Conjoncture morose, mais des dossiers qui avancent quand même
La FDSEA de l’Oise s’est réunie ce lundi 20 avril pour son premier conseil d’administration suite au renouvellement syndical.

Pour cette première réunion de la nouvelle mandature, il a été fait un point sur la situation agricole et la loi d’urgence en préparation. Régis Desrumaux, le président de la FDSEA, a laissé les présidents de SEA et de sections s’exprimer. Tous ont fait part de l’inquiétude des agriculteurs face à une montée des prix des carburants et des autres intrants. «Les trésoreries sont compliquées, l’ambiance est morose», annonce Olivier Delignières, président de l’arrondissement de Compiègne. «Même si le prix du lait est en légère baisse, l’élevage va globalement mieux depuis un moment, ce qui n’empêche pas les interrogations», ajoute Pascal Foucault pour Beauvais Nord. Sur Senlis, quelques adhérents historiques font défection à cause de l’augmentation des charges. En viande bovine, Christophe De Bruyne fait part de la baisse de consommation en France (arbitrage face à l’augmentation du prix des carburants). Les abattoirs refusent des abattages et parlent de baisser les prix jusqu’à ce que la consommation reparte. Heureusement, ils n’ont pas trop de stocks actuellement. Quant aux relevés en GMS de l’origine des viandes, uniquement de la viande française a été trouvée en magasins. La viande étrangère est surtout utilisée dans la transformation et en restauration collective.
Dégâts de gibier
Un sujet qui fâche : les dégâts de gibier. Le nouveau président de la section faune sauvage, Louis Ferry, prend ses marques et fait état de la décision unilatérale de la Fédération des chasseurs de l’Oise de ne prendre en compte que les dossiers de dégâts supérieurs à 230 € alors que la réglementation prévoit 150 €. Quid des dossiers entre 150 et 230 € ?
La FDSEA n’entend pas abandonner les exploitants concernés et veut vérifier que les objectifs de destruction des sangliers par les lieutenants de louveterie sont bien atteints. «Il faudrait pouvoir chasser toute l’année le sanglier comme cela se fait dans certains départements. Il est également possible de chasser en avril et mai en se déclarant sur le site demarche.numerique.gouv.fr» précise Régis Desrumaux.
Loi d’urgence
Luc Smessaert, toujours en charge du dossier à la FNSEA, se veut optimiste : le projet de loi devrait passer à l’Assemblée nationale début mai et fin mai au Sénat pour une adoption en juillet. Quatre grands titres y sont prévus en première partie : le premier concerne la souveraineté alimentaire et agricole (produire est d’intérêt général), le second la réciprocité nationale (on n’importe pas des denrées produites avec des intrants interdits en France). Le troisième renforce et améliore les contrôles sanitaires, le quatrième élargit Egalim à la commande publique (pas de produits hors UE dans les cantines). La seconde partie du projet traite de l’eau : stockage, autorisation unique de prélèvement, OUGC, définition des zones humides à réduire, captages sensibles
(maintien de la production même si des molécules plus utilisées depuis des années y sont découvertes), préserver les terres agricoles en abandonnant les compensations surfaciques, ZNT riverains... Une partie concerne la prédation que la FNSEA voudrait élargir à toutes les Esod et pas seulement au loup pour protéger les éleveurs. «Certaines dispositions ne nécessiteraient pas de décret d’application donc on pourrait imaginer qu’elles soient effectives en septembre. Mais il faudra que nous soyons très attentifs aux débats législatifs et aux amendements déposés», prévient Luc Smessaert.
À l’issue de la réunion, les responsables avaient rendez-vous avec David Magnier, député RN de la septième circonscription de l’Oise et membre de la Commission du développement durable et de l’aménagement du territoire de l’Assemblée nationale, à propos de cette loi d’urgence.
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