe et de reconstituer leurs stocks fourragers dès la prochaine campagne. Une attention particulière est portée à la luzerne. La prise en charge annoncée atteint
50 % pour l'achat de ses semences, contre 30 % pour le ressemis. «Quand l'herbe ne pousse plus, la luzerne pousse encore», résume l'élue, qui met en avant son intérêt pour l'autonomie alimentaire des élevages.
Les demandes passeront, là encore, par la plateforme régionale. Au total, jusqu'à 2 millions d'euros pourront être mobilisés pour ces trois mesures. Un million d'euros est déjà fléché dans le budget 2026. Les dispositifs doivent s'arrêter au 30 avril 2027. «Les agriculteurs doivent s'en saisir rapidement», prévient Marie-Sophie Lesne.

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