Un forum pour dire aux riverains ce qu'ils ont le droit de faire
Le 14 octobre à Milly-sur-Thérain, la DDT de l'Oise réunit agriculteurs, riverains et syndicats de rivière autour d'un chantier en direct. L'idée est de rassurer ceux qui n'osent plus toucher à leur cours d'eau.

Beaucoup d'agriculteurs n'osent plus intervenir sur les rivières et les rus qui bordent leurs parcelles. Le service de l'eau, de l'environnement et de la forêt (SEEF) de la direction départementale des territoires de l'Oise en a fait le point de départ d'un forum. Il se tiendra le mercredi 14 octobre de 9h30 à 11h30. «Beaucoup d'agriculteurs se disent que la moindre intervention sera contrôler par les services de l'État, constate Charles Gilles, adjoint à la responsable du SEEF. Certains renoncent donc à tout entretien.» D'autres ignorent ce qui est autorisé et ce qui sert vraiment au cours d'eau. Le forum veut changer cela. «C'est donner un peu d'optimisme : il y a des choses utiles à faire que vous avez le droit de faire.»
Un état qui se dégrade
Sur le bassin Seine-Normandie, la part des cours d'eau en bon état écologique est passée de 32 % en 2019 à 24 % en 2025, alors que les règles d'évaluation n'ont pas changé. Le bassin versant de l'Oise figure parmi les plus touchés. Ce sont surtout les petits cours d'eau qui se détériorent, quand les plus grands continuent de s'améliorer. La dégradation de leur état morphologique explique en bonne partie cette tendance.
Le rendez-vous est fixé à 9h30 rue Maître Pierre. Le secrétaire général de la préfecture Thomas Fourgeot, et le président de la Chambre d'agriculture Luc Smessaert, seront présents. 4 stands attendent les visiteurs.
Le premier explique la réglementation et les bons réflexes en cas de doute. Le deuxième permet d'échanger avec les syndicats de rivière sur leurs projets dans chaque bassin versant. Le troisième présente la situation d'un éleveur et les solutions que lui a apportées le syndicat du Thérain. Le dernier est un chantier de restauration. Il porte sur un petit rû, affluent du petit Thérain. Long de 150 mètres, il a été curé de nombreuses fois et reste bouché sur toute sa longueur par la vase et la végétation. Sur les 30 premiers mètres, le syndicat va recréer un vrai lit dans la vase. Il retirera aussi la végétation qui gêne l'écoulement pour rendre au rû une forme plus naturelle. «Derrière une action de restauration, il faut maintenir un entretien régulier pour que l'intervention soit pérenne.» Le syndicat agit d'abord, puis l'agriculteur prend le relais.
Pourquoi le Thérain
Le choix du bassin ne doit rien au hasard. «Le syndicat de la vallée du Thérain est actif et travaille en confiance avec les agriculteurs, ce que le président de la Chambre d'agriculture a confirmé au SEEF. C'est un syndicat réactif qui comprend les problèmes des agriculteurs», résume Charles Gilles.
En 2025, la FDSEA lui a transmis une centaine de demandes d'agriculteurs qui souhaitaient un entretien de cours d'eau. Le syndicat a contacté chacun d'eux et rencontré sur le terrain ceux qui le voulaient. Certains travaux sont déjà programmés pour les semaines ou les mois à venir.
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