L'Oise Agricole 22 octobre 2026 a 08h00 | Par Christophe Soulard

Un plan de relance entre 500 et 700 millions d’euros

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a réuni le 15 octobre à Matignon trois de ses ministres pour dresser une première ébauche du plan de relance agricole qu’il avait promis pendant l’été, en même temps que le plan Climat – adaptation – sécheresse – incendie (CASI). L’enveloppe sera moindre que celle de ce plan d’urgence.

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Le 15 octobre, Sébastien Lecornu a annoncé que l’État allait débloquer
une enveloppe comprise entre 500 et 700 millions d’euros pour le plan de relance de l’agriculture en 2027.
Le 15 octobre, Sébastien Lecornu a annoncé que l’État allait débloquer une enveloppe comprise entre 500 et 700 millions d’euros pour le plan de relance de l’agriculture en 2027. - © Matignon

À l’issue de la réunion qui s’est tenue à l’hôtel de Matignon le 15 octobre, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, entouré de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, de la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, et du ministre des PME et du Commerce, Serge Papin, a annoncé que l’État allait débloquer une enveloppe comprise entre 500 et 700 millions d’euros pour le plan de relance (ou de rebond) de l’agriculture en 2027.

Le montant final dépendra de nombreux critères qui constituent autant d’inconnues à ce jour. Tout d’abord, il sera tributaire des «concertations» entreprises avec les acteurs mais aussi des «discussions parlementaires», a-t-il indiqué. En effet, le projet de loi de Finances 2027 qui doit inclure les dispositions législatives et financières de ce plan, est actuellement examiné à l’Assemblée nationale. Il sera transmis, dans le courant du mois de novembre, au Sénat. Chaque partie prenante — syndicats agricoles, ONG, coopératives, grande distribution et de nombreux autres acteurs — devrait faire feu de tout bois, à l’occasion de ces débats, par le biais d’amendements parlementaires, pour orienter les décisions dans le sens qui leur convient.


800 projets d’avenir
D’ores et déjà, le chef du gouvernement a indiqué que, sur le volet de la simplification fiscale, il allait décliner les pactes Dutreil et Papin au monde agricole pour faciliter la transmission des exploitations. «Ce sera le pacte Genevard», a-t-il dit. Il a également poussé les services de l’État à publier les décrets d’application de la loi d’urgence agricole «avant Noël».

De son côté, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a souligné que ce plan de relance devait «après un été traumatisant, soutenir les paysans, relancer la production et leur donner des perspectives». «Cela concernera l’adaptation des bâtiments d’élevage, la multiplication des ouvrages de stockage de l’eau, l’irrigation et, à moyen-long terme, le développement les 800 projets d’avenir» qui ont été identifiés. «Nous allons lancer des appels à projets d’ici la fin de l’année», a-t-elle précisé, exhortant par ailleurs les agriculteurs à sécuriser leurs exploitations en souscrivant des assurances. «Seuls 2 sur 10 le sont actuellement», a-t-elle constaté.

Pour sa part, Serge Papin (PME-Commerce) a annoncé qu’il réunirait les parties prenantes pendant la semaine du 19 au 23 octobre, en amont des négociations commerciales qui commenceront le 1er décembre, avec l’objectif de parvenir «à un pacte de responsabilité et d’équilibre».


Enfin, Monique Barbut (Transition écologique) a affirmé «se tenir aux côtés de la ministre de l’Agriculture pour permettre aux exploitations de s’adapter (…) Il faut maintenant se préparer à l’été prochain», a-t-elle ajouté, évoquant une «extension des paiements pour services environnementaux (PSE)», sans en dire plus.

Ces mesures devront également s’inscrire en cohérence avec la réforme de la Politique agricole commune (Pac), elle-même tributaire du budget général de l’Union européenne, discuté au même moment à Bruxelles au sein du Conseil européen. Or, ce dossier se révèle particulièrement épineux, tant les intérêts des uns et des autres sont variés. Cependant, la France semble ferme sur ses intentions : «L’amende Google de 4,6 milliards d’euros doit permettre aux États membres de réduire leur contribution* (…) La Pac doit rester commune. Nous serons durs dans les discussions sur notre contribution et sur son emploi», a conclu Sébastien Lecornu.


* La France a versé 23 milliards d’euros au budget européen en 2025. Le PLF 2026 prévoit une enveloppe de 28,4 Md€. Pour 2027, la contribution française devrait être portée à 30,9 Md€ selon le PLF 2027.

Plan de relance : la réaction des Jeunes agriculteurs et de la FNSEA

Dans un communiqué du 15 octobre, les Jeunes agriculteurs ont réagi à l’annonce du gouvernement de débloquer entre 500 et 700 millions d’euros pour le plan de relance (ou de rebond) agricole. «L’annonce d’un ‘‘pacte Genevard’’ pour faciliter la transmission des entreprises agricoles suscite notre intérêt mais nécessite encore d'être détaillée par la ministre de l’Agriculture», indique le communiqué. Les JA estiment que le gouvernement va «dans le sens des demandes du réseau». L’organisation prévient toutefois que l'application de ces annonces reste liée au vote du budget et lance un appel direct aux députés : «Pas d’obstruction ! L’adoption d’un budget est indispensable pour espérer préserver notre modèle agricole familial».

De son côté, la FNSEA constate qu’elle n’a «pas été concertée en amont de ces annonces» et qu’elle est «en attente des contours de ce nouveau dispositif dont il est impossible de mesurer la portée dans les cours de ferme», a-t-elle indiqué à nos confrères de l’AFP. La FNSEA attend avec impatience le rendez-vous que le Premier ministre lui avait accordé pour la mi-octobre, en raison notamment du mouvement lycéen qui a réorienté ses priorités calendaires.

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