L'Oise Agricole 24 septembre 2026 a 08h00 | Par Dominique Lapeyre-Cavé et Pierre Poulain

Une addition d'aides bonnes à prendre

À l'initiative de la FDSEA et de JA Oise et avec l'aide de la Chambre d'agriculture, des réunions d'arrondissement sont organisées en présence de la préfecture, de la DDT, de la MSA et du Crédit Agricole, pour présenter les différents dispositifs d'aides à l'agriculture en réponse à la conjoncture exceptionnelle.

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Réunion d'arrondissement à Roy-Boissy le 16 septembre. Une autre s'est tenue le 17 à Fournival.
Réunion d'arrondissement à Roy-Boissy le 16 septembre. Une autre s'est tenue le 17 à Fournival. - © DLC

Dans un contexte budgétaire tendu et malgré une année marquée par la sécheresse et les épisodes de canicule, personne n'imagine que les indemnisations, prises en charge, reports et autres plans Casi, vont apporter toutes les solutions dont les agriculteurs ont plus que jamais besoin. Et pourtant, additionnées les unes aux autres, ces aides sont bonnes à prendre et devraient soulager un peu les trésoreries mal en point. 
Thomas Fourgeot, secrétaire général de la préfecture, et Jérémy Hetzel, directeur adjoint de la DDT, affirment leur volonté d'être à l'écoute des agriculteurs et la pleine mobilisation des services de l'État dans l'Oise aux côtés des organisations professionnelles agricoles. «En Europe, la France est le seul pays à octroyer autant d'argent à la crise agricole.»
Le premier objectif est de soulager les trésoreries exsangues. La procédure d'indemnisation de solidarité nationale (ISN) a été accélérée et simplifiée. Les acomptes devraient augmenter de 70 à 80 % et être bientôt versés par les assureurs. 
Ensuite, le dégrèvement TFNB (taxe sur le foncier non bâti) soulagera de 9 millions d'euros l'impôt dans l'Oise. Ce dégrèvement s'élève à 70 % sur les prairies permanentes et temporaires et le maraîchage, et à 40 % sur les terres arables et l'arboriculture. Comme 75 à 80 % des terres de l'Oise sont en fermage, ce sont les propriétaires qui perçoivent ce dégrèvement sur leur feuille d'impôt foncier, à charge pour eux de le reverser à leurs fermiers : le préfet doit adresser un courrier-type aux notaires et gestionnaires pour le leur rappeler.
Enfin, la DDFip (services fiscaux) devrait accélérer le versement de l'aide GNR pour peu que les dossiers déposés soient complets (à vérifier sur la plateforme de demande).
Le second objectif de ces trains de mesures est de relancer la production pour la campagne 2026-2027. Dans un premier temps, la demande de dérogation à l'implantation des Cipan par le syndicalisme a été acceptée par la préfecture. De même, le brûlage des lins non récoltables car enroulés à cause du vent fait l'objet de discussions. La DDT demande aux agriculteurs concernés de lui faire un mail en justifiant de la force majeure, pour être conformes à la Pac. 
Ensuite, le fonds de réarmement agricole, doté de 230 millions d'euros au niveau national, accorde seulement un million d'euros pour l'Oise, mais qui devront être versés rapidement. À Fournival, Régis Desrumaux a dénoncé une enveloppe «insuffisante» : avec un seul million d'euros, seules 200 exploitations environ pourraient être aidées, alors que l'Oise affirme être le département le moins bien doté des Hauts-de-France malgré des dégâts parmi les plus importants ; Les responsables syndicaux réclament une rallonge pour porter ce nombre à 400, voire 500 exploitations.
Jérémy Hetzel interroge les agriculteurs : quelles exploitations prioriser ? les installés depuis moins de 5 ans ? les éleveurs ? les cultures de printemps ? «Il faudra trouver des critères simples qui soient lisibles par tous». Cela pourrait représenter entre 5.000 et 6.000 EUR par exploitation aidée. 
Enfin, en ce qui concerne le mal-être agricole, les dispositifs d'écoute (Sentinelle notamment) sont opérationnels et chacun doit repérer un voisin isolé, un agriculteur en difficultés «pour que personne ne soit laissé seul».

