L'Oise Agricole 29 janvier 2026 a 08h00 | Par Pierre Poulain et Dominique Lapeyre-Cavé

«Nous voulons parler vrai et créer un lien direct avec les consommateurs»

À quelques jours de l’assemblée générale de JA 60 qui aura lieu le jeudi 12 février prochain, Matthieu Carpentier, son président, répond à nos questions.

Abonnez-vous Reagir Imprimer
- © JA 60

Une élection se prépare pour renouveler l’équipe dirigeante. Quel message souhaitez-vous adresser aux jeunes qui hésitent encore à s’investir dans le syndicalisme actif ?
Matthieu Carpentier : Si vous êtes motivés, venez nous rejoindre ! Il ne faut pas avoir peur de s’engager dans le syndicalisme jeune. Dans l’Oise, nous avons la chance d’avoir des organisations professionnelles agricoles qui sont particulièrement bienveillantes à notre égard, ce n’est pas le cas partout ! Nous sommes écoutés.
Et puis, l’idée est de faire rentrer de nouvelles têtes dans la structure, tout en gardant certains membres, afin que la ligne directrice choisie soit gardée.

Quel bilan tirez-vous de votre mandat actuel ?
C’est un véritable enrichissement personnel que de s’investir dans JA et défendre les dossiers. Malheureusement, deux ans, cela passe très vite et les dossiers engagés ne sont pas arrivés à terme. 
Quand on devient président JA, il faut d’abord de faire connaître des autres jeunes au delà de son origine géographique et aussi des partenaires départementaux. C’est d’ailleurs vrai pour tous les membres du bureau JA. Cela va au-delà du département puisque, par exemple, nous travaillons avec JA 76 sur les dossiers qui concernent les producteurs laitiers qui livrent à Danone.

Comptez-vous repartir pour un deuxième mandat ? Quels seront vos objectifs, quelles seront vos ambitions ? Quels seront les dossiers prioritaires ?
L’équipe actuelle a initié des dossiers que nous aimerions pouvoir mener à terme. C’est pour cela que je sollicite un second mandat. 
Le gros dossier qui devrait voir son aboutissement en 2026 est celui de la constitution d’un GFA (groupement foncier agricole) mutuel. Cela répond à une nécessité de porter le foncier, notamment pour les jeunes qui ne sont pas originaires du monde agricole et pour lequel il est difficile d’accéder au foncier, pourtant indispensable à toute installation. Je trouve dommage que des jeunes qui ont des idées et du talent ne puissent pas s’intaller à cause d’une difficulté d’accès au foncier. Parallèlement, de nombreux exploitants agricoles vont prendre leur retraite dans les cinq ans à venir. Nous avons donc besoin de jeunes qui s’installent dans toutes les productions. Il ne suffit pas d’être nombreux lors des mobilisations syndicales, nous devons contribuer à des installations de jeunes viables.

Est-ce difficile aujourd’hui de trouver des jeunes prêts à prendre des responsabilités dans le contexte agricole actuel ?
Oui, c’est difficile. Parfois, à cause d’un manque d’envie, mais surtout parce que s’engager, cela prend du temps en plus de la journée de travail. Les double-actifs, salariés la journée et qui gèrent leur exploitation les soirs et week-ends, n’ont pas beaucoup de temps pour l’engagement syndical. Ils veulent aussi garder du temps pour eux. Cela peut se comprendre.

Dans quel état d’esprit se trouvent les Jeunes Agriculteurs de l’Oise en ce début d’année 2026 ?
Je trouve que les JA restent très motivés, surtout après les récentes et intenses mobilisations de ces dernières semaines. Ils veulent continuer à se battre pour pouvoir s’installer, être présents pour défendre leur métier ou futur métier. D’autant plus que nos manifestations ont porté leurs fruits : chacun voit que se mobiliser, ça paie ! On ne bouge pas pour rien, c’est rassurant !

