L'Oise Agricole 10 septembre 2026 a 08h00 | Par Pierre Poulain

«Je compte poursuivre mes visites de terrain dans les prochaines semaines»

Thomas Fourgeot est le nouveau secrétaire général de la préfecture de l’Oise et sous-préfet de Beauvais.

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Thomas Fourgeot.
Thomas Fourgeot. - © D.R..

Quel a été votre parcours avant de rejoindre la préfecture de l’Oise ?

Diplômé de Sciences Po Grenoble puis de l’Institut Régional d’Administration de Lyon, j’ai effectué une grande partie de ma carrière au sein du ministère de l’Intérieur, en occupant d’abord plusieurs postes en préfecture en Ile-de-France. Nommé administrateur civil en 2010, j’ai ensuite intégré le ministère des Finances, au sein du service des collectivités locales de la DGFIP, avant d’exercer des responsabilités plus fortes au sein de l’administration centrale du ministère de l’Intérieur, sur des fonctions de soutien, puis à la préfecture de police comme adjoint au préfet, secrétaire général pour l’administration. En 2022, j’ai été nommé sous-préfet, directeur de cabinet du préfet du Val-d’Oise, avant de rejoindre la préfecture de l’Oise à la fin du mois d’août comme secrétaire général, sous-préfet de Beauvais.

Qu’est-ce qui vous a donné l’envie de vous engager au service de l’État ?

Ce qui m’a donné envie de m’engager au service de l’État, c’est d’abord la conviction que l’action publique peut améliorer de manière concrète et rapide la vie de nos concitoyens, dès lors qu’elle est proche du terrain. Servir l’État, c’était aussi pour moi l’envie d’exercer des missions passionnantes, diversifiées, stimulantes, d’avoir des responsabilités uniques en raison des décisions à prendre. C’est enfin la chance de pouvoir découvrir des territoires variés, avec des identités différentes, de pouvoir les sillonner de long en large, d’y faire des rencontres nombreuses et intéressantes.

Comment abordez-vous cette prise de poste et quelles sont vos premières impressions sur le département de l’Oise ? Connaissiez-vous déjà ce département ?

J’entends mettre mon expérience au service de ce territoire et de ses habitants, avec humilité et beaucoup d’enthousiasme. Lors de mes premiers déplacements, j’ai reçu à chaque fois un excellent accueil, auprès des élus et des forces vives du département que j’ai déjà pu rencontrer et qui m’ont exposé les grands enjeux et les sujets d’actualité sur lesquels je serai amené à m’investir, avec les services de l’État.

Ce qui frappe d’emblée dans ce département, c’est sa diversité et ses belles richesses, entre le plateau picard rural au nord et la partie plus urbaine au sud. Du pays de Bray au Noyonnais en passant par le Vexin français, la Picardie verte ou le Clermontois, l’Oise offre des paysages harmonieux et très variés, avec des territoires contrastés et attachants. La région parisienne n’étant pas très éloignée, j’avais déjà eu l’occasion de venir dans l’Oise à quelques reprises, comme d’autres visiteurs, pour découvrir en famille certains endroits emblématiques : la cathédrale de Beauvais et le château de Chantilly bien sûr, mais aussi la forêt de Compiègne, le château de Pierrefonds, l’abbaye de Chaalis ou le parc Jean-Jacques Rousseau d’Ermenonville. En tant que représentant de l’État, ce sont ces différentes caractéristiques du département que je vais désormais m’efforcer, de prendre en compte dans la mise en œuvre des politiques publiques, dans les discussions avec les élus et les acteurs économiques ou encore dans la préparation des documents d’urbanisme.

Pour le grand public, la fonction de secrétaire général reste parfois méconnue : comment retranscririez-vous votre rôle au quotidien ?

Le secrétaire général de la préfecture, c’est celui qui a pour mission de seconder le préfet dans le bon fonctionnement de la maison préfecture, en particulier dans la gestion des ressources humaines, des finances, de la logistique ou des projets immobiliers. Il est aussi chargé de seconder le préfet dans le pilotage des politiques publiques et dans la coordination de l’ensemble des services de l’État, au plus près du terrain. Concrètement, sous l’autorité du préfet, je serai amené à faire avancer les dossiers qu’il me confie, notamment le suivi des questions agricoles, mais aussi celles liées à l’emploi ou à l’activité économique dans le département.

Quels sont les dossiers prioritaires ou les grands enjeux territoriaux sur lesquels vous allez vous investir rapidement ?

Dans l’immédiat, ma priorité va être de veiller à la déclinaison rapide, dans l’Oise, des mesures du plan gouvernemental «Climat-Adaptation-Sécheresse-Incendies» (Casi) destiné à soutenir les agriculteurs les plus touchés par les épisodes à répétition de canicule et de sécheresse durant cet été. Sans attendre, des premières décisions ont déjà été prises par le préfet, d’abord avec l’allègement des obligations réglementaires en permettant des dérogations ciblées à l’obligation de couverture des sols. Dans le même temps, des dégrèvements de TFNB ont été décidés au bénéfice des agriculteurs les plus durement touchés, de manière à réduire rapidement les charges fixes des exploitations sinistrées.

D’autres mesures suivront, à commencer par la mise en place d’un dispositif exceptionnel de soutien d’appui à la trésorerie à destination des exploitations les plus fragilisées par les conséquences de la canicule et de la sécheresse. Ce soutien prendra la forme d’un fonds de réarmement agricole, à la main des préfets, qui sera rapidement déployé pour permettre aux agriculteurs de relancer la production en s’approvisionnant en intrants. L’objectif est clair : les premiers versements de cette aide d’urgence devront débuter dès le mois d’octobre, à ceux qui en ont le plus besoin, avec une attention particulière pour les agriculteurs récemment installés et en grande fragilité économique en raison de la sécheresse. Une cellule de suivi du plan Casi se réunira autant de fois que nécessaire en préfecture pour s’assurer de la mise en œuvre rapide et équitable des mesures gouvernementales.

Vous vous êtes récemment rendu dans une exploitation agricole aux côtés du président de la Chambre d’agriculture de l’Oise et de représentants de la profession agricole. Quel était le but de cette visite ?

A travers ce premier déplacement à la Ferme de Roy, j’ai souhaité rencontrer les représentants de la profession agricole pour mieux appréhender les difficultés des agriculteurs de l’Oise, leurs préoccupations et les enjeux auxquels ils sont confrontés aujourd’hui. Ce temps d’écoute et d’échanges avec des acteurs engagés du monde agricole est essentiel pour mieux prendre en compte, dans mon action quotidienne, les réalités du terrain et accompagner l’agriculture isarienne. Je compte poursuivre dans les prochaines semaines ces visites de terrain, dans des exploitations et auprès des agriculteurs.

Si vous deviez résumer votre philosophie d’action en quelques mots ?

Ce sera simple et en trois mots : pragmatisme, proximité et efficacité !

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