L'Oise Agricole 29 avril 2026 a 08h00 | Par Dominique Lapeyre-Cavé

Déjà entrepreneur et avec des projets plein la tête !

À seulement 25 ans, Mickaël Rabbé a monté une entreprise de travaux agricoles en attendant de reprendre la ferme familiale. Les idées ne lui manquent pas pour développer sa toute jeune entreprise et il imagine déjà des diversifications à mettre en place sur l’exploitation.

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- © DLC

Mickaël Rabbé semble savoir ce qu’il veut et, même si l’avenir peut prendre pour lui des chemins différents, il les imagine déjà. Fils de Philippe Rabbé, exploitant agricole à Verberie, même s’il n’est pas encore installé car les problèmes de santé de son père ont retardé la transmission, il n’est pas resté les deux pieds dans le même sabot.
«Avec un CAP puis un BPREA à Airion en apprentissage, j’ai multiplié les expériences en mécanique forestière, chez des éleveurs allaitants ou laitiers et dans des entreprises de travaux agricoles. J’y ai appris à gérer des chantiers d’épandage, de semis, d’ensilage et une fois revenu sur l’exploitation familiale, j’ai aussi aidé mon père sur les prestations de terrassement qu’il effectuait. En attendant que je puisse m’installer, j’ai décidé de monter mon entreprise de travaux agricoles», explique le jeune homme.

Lancement de son ETA
Il créée l’entreprise début 2025, travaille avec une autre société de travaux agricoles dans laquelle il avait fait une partie de son apprentissage et trouve une exploitation de 40 ha en Seine-et-Marne à cultiver en prestations de service. Il investit 350.000 euros dans l’achat d’un tracteur et d’une énorme benne avec laquelle il fait du transport d’ensilage pour des méthaniseurs et loue à son père le matériel agricole dont il a besoin pour les chantiers. «Aujourd’hui, je propose du semis, du labour, du déchaumage, de la pulvérisation, de l’épandage d’engrais, du transport, du binage de betteraves et je peux éparer des haies et des bordures de bois pour des agriculteurs ou des communes. Par contre, pas de travaux de récolte», liste Mickaël Rabbé., Seul sur la structure, il démarche les clients, établit les devis, réalise les chantiers et effectue la facturation et le suivi clientèle. «Je suis plutôt satisfait de ma première année et 2026 se présente plutôt bien. Je réalise aussi des chantiers de terrassements, creuse des tranchées comme le faisait mon père.» Il reste quand même inquiet par rapport à l’augmentation du prix des carburants qu’il va être obligé de répercuter sur ses tarifs ainsi que sur les terrassements, plutôt en baisse, les particuliers étant dans l’attentisme en matière immobilière.

Des développements possibles
Il continue à prospecter pour son entreprise et réfléchit déjà à ce qu’il fera lorsqu’il reprendra l’exploitation familiale de 230 ha en polyculture, répartie en deux sites. Blé, colza, maïs grain, féveroles et seigle composent l’assolement et un salarié agricole y travaille depuis de nombreuses années. Pas de problème de voisinage malgré la forte urbanisation du secteur, si ce n’est des dégradations dues à des passages de motos dont les conducteurs doivent penser que des parcelles juste semées en maïs sont des terrains de jeu ; il a porté plainte. «Le seul gros souci et mon voisin Clément Balny rencontre le même, ce sont les dégâts de sangliers. Ceux-ci s’attaquent maintenant à toutes les cultures tant ils sont nombreux en bordure de forêt. La Fédération des chasseurs en a recensés 120 dans le secteur ! Pourtant, les lieutenants de louveterie sont actifs. En tout cas, il est impossible de tout clôturer, cela coûterait une fortune», déplore-t-il.
Mickaël a été contacté par la commune de Verberie qui voudrait créer une filière locale d’approvisionnement en fruits et légumes pour la cantine scolaire et la maison de retraite, soit environ 500 à 600 repas par jour. «Il faut que je réfléchisse à la faisabilité de mettre en place du maraîchage, peut-être avec d’autres jeunes du secteur. En tout cas, l’idée de produire et de vendre directement au consommateur me séduit. Mais, dans cette zone urbanisée, je crains des vols de légumes en parcelles.»
Le jeune entrepreneur rêve même d’une ferme pédagogique ou d’un magasin de producteurs dans lequel un espace convivial serait aménagé pour recevoir des familles, leur faire découvrir les animaux de la ferme et même servir bières locales et jus de fruits de l’Oise. «Dans notre secteur, l’urbanisation n’est pas sans poser de problème, mais elle nous  amène des consommateurs à la porte de nos exploitations. Faire du maraîchage et vendre sur des axes routiers qui voient passer 10.000 véhicules par jour, cela a du sens.»
En attendant, il aimerait acheter à sa grand-mère propriétaire le corps de ferme familial dans lequel il est installé avec son amie et y effectuer des travaux de rénovation. Le week-end, il va parfois de reposer en Normandie dans le mobil home familial du Calvados, se réserve des périodes pour voyager, dans les pays de l’Est notamment, aime les sports d’hiver et pratique le motocross en compétition le week-end. «J’aime aussi beaucoup la mécanique sur les vieux tracteurs que je retape, c’est une véritable passion.» 
Sans doute à l’origine de son lancement dans l’entrepreunariat agricole et le mois’bat cross ! On ne se refait pas.

Engagé pour la renaissance de JA du Valois

Avec d’autres jeunes du secteur qui ont envie de relancer une structure de syndicalisme jeune dans ce secteur déserté depuis de nombreuses années, Mickaël Rabbé veut en faire un espace de rencontres et de convivialité entre juenes et futurs installés. Il est vice-président de JA du Valois depuis deux ans et l’équipe se lance dans plusieurs projets. Le premier consiste à se doter d’une machine aux couleurs du Valois pour participer aux prochains mois’bat cross. Les jeunes ont trouvé une ensileuse John Deere qui fera l’affaire et ils sont en train de la rénover. Ils cherchent d’ailleurs des sponsors qui pourraient se lancer dans l’aventure avec eux.
Le groupe souhaite participer à la fête de la moisson de Bailleul-le-Soc et, pourquoi pas, organiser cet été dans leur secteur une fête agricole avec exposition de matériels agricoles anciens et modernes, animations et marché de producteurs. «C’est important de communiquer localement et de faire l’animation dans les villages», assure Mickaël Rabbé.

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