Vous annoncez une édition sous le signe de la communication avec des «formats innovants». Sans tout dévoiler, à quoi doit-on s’attendre pour rompre avec le côté parfois formel des assemblées générales ?
Je ne veux pas donner leurs noms pour garder la surprise, mais des influenceurs agricoles, et pas des moindres, seront présents à notre assemblée. Car leur action est une belle façon de communiquer que d’ailleurs, chacun peut s’approprier.
Les jeunes agriculteurs ne sont pas différents des autres jeunes de la société. S’exprimer via les réseaux sociaux est devenu la norme. C’est un nouveau mode de communication que nous devons développer et il paraissait logique d’en faire le sujet de notre assemblée générale. Faire de la communication auprès du grand public est indispensable pour lutter contre l’agribashing et toutes les fake news qui circulent sur notre métier. 
Depuis que JA 60 a investi les réseaux sociaux, nos partenaires apprécient ce que nous y faisons car ils ont bien perçu l’intérêt de communiquer vers le grand public qui méconnaît le quotidien des agriculteurs. Nous ne devons pas laisser des minorités comme L.214 parler à notre place. Nous voulons rétablir la vérité sur la réalité de nos pratiques, remettre du lien entre agriculteurs et consommateurs.

Pourquoi avoir choisi la communication comme fil rouge cette année ? Est-ce devenu l’outil n°1 pour défendre le métier face aux critiques (agribashing, réglementations) ?
C’est le moment idéal, après ces derniers mois de mobilisation. Le grand public doit comprendre ce qui se passe, quelles crises nous traversons. L’idée est de faire une information directe entre grand public et agriculture, en toute transparence, car ce que nous faisons dans nos fermes, nous le faisons bien, dans le plus respect des réglementations et de l’environnement. 
Nous devons communiquer par tous les canaux possibles. Il y a un effet cascade entre les différents canaux de communication. Nous utilisons aussi les réseaux sociaux pour donner envie de venir nous rejoindre à JA 60 et le nombre de vues de nos vidéos augmente. Il faut persévérer alors que nous y travaillons séieusement depuis 2 ans uniquement.

Comment communiquer sur la réalité du métier sans tomber dans le marketing agricole ?
Au travers des réseaux sociaux, nous parlons avec notre cœur de notre métier, de notre quotidien, nous voulons juste montrer la réalité d’une exploitation agricole. Au niveau de JA, nous n’avons aucune arrière-pensée commerciale, nous ne monétisons rien. 
Nous avons des retours positifs de nos publications par les élus et nos partenaires qui nous voient ainsi passer nos messages. Notre communication s’est professionnalisée grâce à l’implication de nos animatrices.

Si vous deviez convaincre un jeune installé de bloquer sa journée du 12 février, que lui diriez-vous ?
L’assemblée générale, c’est le temps fort de l’année pour notre structure. On peut y rencontrer d’autres jeunes, les élus et les partenaires qui ne manquent jamais de venir à notre assemblée. Et puis chacun peut prendre la parole et exposer ses problèmes.
La table ronde devrait également intéresser les adhérents car les inflluenceurs nous expliqueront comment ils travaillent, leur vision du métier. L’assemblée JA 60 le 12 février à Beauvais, c’est assurément l’endroit où être !

Assemblée JA 60

12 février à l’Empreinte, du Crédit Agricole, à Beauvais.
Après le huis-clos de la matinée réservé aux adhérents JA, vous êtes attendus l’après-midi.
- 14 h : accueil 
- 14 h 15 : intervention du Crédit Agricole
- 14 h 20 : discours de Matthieu Carpentier, président JA 60
- 14 h 30 : rapport d’activité
- 14 h 40 : intervention 
- 15 h 25 : table ronde sur l’importance de la communication sur le secteur agricole 
- 15 h 35 : discours officiels 
- 17 h 30-18 h : cocktail de fin d’assemblée.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions emises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Oise Agricole se reserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et reglements en vigueur, et decline toute responsabilite quant aux opinions emises,