L'Oise Agricole 26 juin 2025 a 07h00 | Par Dominique Lapeyre-Cavé

Fonctionnement interne et point sur la situation agricole avant moisson

Sous la présidence de Frédéric Bovet, secrétaire général de la préfecture, la compagnie s'est réunie le 17 juin avec, à l'ordre du jour, le budget, le règlement intérieur et un point sur la situation économique des exploitations agricoles de l'Oise.

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Fabrice Riquier, directeur de la Chambre d’agriculture de l’Oise, Luc Smessaert, président, Frédéric Bovet, secrétaire général de la préfecture, et Alice Avisse, secrétaire.
Fabrice Riquier, directeur de la Chambre d’agriculture de l’Oise, Luc Smessaert, président, Frédéric Bovet, secrétaire général de la préfecture, et Alice Avisse, secrétaire. - © DLC

Après des questions internes comme le vote du budget (voir encadré ci-dessous) qui ont occupé une bonne partie de la réunion, début de mandature oblige, le débat a ensuite porté sur la situation économique de la ferme Oise, à la veille de la moisson qui devrait commencer dans les jours prochains. Pour ce faire, Didier Verbeke, président de la Coop de Milly et d'AS 60-AGC, et Hans Dekkers, président de l'Ucac, ont présenté une situation des exploitations suivies en comptabilité et des marchés mondiaux des céréales et huiles.
L'étude de la rentabilité de la ferme Oise (voir schéma ci-dessous) montre les années catastrophiques qu'ont été 2016 et 2024, avec des produits inférieurs aux charges, après de bonnes années, 2021 et 2022 notamment.
Didier Verbeke rappelle que les engrais représentent un tiers des charges opérationnelles et que leurs prix ont fortement augmenté. Si les charges de carburants ont baissé, le matériel et le coût de son entretien ont explosé depuis la crise Covid et la guerre en Ukraine. Il pointe les assurances dont les primes ont augmenté pour arriver autour de 100 €/ha à cause des aléas climatiques, plus fréquents, et à une sinistralité en hausse. 
L'évolution de l'utilisation de l'EBE (excédent brut d'exploitation) entre remboursements de l'emprunt, prélèvements privés et financement de nouveaux projets, montre que les agriculteurs ajustent leurs prélèvements en fonction des années. L'impact des conditions de l'année est fort, pluies excessives ou sécheresse. À noter qu’en 2023 et 2024, la capacité d'autofinancement est négative.
Le conseil donné est que les agriculteurs doivent anticiper et agir pour lisser les résultats fiscalement. Utiliser la DEP (dotation pour épargne de précaution) et la mobiliser en cas de besoin, maîtriser ses charges en optimisant les itinéraires techniques... La spécialisation dans certaines productions entraîne souvent une fragilisation, il convient de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Si l’élevage va mieux, les céréaliers sont actuellement en grandes difficultés alors que la situation des cultures industrielles se maintient, voir s'améliore, notamment celle des pommes de terre dont la demande augmente. «Les écarts-types entre les différentes orientations technico-économqiues des exploitations de l’Oise n’ont jamais été aussi grands», conclut Didier Verbeke.

Des cours atones
«2024 a ét éune mauvaise année, et c’est pourtant sur cette base que nous sommes repartis pour la campagne 2025», entame Hans Dekkers. Après une belle année 2022 qui a incité certains à beaucoup investir dans le matériel, l’ambiance est retombée. Seuls les éleveurs trouvent de la résilience, ce qui devrait peut-être inciter des jeunes à s’installer. En attendant, les cours du blé et du maïs sont au niveau de 2021, autour de 180 €/t, dans un contexte géopolitique très instable. «Nous, coopératives, devrons être prudentes sur le montant des acomptes versés, qui devraient tourner autour de 160 €/t», avertit le président de l’Ucac. 
Le cours du colza se maintient grâce à une forte demande en huile, les acomptes devaient se raprocher des 430 à 400 €/t. Mais l’huile la plus consommée dans le monde reste l’huile de palme (75 millions de t), devant celle de soja (62 millions de t), en hausse. Loin derrrière, le colza à 29 millions de t et le tournesol à 20. «Le palmier à huile est très rentable avec 4 t d’huile par ha, mais au prix d’une intense déforestation.»
En conclusion de la session, le président Luc Smessaert et Frédéric Bovet rappellent le prochain lancement du projet agricole départemental pour construire l’agriculture de demain dans l’Oise, conjuguant maintien de  la production et pratiques plus vertueuses.

Budget rectificatif 2025 voté

Quelques ajustements avec des charges de fonctionnement en hausse par rapport au budget initial 2025, par exemple des travaux d'entretien et de réparation de bâtiments. Dans le même temps, les recettes sont en augmentation, mais le résultat prévisionnel de l'exercice est négatif et la capacité d'autofinancement aussi, obligeant à piocher dans le fonds de roulement, sans que cela ne soit inquiétant. La compagnie vote les crédits nécessaires à une rénovation énergétique de la maison de l'agriculture et à l'aménagement de nouvelles salles. Le montant est estimé à environ 1.650.000 €. Le règlement intérieur, le montant des indemnités d’élus et la charte de déontologie sont également approuvés.

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