L'Oise Agricole 05 février 2026 a 07h00 | Par Pierre Poulain

Elles explorent l'insémination équine pour un concours

Cinq élèves de terminales Bac Pro CGE de la MFR de Songeons réalisent un court-métrage de trois minutes sur le métier d'inséminateur équin. Un projet qui allie leur passion des chevaux, découverte professionnelle et créativité.

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- © PP

Laurine Andrade, Capucine Boussac, Océane Cadet, Lucia Santos et Amandine Vigneron se connaissent depuis trois ans. Lorsqu'il a fallu constituer les groupes pour participer au concours «Je filme le métier qui me plaît», obligatoire dans le cadre de leur cursus, le choix s'est imposé naturellement. «On habite toutes à peu près dans le même secteur et on s'entend bien, ce qui est important dans un projet collectif», explique l'une d'elles.
Le choix du métier à filmer n'était, lui, pas imposé. Après avoir envisagé plusieurs pistes, dont la chasse ou l'élevage de gibier, les cinq jeunes femmes se sont orientées vers un métier méconnu mais essentiel dans leur filière : le métier d'inséminateur équin. «Ce n'est pas un métier dont on parle tous les jours. Il est moins reconnu alors qu'il est essentiel dans la production de chevaux de sport notamment.»

Un tournage au Haras de Villers
Trouver un professionnel disposé à les accueillir s'est révélé plus complexe que prévu. «On a eu deux ou trois refus. Ce n'est pas du tout la saison de reproduction, qui est au printemps. Beaucoup de centres ont tout nettoyé, tout rangé, et ne voulaient pas tout ressortir pour une journée de vidéo», racontent les élèves. C'est finalement au haras de Villers, à Erquery, qu'elles ont trouvé leur terrain de jeu, auprès d'Olivier Jouanneteau, gérant et inséminateur, et de Pierrick Jullien, responsable d'élevage.
L'accueil a dépassé leurs espérances. «Ils nous ont consacré une matinée entière. Ils ont accepté de faire une insémination pour qu'on puisse filmer et voir comment ça se passe.» Une générosité qui a permis aux jeunes femmes de saisir toute la dimension du métier, bien au-delà de l'acte technique lui-même.
Au fil des échanges avec Olivier Jouanneteau, le message initial a évolué. «Au début, on voulait montrer comment l'inséminateur aide à l'avancée génétique», expliquent-elles. Mais la rencontre avec ce professionnel passionné a orienté le projet différemment. «Il nous a expliqué qu'il a 70 ans et qu'aujourd'hui, s'il continue, ce n'est pas parce qu'il est obligé, mais tout simplement parce qu'il aime ça. Ses enfants se sont investis dans l'entreprise. La passion est là, présente dans la famille et transmise.»
Le projet a exigé bien plus qu'un simple tournage. Gestion des réseaux sociaux (Instagram et Facebook), recherche de partenaires, écriture du scénario, organisation logistique, montage vidéo : chaque étape a mobilisé les compétences et l'investissement de chacune. «Naturellement, dès que quelqu'un faisait quelque chose, les autres prenaient le relais», expliquent les élèves. 
Lucia s'est chargée du montage, forte de son expérience en communication, tandis que d'autres se consacraient aux réseaux sociaux ou aux démarches administratives. Sans formation préalable au tournage ou au montage, les cinq jeunes femmes ont fait preuve de débrouillardise. Équipées de trois téléphones, d'un stabilisateur emprunté et de micros achetés sur leurs propres deniers, elles ont multiplié les plans de coupe et les angles de vue. «Notre but, c'était de faire quelque chose de dynamique pour des jeunes. Avec les réseaux sociaux, ce sont souvent des réels, des choses assez rapides. Il faut que ça attire le regard», justifient-elles. «On avait quasiment une demi-heure d'interview filmée. Il a fallu trier pour arriver à trois minutes maximum.» Le résultat : une vidéo au format scénarisé, où l'une des élèves part à la rencontre du professionnel pour découvrir son métier.

Un oral individuel en ligne de mire
Si la vidéo constitue le coeur du projet, l'évaluation finale reposera sur trois piliers : la qualité du court-métrage soumis au concours, l'investissement individuel et un oral argumentatif. Chaque élève devra présenter le projet devant un jury, en s'adressant à un public fictif différent : jeunes en recherche d'orientation, lycéens, professionnels ou grand public type conférence. «Il faut s'imaginer un public fictif alors que devant soi, on aura deux enseignants.»
Au final, c'est tout une expérience que retient le groupe. Une préparation concrète à leur future vie professionnelle, qu'elles envisagent dans l'élevage, l'enseignement ou le spectacle équestre «Contacter des entreprises, avoir les bons mots, envoyer des mails, tout structurer : pour nous, c'est quelque chose que l'on n'a jamais fait.» Leur vidéo sera soumise au jury du concours national dans les prochains jours. Si elle est sélectionnée, les cinq jeunes femmes pourraient fouler la scène mythique du Grand Rex à Paris. En attendant, elles espèrent que leur travail donnera envie à d'autres jeunes de s'intéresser à ce «métier pas si compliqué d'accès si vraiment on en a envie.»

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