L'Oise Agricole 08 octobre 2026 a 08h00 | Par Vincent Fermon

La Picardie betteravière touchée au coeur

La Somme et l'Oise n'échappent pas aux difficultés liées à la sécheresse et à la dégradation des conditions sanitaires dans les parcelles, alerte la délégation Somme-Oise de la CGB.

Abonnez-vous Reagir Imprimer
- © ITB

Les conditions de départ étaient pourtant bonnes, laissant augurer une campagne betteravière 2026 sous de bons auspices. Mais les conditions météo de l'été pourraient bien en faire autrement.

Lors d'un échange avec les planteurs de la Somme et de l'Oise, le 1er octobre, Alexis Hache et Fabien Hamot ont dressé un état des lieux à date plutôt dégradé des premiers arrachages et réceptions : «Fonction des secteurs, la campagne 2026 est très compliquée», a reconnu le secrétaire général de la CGB France, Fabien Hamot. Pour le syndicat betteravier, les conditions estivales sont «inédites», avec une association de canicule et de sécheresse qui a conduit d'abord à une faible croissance des betteraves, puis à l'apparition de Linux et de teignes, entraînant une pourriture prématurée des betteraves.

Pour ce qui est de la Picardie, ce sont les usines de Roye (Saint Louis Sucre), Étrépagny (Saint-Louis Sucre), Bucy-le-Long (Tereos) et Chevrières (Tereos) qui seraient les plus impactées. Dans la Somme, à l'heure qu'il est, le rendement moyen est estimé autour de 75 tonnes à 16° ; dans l'Oise, c'est moins, avec une prévision autour de 60 tonnes à 16°.

Des parcelles non récoltées

Notamment pour des raisons industrielles, un certain nombre de parcelles pourraient ne pas être récoltées. Les parcelles «écartées» sont celles dont le rendement est estimé inférieur à 15 t à 16° par hectare, ou encore celles dont le pourcentage de betteraves non marchandes (BNM) serait trop important (supérieur à 20 %).

Pour Fabien Hamot, si l'impact sur le fonctionnement des usines est «réel», le président de la CGB Somme n'écarte pas non plus l'impact psychologique pour les producteurs de betteraves : «Il n'y a rien de pire pour un agriculteur que de voir sa récolte pourrir au champ...»

Directeur de la CGB Hauts-de-France, Emmanuel Pigeon insiste : «Quoi qu'il arrive, ce n'est pas au planteur de prendre la décision de récolter ou pas. Et si la décision de ne pas récolter est prise, un justificatif écrit de la sucrerie devra être systématiquement remis.»

Équité demandée

Évoquant l'existence de protocoles interprofessionnels qui prennent en compte ce type de situation, Fabien Hamot appelle chacun à «être vigilant» quant à leur mise en oeuvre concrète. «L'équité doit rester la règle, que ce soit entre planteurs livrant à des groupes différents au sein d'une même zone, comme entre planteurs livrant à un seul groupe», prévient le secrétaire général de la CGB.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions emises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Oise Agricole se reserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et reglements en vigueur, et decline toute responsabilite quant aux opinions emises,