Des étudiants manifestent pour défendre leur avenir en agriculture
Des élèves du lycée agricole d’Airion ont manifesté lundi 26 janvier devant les portes de l’établissement pour exprimer leur inquiétude face au contexte agricole actuel.

C’est bien connu : la valeur n’attend pas le nombre des années. À voir ces jeunes élèves de terminale CGEA (conduite et gestion des exploitations agricoles), première et terminale STAV (sciences et technologies de l’agronomie et du vivant) et étudiants en BTS agronomie rassemblés devant les portes du lycée agricole d’Airion et clamant leur inquiétude devant l’avenir, on se dit qu’à l’âge de l’insouciance, ils ont déjà une bonne dose de maturité et du savoir-faire. Tracteurs, banderolles, piquets et barbecue, tous les attributs de la manifestation syndicale, sont réunis.
Manifestation
«On se mobilise tous pour notre avenir, hors bannière syndicale», annoncent d’emblée Éliot Boutellier et Jocelyn Leleux, élèves à Airion et initiateurs de la manifestation. «L’Union européenne nous prive d’avenir par ses décisions, notamment la signature du Mercosur, ou la taxe engrais qui pourrait coûter environ 30.000 euros par an sur une exploitation moyenne du secteur, sans compter la prochaine Pac Autant dire que nos rêves d’installation ou de carrière dans le monde agricole sont largement hypothéqués», se désolent-ils. Et pourtant, ils sont tous passionnés par l’agriculture. La plupart sont originaires de Picardie ou des départements voisins, pas forcément fils d’agriculteurs, et tous ont envie de trouver leur bonheur professionnel dans ce secteur d’activité.
«Quand on voit nos parents trimer, le prix des reprises, les coûts d’achat du matériel sans aucune perspective agricole claire de la part de nos gouvernants, on se demande si on ne doit pas renoncer», confient-ils.
Organisation sérieuse
Les deux jeunes ont entraîné leurs camarades dans cette mobilisation, avec l’accord «tacite» de la direction du lycée, moyennant quelques règles de sécurité : installation des tracteurs après l’arrivée des élèves le lundi matin pour ne pas gêner la circulation, nettoyage des déchets après, respect du lieu, dispersion après le départ des personnels et des élèves... «Je suis agréablement surpris de voir ces jeunes défendre le modèle agricole français vertueux, à l’opposé d’autres systèmes moins soucieux de l’environement. Ils sont tous motivé, travailleurs et investis dans leurs études. Je comprends leur inquiétude et je suis sûr qu’ils sauront relever tous les défis qui s’offrent à eux», assure Christophe Bridier, directeur de l’établissement.
La trentaine de jeunes entend occuper la place toute la journée. Ils sont bien informés de l’actualité agricole qu’ils disent suivre au travers les réseaux sociaux et les sites d’actualités en ligne et, bien qu’encore élèves, veulent faire entendre leur voix. Ils se sont mobilisés par le bouche-à-oreille et ont prévenu la presse de leur projet d’action.
«L’agriculture de demain, c’est nous qui la ferons et nous pensons avoir le droit de dire aujourd’hui ce que nous craignons pour demain. Nous sommes tous inquiets, nous en parlons souvent entre nous et nous voulons le faire savoir directement», ajoutent Éliot et Jocelyn qui, malgré la saisine de la Cour de justice de l’Union européenne suite à la signature de l’accord Mercosur, restent «sur leurs gardes».
La relève est décidément assurée.
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