L'Oise Agricole 01 octobre 2026 a 08h00 | Par L'Oise Agricole

Démarrage de la campagne betteravière (Ne détruisez pas vos parcelles !)

Point de situation des arrachages à ce jour.

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Une récolte 2026 pire que 2020.
Une récolte 2026 pire que 2020. - © JC Gutner

La particularité de l’année est, d’une part que les rendements seront très faibles et, d’autre part, qu’une proportion non négligeable de betteraves dépérissent à cause de la sécheresse et des excès de température. Le département de l’Oise est partiellement concerné par ces problématiques, mais les régions les plus concernées se situent dans le Sud de la Champagne, la Seine-et-Marne ou le Sud de Paris.

Cette situation jusqu’alors inconnue a nécessité la mise en place de protocoles par les sucreries visant à répertorier les parcelles concernées. En effet, les betteraves pourries sont de nature à générer des difficultés majeures dans le process industriel puisqu’elle provoquent le colmatage des filtres, risquant de réduire fortement la cadence de la sucrerie. De ce fait, la consigne pour les parcelles répertoriées à plus de 20 % de betteraves non marchandes est de ne pas les récolter, le planteur a alors la possibilité de substituer ses parcelles. Il reste cependant à apporter les réponses aux agriculteurs qui se voient pour l’instant refuser leurs parcelles.

À ce titre, la CGB est pleinement mobilisée afin de défendre les intérêts des planteurs. Nous sommes en relation permanente avec les sucriers, les assureurs et l’État.

Nous incitons tous les planteurs à aller voir leurs parcelles et à prendre contact avec l’usine. En cas de constatation de betteraves pourries, la décision de non réception prise par l’usine doit être faite avant l’arrachage de la parcelle. En tout état de cause, la décision de destruction de la (les) parcelle (s) ne devra intervenir qu’en dernier recours, si aucune autre solution n’a été trouvée et en parfaite concertation avec la sucrerie.

À ce stade, la CGB demande aux sucriers que tous les moyens soient utilisés pour réceptionner un maximum de betteraves (distillation, optimisations logistiques…).

Visio jeudi 1/10 à 18 h

Suivez ce soir une visio sur la campagne d'arrachage pour la Somme et l'Oise organisée par la CGB en cliquant sur ce lien : Visio info arrachage I Jeudi 01/10 à 18h

- © dlc

Ne détruisez pas vos parcelles !

Alexis Hache, président de la CGB 60

Pour le département y aura-t-il des parcelles qui ne seront pas récoltées car le rendement est trop faible ?

Aujourd’hui, il n’y a pas de parcelles non récoltables uniquement à cause d’un rendement trop faible. Le pourrissement lié au rhizopus avance et la tentation est grande de laisser les parcelles contaminées. Mais il faut sauver ce qui peut l’être car toutes les betteraves ne sont pas contaminées. Pour cela, il faut attendre et ne pas détruire les parcelles. Car, qui va payer les betteraves saines non récoltées ? Personne ! Ni l’assureur, ni l’industriel ! Il faut donc attendre que les betteraves pourries disparaissent, il ne restera que les saines qui pourront être arrachées. S’il en reste 30 à 35 t/ha, c’est toujours 1.000 €/ha qui limiteront la casse.

Quelles pistes de débouchés envisagées pour les betteraves pourries refusées par les sucreries ?

La première piste est la distillation, déjà mise en œuvre par Cristal Union, cela fonctionne. Le seconde idée est d’attendre la fin de campagne pour en faire des sirops, sans doute colorés, mais qui pourront être utilisés ultérieurement. Cela permettrait d’avoir des co-produits, donc des pulpes, indispensables aux éleveurs. Enfin, c’est à l’étude, la méthanisation directe des betteraves pourries.

On sait que la campagne 2026 sera médiocre ; cependant, pouvons-nous prétendre à une évolution du rendement entre les premiers et derniers arrachages ?

En termes d’amélioration du rendement, il ne faut rien espérer. Même si les betteraves reçoivent de la pluie, refont des feuilles, avant que cela ne se traduise en sucre, cela sera trop long. Le seul intérêt est que les betteraves pourries disparaissent, permettant à des parcelles de passer d’inrécoltables à récoltables. Il faut une dizaine de jours pour que le rhizopus fasse pourrir les betteraves, cela va vite, il faut attendre des conditions plus fraîches et plus humides pour espérer un arrêt du rhizopus, le pourrissement et enfin la récolte des betteraves saines.

Quelles actions mènent la CGB dans cette situation ?

Nous travaillons d’abord avec les industriels pour trouver des solutions techniques à cette situation inédite. Il faut déjà évaluer quelles parcelles sont réceptionnables et celles qui ne le sont pas.

Ensuite, nous discutons avec les assureurs pour minimiser les franchises. Ils nous opposent que la baisse de rendement n’est pas seulement due aux conditions météorologiques exceptionnelles, mais aussi au charançon et au rhizopus, donc à des raisons sanitaires non assurables. Nous ne sommes pas d’accord car, justement, le charançon et le rhizopus se sont développés à la faveur de la sécheresse et des épisodes de canicule. Enfin, les betteraves sucrières devraient entrer dans l’ISN lors du prochain comité mais, comme l’État est assez désengagé financièrement de ce dispositif, un planteur non assuré qui pourrait prétendre à l’ISN ne doit pas s’attendre à recevoir plus de 150 €/ha. Mais il faut aller quand même les chercher !

Cette année nous montre les limites d’un système qui retire les matières actives efficaces du marché et laisse l’agriculteur prendre tous les risques. En Suisse, les planteurs sont indemnisés s’ils ne traitent pas contre le charançon. Ils ont perdu du rendement, mais sont compensés. Ceux qui ont traité ont fait de bons rendements. Le risque est mesuré et assumé financièrement par tous.

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