Contrôle de l’origine des denrées alimentaires: éviter les tromperies
La préfecture a organisé une opération surprise de contrôle avec la DDPP (direction départementale de la protection de la population) au magasin Grand Frais d’Allonne, à côté de Beauvais.

Nous ne pouvons pas les prendre en photo, ni donner leurs noms. Les enquêteurs de la DDPP viennent de prévenir les responsables du magasin de leur volonté de procéder à un contrôle de l’origine des denrées alimentaires dont la mention est obligatoire. Nathalie Rivérola, directrice de la DDPP, accompagnant Jean-Marie Caillaud, préfet de l’Oise, pour ce contrôle en présence de la presse, rappelle quelques éléments réglementaires : «La mention de l’origine est obligatoire depuis de nombreuses années pour les fruits et légumes et depuis la crise de la vache folle, pour la viande bovine. L’objectif de ce contrôle est de vérifier que certains produits ne sont pas francisés pour être plus facilement vendus car les consommateurs sont sensibles à la mention France.»
Seront également vérifiés les signes de qualité (calibre par exemple) et les mentions valorisantes qui doivent bien entendu être en cohérence avec les documents commerciaux, bons de livraison essentiellement. «Il s’agit de nous assurer que les consommateurs ne sont pas trompés, que les produits sont sains, loyaux et marchands, qu’il n’y a pas de tromperie», ajoute le préfet.
Le groupe d’enquêteurs entre dans le magasin et vérifie d’abord les poires, pommes et kiwis. «Ces denrées ont aussi produites dans des pays voisins et nous devons nous assurer que les étiquetages sont conformes.» Ce qui est le cas : les kiwis italiens en barquette sont bien étiquetés, des stickers bleu blanc rouge marquent les kiwis français, pas de risque de confusion. Pour vérifier, le bon de livraison est demandé au responsable du rayon et y figurent bien les différents types de kiwis avec leur provenance.
Viande : peut mieux faire
La mention du pays d’origine des viandes est obligatoire sur trois critères : né en..., élevé en... et abattu en..., les animaux pouvant voyager tout au long de leur vie.
Au rayon coupe du magasin, c’est un affichage sur une feuille qui récapitule toutes ces informations pour chacun des morceaux. Autant dire que le consommateur ne les voit pas directement, elles n’apparaissent pas sur les étiquettes de prix, il faut consulter cette liste. «Voilà un point qui pourrait être amélioré. Ces mentions sont également obligatoires en restauration collective ou privée, en grande distribution, chez les petits commerces, sur internet, sur les marchés de plein air», suggère une inspectrice.
Et que dire sur la viande de porc, d’agneau ou la volaille au rayon coupe ? Aucune mention ne figure sur les étiquettes dans la vitrine, et aucun affichage. Interrogé par l’inspectrice, le responsable du rayon répète les consignes qui lui ont été données : on renseigne le client s’il pose la question. Par contre, dans les vitrines de libre-service, les cuisses ou blancs de poulet sont correctement étiquetés : origine Pays-Bas ou Belgique et poulets entiers Label Rouge. L’inspectrice décide alors d’aller contrôler les chambres froides et le laboratoire.
Quelle suite à ce contrôle ? Dans un premier temps, un courrier pour reprendre le constat et proposer les ajustements nécessaires. Ensuite, peut-être une enquête plus poussée au besoin. Nous n’en saurons pas plus.
Chiffres 2025
- 16 enquêteurs dans l’Oise sur toute activité commerciale, de la crèche aux pompes funèbres, en alimentaire...
- 100 contrôles réalisés dont un tiers avec anomalies
- 50 avertissements, 15 mesures de police administrative et 6 procès-verbaux.
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