L'Oise Agricole 02 avril 2026 a 07h00 | Par Stéphanie Doligez

La FRSEA Hauts-de-France appelle à jouer collectif au service de la souveraineté alimentaire

La FRSEA Hauts-de-France avait choisi le thème de la souveraineté alimentaire pour son assemblée générale annuelle qui s’est tenue le 27 mars dernierà Saint Laurent Blangy.

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- © AAP

Comment assurer la pérennisation des exploitations et la souveraineté alimentaire dans un contexte incertain ? C’est la question que les élus de la FRSEA
Hauts-de-France ont soulevé à leur assemblée générale. Pour y répondre, autour de la table, Hervé Drouvin, président de la Cobévial (coopérative bovine et porcine), Christophe Buisset, vice-président de Groupama Paris Val de Loire, Hervé Lapie, secrétaire général de la FNSEA et Pascale Nempont, cheffe du service prospective économique à la chambre régionale d’agriculture.
Selon Hervé Drouvin, la meilleure protection contre les aléas du marché, c’est le collectif. Prenant exemple de la Cobévial, coopérative membre et majoritaire au sein du groupe Alliance, il indique que la stratégie du groupe a été de développer des filiales performantes au service de la coopérative. L’objectif étant de sécuriser les éleveurs adhérents et leur apporter la meilleure rémunération possible. C’est ainsi que bien avant les lois Egalim, la Cobévial a choisi de garantir un prix minimum à ses producteurs, correspondant au cout de production. Lorsque le marché était inférieur au cout de production, ce sont les dividendes apportés par les filiales qui ont permis d’assurer ce prix minimum. En dix ans, la coopérative a augmenté son nombre d’éleveurs adhérents et ainsi pu engager un rapport de force plus équilibré avec la transformation pour faire adopter ce prix minimum. «Sans la robustesse du groupe et la force du collectif, cette évolution positive n’aurait pas été possible», affirme Hervé Drouvin.


Développer des protections contre les aléas
Autre facteur d’incertitude pour les producteurs des Hauts-de -France : le climat. Selon Christophe Buisset, la réforme de l’assurance climatique a permis de mettre en place un dispositif qui marche, qui permet d’indemniser les coups durs du climat, dans la mesure où un nombre suffisant d’agriculteurs s’y engagent. Mais au-delà de l’assurance, il souhaite attirer l’attention des pouvoirs publics sur l’importance de pouvoir se protéger des aléas du climat. Les Hauts-de-France ont une vocation productive et exportatrice. Pour préserver cela, la question de la gestion de l’eau est primordiale. Il s’agit par exemple de faciliter les démarches pour la création de réserves d’eau. Selon lui, des aides à l’investissement devraient être prioritairement fléchées vers des équipements d’irrigation ou de protection contre la grêle et le gel. Le second pilier de la Pac, dans notre région, doit servir à l’aide à l’investissement pour gagner en performance et être plus résilient. Par ailleurs, sur le long terme, il s’agit de repenser nos systèmes compte tenu du changement climatique. Pascale Nempont, dans sa présentation sur la souveraineté alimentaire et des interdépendances des pays entre eux, a montré que la France est très dépendante de l’Espagne, en particulier en ce qui concerne les fruits et légumes. Il s’agit pourtant d’un pays qui doit faire face à des questions climatiques majeures et où la question de l’eau est cruciale. La preuve que des choix structurants ont été faits dans certains pays en faveur de l’agriculture et des exportations.


Alléger le poids normatif
Hervé Lapie rappelle que la colère des agriculteurs s’est exprimée à de nombreuses reprises concernant l’excès de normes et les surtranspositions. «Aujourd’hui, les autres pays d’Europe progressent alors que la France régresse. On attend un choc de simplification. Les futures conférences annoncées dans les territoires sur la souveraineté alimentaire ne doivent pas être un n-ième plan qui n’aboutit à rien. Il s’agit de fixer une ambition, des indicateurs, et s’y tenir».
Hervé Drouvin partage ces propos et les illustrent : «il a été possible d’augmenter les cadences des raffineries en 72h pour répondre à la crise liée au conflit en Moyen Orient, si l’autosuffisance alimentaire est un enjeu, alors on doit pouvoir obtenir les autorisations pour faire un poulailler ou autre dans les mêmes délais».


Assurer l’avenir
Avec deux installations pour trois départs et 39 % des exploitations à céder d’ici dix ans, le renouvellement des générations est un enjeu majeur en Hauts-de-France. Pascale Nempont a rappelé le rôle des chambres d’agriculture et du Point accueil installation transmission (PAIT) qui vise à accompagner les jeunes dans leur projet pour les mettre sur de bons rails. En matière assurantielle, Christophe Buisset a expliqué les mesures en faveurs des jeunes, tarifs préférentiels et accompagnement pour des diagnostics de prévention et de sécurité dans les exploitations. La coopérative Cobévial propose quant à elle du financement de cheptel à taux préférentiel pour sécuriser les projets d’élevage. Il s’agit pour l’ensemble des organisations professionnelles, de donner de la visibilité aux jeunes et les sécuriser dans leurs démarches.
Sur l’élevage en Hauts-de-France, les représentants à la table ronde notent un enjeu important sur le naissage. Technique et astreignant, c’est une activité qui doit être encouragée pour préserver les filières d’engraissement et d’abattage en local.
Chacun des participants s’accorde sur un dénominateur commun : la force du collectif. Identifiée comme la force de l’agriculture, qui permet de maintenir un modèle familial, résilient et porteur de sens. Que ce soit dans la défense des intérêts des agriculteurs via le syndicalisme, la protection contre les aléas via le mutualisme ou l’organisation en coopérative pour peser sur les marchés, l’organisation de la profession agricole lui permet de compter encore dans un paysage économique et social complexe.

Régis Desrumaux succède à Simon Ammeux à la tête de la FRSEA

Cette année 2026 est élective dans le réseau FNSEA.
Le conseil d’administration et le bureau de la FRSEA ont été renouvelés.
Régis Desrumaux, éleveur laitier dans l’Oise, succède à Simon Ammeux à la tête de la FRSEA. David Meurillon, producteur de légumes dans le secteur de Lille succède à Marie-Françoise Lepers au poste de secrétaire général. «Je salue l’engagement de Simon Ammeux et de son équipe au service des agriculteurs. Aujourd’hui, le contexte est dur, mais hors de question de subir : nous ne lâcherons rien et nous ferons avancer nos dossiers coûte que coûte. PAR7, eau, foncier, moyens de production, compensations, structuration des filières : aucun sujet ne sera laissé de côté. Qu’on soit agriculteur dans le Nord ou au sud de l’Aisne, notre volonté est la même : vivre dignement de notre métier. Notre ligne est claire : revenu, perspectives et installation des jeunes pour une agriculture forte et durable», a déclaré Régis Desrumaux à l’occasion de son élection.
Nouveau bureau de la FRSEA :
- Président : Régis Desrumaux
- Secrétaire Général : David Meurillon
- Secrétaire général adjoint : Lucie Delbarre
- Trésorier : Thomas Papon
- Vice-Présidents : Charlotte Vassant, Benoit Raux, Pascal Foucault, Jean-Pierre Clipet, Denis Bully
- Membres du bureau : Jean-Yves Bricout, Simon Ammeux, Jean Ricour, Benoit Hesdin,
Raphael Catteau, Marie-Françoise Lepers
- Invité : président de la chambre régionale : Laurent Degenne

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