Anticiper, s’entourer et avoir recours à l’expertise pour réussir sa cession
Le Point accueil installation-transmission a convié à une réunion partenaires et agriculteurs le 10 février à Saint-Just-en-Chaussée.

Bien que le thème «Évaluer son exploitation pour la transmettre : étapes, conseils et points de vigilance» ait été choisi pour des agriculteurs qui réfléchissent à leur cession d’exploitation, aucun n’a fait le déplacement. Par contre, juristes, banquiers, conseillers de gestion, technicien foncier Safer ont participé aux réflexions en atelier : que faut-il prendre en compte dans l’état des lieux de l’exploitation ? et quelles seront les ressources et dépenses des retraités une fois l’exploitation cédée ?
Les témoignages étaient de nature à questionner et à organiser ce moment crucial dans sa vie professionnelle. Sous la houlette d’Anne Vermeersch, conseillère à la Chambre d’agriculture de l’Oise, chacun a partagé son expérience.
S’entourer et expertiser
D’abord, Denis Ghesquière, qui a cédé son exploitation à un jeune hors cadre familial, ses deux fils ne souhaitant pas s’intaller. Il était double actif et devait prendre sa retraite de salarié et d’exploitant au même moment. «Je voulais que les choses se passent bien. J’avais entendu parler de repreneurs qui mettaient leurs cédants au tribunal pour un prix trop élevé et injustifié. Je voulais que le montant soit juste et pour cela, il faut s’entourer des bonnes personnes : juriste, expert foncier, conseiller de gestion et notaire. Dès le départ, j’ai donc fait faire une évaluation de mon exploitation», raconte-t-il.
Même approche pour Catherine Backeroot dont l’époux a pris sa retraite, elle restant en société avec son fils qui s’est installé. «Il est pourtant cuisinier et n’avait jamais parlé de s’installer ! Cela a été une bonne surprise. Pour que les choses soient claires avec notre fille, nous avons demandé une expertise pour déterminer la valeur de l’exploitation.»
Anne Chartier, expert foncier, recommande cette démarche, que la cession envisagée soit dans le cadre familial ou pas. «Avoir un prix juste peut éviter les remises en question familiales et cela permet d’avoir une base de travail sûre.»
Anticiper les démarches
Reste la longueur de la cession. Entre le temps de l’expertise où il faut tout remettre à plat, le dossier d’installation du jeune, les démarches de liquidation de la retraite, cela peut prendre deux ans. Autant dire qu’il ne faut pas s’y prendre au dernier moment. «J’ai eu la chance que cela se déroule bien parce que j’avais anticipé. Il a fallu une année pour tout boucler», révèle Denis Ghesquière. Catherine Backeroot, de son côté, attend toujours des pièces administratives nécessaires à la création du restaurant de son fils, dans lequel il proposera les fruits rouges dont il va lancer la production. «Tout se fait en ligne, on n’a aucun interlocteur direct», se désole-t-elle.
Anne Chartier rappelle que l’expertise peut être longue, qu’elle nécessite de nombreux documents, une visite sur place et qu’elle vise à mesurer la rentabilité, actuelle ou potentielle, de l’exploitation. «Le cédant doit prendre le temps de la réflexion et savoir ce qu’il veut faire, qu’il soit bien conscient de ses choix.»
Céder son exploitation et prendre sa retraite est un moment décisif de sa vie professionnelle : c’est tout le fruit du travail d’une vie qui va être transmis et cela peut avoir de lourdes conséquences sur la future vie du cédant et sur l’ambiance familiale.
Savoir ce que l’on veut faire, avoir du courage et de la ténacité, anticiper et savoir bien s’entourer restent indispensables.
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