Des systèmes agricoles repensés pour affronter la sécheresse
À Estrées-Saint-Denis, un groupe d’irrigants volontaires s’engage dans une démarche collective pour concevoir des systèmes de culture plus économes en eau et mieux armés face aux sécheresses à venir.

Lundi 23 février, des agriculteurs du bassin de l’Aronde se sont réunis dans le cadre du projet Res’Eau, piloté par Agro-Transfert Ressources & Territoires, en partenariat avec Arvalis et la Chambre d’agriculture de l’Oise. L’objectif : co-construire des systèmes de production capables de s’adapter durablement au nouveau contexte climatique des Hauts-de-France.
Une démarche collective et prospective
Autour de la table, un petit groupe d’agriculteurs comprenant notamment de jeunes irrigants a travaillé, avec les ingénieurs du projet, à définir une ferme fictive représentative du territoire.
À partir de ce profil type, les participants ont imaginé des scénarios d’adaptation visant à réduire la dépendance à l’eau, tout en maintenant la viabilité économique des exploitations.
Le but est de travailler sur la robustesse des exploitations dans le contexte du changement climatique. Ces scénarios seront ensuite analysés grâce à deux outils de modélisation - Asalée et Systerre - permettant de simuler à l’horizon 2050 et 2070 les effets de différents leviers agronomiques sur les rendements, marges, consommations d’eau et temps de travail, notamment.
Trois volets pour un objectif commun
Inscrit sur la période 2021-2026, le projet Res’Eau s’articule autour de trois axes : produire des références sur l’impact du changement climatique sur les cultures de la région, constituer une bibliothèque de leviers agronomiques adaptés aux contextes pédoclimatiques des Hauts-de-France, proposer une méthode d’accompagnement permettant aux acteurs agricoles de concevoir leurs propres systèmes plus sobres et plus résilients.
Le bassin de l’Aronde constitue l’un des trois cas-types explorés, aux côtés de systèmes de grandes cultures-Scop sans irrigation dans l’Aisne et de systèmes légumiers dans la Somme.
Atouts et risques
Les participants ont apprécié une démarche innovante où la collaboration locale et la simulation prospective ouvrent de nouvelles perspectives pour la gestion de l’eau.
Parmi les atouts identifiés :
- une meilleure anticipation des aléas climatiques
- des outils d’aide à la décision stratégique pour orienter les choix techniques et économiques
- une appropriation directe par les agriculteurs des leviers d’adaptation possibles.
Toutefois, le succès de ces scénarios dépendra de plusieurs facteurs tels que l’accès à la ressource en eau, la faisabilité économique des adaptations proposées. La comparaison à venir des systèmes permettra d’affiner ces points et de guider les exploitants vers des solutions réalistes et efficaces.
Une étape pour construire l’avenir
Les résultats des modélisations, attendus pour le dernier semestre 2026, serviront de base à des échanges élargis avec les filières agricoles de la région. Cette démarche, bien au-delà d’un simple atelier, s’inscrit dans une vision collective : préparer aujourd’hui l’agriculture de demain, en conciliant productivité, sobriété hydrique et résilience face aux sécheresses. En accompagnant ces exploitants, la Chambre d’agriculture de l’Oise entend soutenir leur confiance dans le métier, tout en affirmant son rôle de leadership dans les transformations.
Rés’Eau est un projet soutenu financièrement par les Agences de l’eau Seine-Normandie, Artois-Picardie et la Région Hauts-de-France, en partenariat avec les Chambres d’agriculture, l’Inrae, Arvalis, Junia, UnilaSalle, Unilet, Bio en Hauts-de-France et l’ITB.
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