L'Oise Agricole 26 février 2026 a 08h00 | Par Pierre Poulain

Le préfet de Région en excursion dans l'Oise

Bertrand Gaume, préfet de la région Hauts-de-France, accompagné de Jean-Marie Caillaud, préfet de l'Oise, s'est rendu sur l'exploitation de Laurent Deletoille pour discuter avec les acteurs agricoles du département.

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(De gauche à droite) Laurent Deletoille, Régis Desrumaux (président FDSEA), Bertrand Gaume (préfet de la région Hauts-de-France) et Jean-Marie Caillaud (préfet de l'Oise).
(De gauche à droite) Laurent Deletoille, Régis Desrumaux (président FDSEA), Bertrand Gaume (préfet de la région Hauts-de-France) et Jean-Marie Caillaud (préfet de l'Oise). - © PP

«Je ne comprends pas la décision d'étendre la zone d'action renforcée (Zar) à Francastel alors que le puits et le captage ont été abandonné», s'est ému le maire de Francastel, Hubert Vanysacker, devant Bertrand Gaume, préfet de Région. Une délimitation qui pénalise l'activité agricole sur un périmètre de captage de plus de 1.000 ha, alors que le captage se situe «au milieu du village» selon le maire et que sa commune est en assainissement non collectif. «Je suis maire depuis 1989 et j'ai fait le nécessaire pour rendre les dispositifs d'assainissement individuels conformes, sans être écouté. Je n'ai aucun moyen de coercition pour obliger les particuliers à se mettre aux normes. Mais on ne peut pas dire que les taux de nitrates soient uniquement le résultat des activités en plaine.»

«On a effectivement l'impression que l'on nous tient pour seuls responsables des nitrates qui ne baissent pas !», a soutenu Régis Desrumaux, président FDSEA, relayé par le président des JA 60, Matthieu Carpentier : «Les particuliers ne se remettent jamais en question. C'est aux services de l'Etat de faire savoir que la pollution n'est pas uniquement de notre fait.»

Assurant qu'il ne veut «pas donner l'impression de s'acharner sur le monde agricole», le préfet de Région a indiqué un prochain réexamen de la cartographie des Zar, précisant toutefois qu' «elles ne pourront pas être supprimées.» Il annonce aussi se renseigner sur des dispositions juridiques permettant aux communes d'imposer la mise aux normes de l'assainissement aux particuliers. «Les communes ne doivent pas rester isolées face à ces difficultés et s'appuyer sur l'intercommunalité», a-t-il ajouté. «La bonne échelle pour gérer l'assainissement c'est la communauté de communes, a renchérit Frédéric Bovet, secrétaire général de la préfecture de l'Oise. On incite toutes les EPCI à prendre cette compétence.»

Prioriser les actions de l'agence de l'eau

Autre maire présent dans la salle, celui de Vendeuil-Caply, Marc Van Acker, lui-même agriculteur, qui dénonce le manque de cohérence dans la stratégie d'attribution des financements de l'agence de l'eau : «Plutôt que de chercher à couvrir tout le département, l'agence de l'eau devrait prioriser ses actions. Cibler certaines communes, celles proches des puits et des nappes, aura plus d'efficacité.» C'est notamment le cas de Vendeuil-Caply, qui dispose de deux puits et d'une rivière, et dont beaucoup d'agriculteurs du territoire participent à des groupements ayant pour objectif l'amélioration de la qualité de l'eau. «Des producteurs volontaires s'engagent dans des contrats d'actions pour la ressource en eau (Care).» «Nous avons la volonté d'engager la mise aux normes de notre assainissement mais les critères d'attribution des financements par l'agence de l'eau nous exclus et nous ne pouvons rien faire.»

Un point de vue partagé par Bertrand Gaume, qui s'engage à un réexamen des financements accordés par la structure.

Globalement, c'est à un retour aux réalités du terrain qu'est venu appeler le représentant de l'Etat. S'il reconnait ne disposer que de très peu de marges de manoeuvre - «Je ne suis pas un vendeur de soupe» - Bertrand Gaume pousse à ce que «le Pan donne les grandes lignes tandis que les régions gèrent son application dan le détail (Par) afin de tenir compte des réalités locales.» «Il n'y a aucun sens à avoir un calendrier d'épandage national. On doit pouvoir fixer localement des dates qui correspondent au terrain», a-t-il justifié.

2,45 MEUR pour les exploitations céréalières et protéagineuses

Après une troisième année consécutive de revenus disponibles négatifs pour la filière céréalière française (blé tendre, protéagineux), la DRAAF Hauts-de-France, en application de la circulaire ministérielle du 11 février 2026, lance un dispositif d'urgence doté de 2,45 MEUR pour soutenir les exploitations spécialisées les plus touchées. Ce fonds s'inscrit dans le cadre du plan national de 40 MEUR annoncé par le gouvernement, dont 35 MEUR pour des aides forfaitaires et 5 MEUR pour la prise en charge de cotisations MSA.

Le montant plancher de l'aide est fixé à 3.000 EUR (hors application de la transparence GAEC). Une majoration de 1.000 EUR sera attribuée aux nouveaux installés (bénéficiaires de l'ACJA et installés à compter de 2022).

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