Nouvelles cultures pour l'ISN
L'ISN remplace en grande partie les calamités agricoles, celles-ci ne subsistant que pour accompagner les exploitations ayant subi des dommages durables sur leur outil de production, notamment les plantations pérennes, certains équipements et certaines mortalités animales non assurables. 
Pour l'ISN, c'est la DDT qui monte les dossiers et il suffit qu'un seul agriculteur subisse des pertes de plus de 50 % (30 % pour les prairies) pour qu'une demande soit portée au niveau national. 
Dans l'Oise, c'est validé pour le blé, l'orge, le colza, la féverole et le lin pour l'orage du 27 juin qui a touché 463 communes. Les exploitants non assurés multirisques climatiques peuvent déposer via le portail AléaNat une demande d'indemnisation jusqu'au 4 octobre.
Une prochaine demande sera effectuée par la DDT pour les betteraves sucrières, le maïs grain et ensilage, les pommes de terre, le maraîchage, l'arboriculture, les endives... Elle devrait être examinée au niveau national lors du prochain comité le 1er octobre.
À Fournival, plusieurs producteurs ont alerté sur l'état des betteraves sucrières, très affectées par la sécheresse et par des maladies favorisées par la chaleur (rhizoctone brun) : jusqu'à 40 % des betteraves pourraient ne pas être récoltées cette année.
À noter que pour les prairies, les pertes sont mesurées par un satellite et les agriculteurs directement compensés. «Sauf que cette année, le satellite n'a toujours pas vu les prairies jaunir, contrairement à l'année dernière !», s'exclame Régis Desrumaux. 

Pertes animales
Les éleveurs bovins et ovins constatent aujourd'hui des femelles vides, avec une possible répercussion de la canicule et le sécheresse sur la production laitière de l'année prochaine ; «il y aura un décalage des dégâts». La DDT invite les éleveurs à se faire connaître car ils peuvent être potentiellement indemnisés pour des pertes d'animaux.
Les responsables agricoles conseillent aux producteurs de souscrire une assurance multi-risques climatiques, encore trop peu répandue et pourtant bienvenue dans une année comme celle-ci. «Dans l'Oise, un peu plus de la moitié des exploitants seraient assurés, contre moins de 30 % au niveau national», précise Luc Smessaert, président de la Chambre d'agriculture. La réforme de la «moyenne olympique», qui doit passer de cinq à huit ans de référence à partir de 2027, et la subvention de 70 % accordée par l'État doivent inciter davantage d'agriculteurs à s'assurer.

Autres aides
Le Conseil départemental de l'Oise réfléchit à une aide pour le semis, qu'il doit finaliser rapidement. Il s'agirait d'une aide de 500 EUR, sur le modèle de celle de 2019, élargie cette fois aux maraîchers et dont l'instruction serait confiée à la Chambre d'agriculture.
Idem pour la Région qui imagine aider au financement de dispositifs pour lutter contre la chaleur dans les bâtiments d'élevage (ventilateur, isolation, brumisateur...), à concrétiser. Lors de sa séance plénière du 5 octobre, la Région doit notamment acter une prise en charge de 50 % des intérêts d'emprunts de trésorerie et une aide à la ventilation des bâtiments d'élevage à hauteur de 25 % des dépenses, dans la limite de 30.000 EUR (30 % pour les jeunes agriculteurs).
La MSA de Picardie s'est vue doter d'une nouvelle enveloppe pour la prise en charge partielle  de cotisations ou leur étalement. Elle oeuvre aussi à repérer les agriculteurs le plus en difficulté, notamment psychologiques.
De son côté, le Crédit Agricole Brie Picardie mobilise ses ressources pour accompagner les éleveurs dans la reconstitution de leurs réserves fourragères ou, dans des situations plus complexes, pour faire des pauses dans les remboursements afin de soulager les trésoreries. Chacun est invité à contacter son chargé de clientèle pour établir un diagnostic et trouver les solutions les plus adaptées à sa situation.
Enfin, le dispositif d'aide à l'achat d'engrais devrait être amélioré d'ici la fin de l'année, l'administration reconnaissant son inadaptation car il ne prend pas en compte les achats au prix moyen, ce qui est pourtant le cas de nombreux producteurs.
Dernière évolution : l'abaissement du seul d'octroi de l'aide engrais à 350 EUR au lieu de 750 EUR, l'allongement de la période d'octroi de l'aide, pour des achats et paiements au plus tard le 31 décembre 2026. Attention : cette dernière disposition est une avancée en trompe-l'oeil car elle s'accompagne d'un changement majeur : désormais, il est demandé d'adresser les factures réglées avant le 31 décembre.

maboussoleagricole.fr

Ce site internet est dédié au monde agricole pour orienter les producteurs vers les dispositifs les plus adaptés à leur situation. C'est un annuaire d'accompagnement pour lutter contre le mal-être du monde agricole de l'Aisne, de l'Oise et de la Somme. Y sont répertoriés toutes les aides possibles, avec les contacts.

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