Les pistes du Groupe Carré pour démarrer 2026 du bon pied
Défis réglementaires, climat sous tension et coûts en hausse : le Groupe Carré trace ses leviers pour sécuriser les performances en 2026. Fertilisation et pilotage de l'azote sont au coeur des stratégies proposées aux agriculteurs.

Mi-janvier, pour la première des trois rencontres de début d’année avec ses agriculteurs clients, le Groupe Carré a fait salle comble à Méharicourt (80), à l’est de la Somme. Après une présentation du marché des céréales et des engrais, ce sont bien les chapitres consacrés aux stratégies de fertilisation et à l’adaptation des itinéraires techniques qui ont le plus retenu l’attention.
Équilibre à trouver
Il faut dire qu’à peine démarrée que l’année 2026 a son lot de défis avec, par exemple, la disparition des produits contenant du flufenacet et du cyprodinil. Autre sujet : les engrais azotés et leur taxation supplémentaire, «on ne sait pas encore à quelle sauce on va être mangé», interroge David Boucher. Pour lui, la dépendance française à ce type d’engrais est «une menace».
Sa préconisation ? «Regarder comment on peut optimiser ce qu’on a à disposition et s’intéresser à d’autres solutions…» Sans les citer nommément, il pense par exemple aux biostimulants. Enfin, le référent technique et agronomique du Groupe Carré met en garde les agriculteurs qui seraient tentés de «lever le pied» sur certains postes de dépense dans leurs itinéraires culturaux : «On a déjà souvent dit qu’il ne faut pas sur-investir mais, à l’inverse, il ne faut pas non plus sous-investir… Ce qui permet la performance chez nous, ça reste le rendement dans des terres à haut potentiel.»
Densité de semis et pilotage de l’azote à surveiller
En ce qui concerne la campagne 2025, «on a eu de la chance», a rappelé David Boucher. Pour mémoire, 2025 aura une fois encore été celle des records de température. Or, pour le responsable technique du Groupe Carré, «la contrainte climatique est désormais supérieure à la pression des maladies». Ce qui l’inquiète particulièrement ? Le manque de leviers. «Pour les maladies, on a des solutions, ce qui n’est pas forcément le cas pour lutter contre les aléas du climat.»
Si le rendement céréalier de 2025 a été globalement bon et supérieur à celui de la moyenne de la période 2020-2024, «on partait quand même de loin…», selon M. Boucher. Si la génétique permet d’espérer atteindre des hauts niveaux de rendement, «le risque, ce sont les à-coups». Quant à la densité de semis, «il faut peut-être revenir sur ce qu’on avait l’habitude de faire…» À la ferme-pilote du Groupe Carré, des essais sont conduits pour évaluer l’effet «densité», mais aussi plus largement sur les composantes du rendement. Comme Arvalis, au sein du service «agronomie» du Groupe Carré, on pense que le positionnement de l’azote a son importance : «L’apport d’azote doit être piloté de la manière la plus fine possible, rappelle David Boucher. Quand on est dans des essais, ce n’est pas tellement grave, mais sur une ferme, les chiffres peuvent rapidement s’envoler….»
En colza, des conditions météo «optimales» lui ont profité, avec un effet positif constaté sur le rendement. «Le nombre de pieds était bon, comme le nombre de siliques et leur remplissage», confirme David Boucher. Pour les prochaines campagnes, dans la région, il recommande des variétés demi-précoces à précoces «quand les conditions sont limitantes.» Pour le maïs, la campagne 2025 a été «favorable», ce qui redonne de l’intérêt à cette culture. Quant aux betteraves, les conditions ont elles aussi été favorables.
Adapter les pratiques au potentiel
Aujourd’hui, a souligné David Boucher, en ce qui concerne les céréales, «les conditions sont plutôt favorables. L’automne a été doux et humide. L’hiver a été froid et sec. Les blés ont été implantés dans de bonnes conditions, mieux que l’an dernier…» Seul bémol, à date : le manque de précipitations. «Il pleut moins qu’il ne faudrait et cela pénalise l’état des nappes», décrivait il y a quinze jours David Boucher, croisant les doigts pour les prochaines semaines. Avantage néanmoins des températures basses, «le froid élimine la vermine». Toujours à date, on constatait dans les champs moins de plantes stressées que l’an dernier.
D’une manière générale, le responsable technique du Groupe Carré recommande pour les prochaines semaines «d’adapter les programmes d’intervention (fongicides, ndlr) en fonction du potentiel de la parcelle plus que du cours du blé.» Autre conseil : l’anticipation. «Plus on anticipe, et moins cela coûte cher.» Dans un contexte «compliqué», David Boucher veut y voir une forme de challenge : «C’est ce genre de conditions qui nous pousse à être performant». Et de confirmer que l’un des rôles de la ferme-pilote du Groupe Carré à Gouy-sous-Bellonne est précisément de travailler «sur tout ce qui peut nous arriver.»
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