L'Oise Agricole 19 mars 2026 a 07h00 | Par Pierre Poulain

Le SR de l’Oise projette la création d’un groupement d’employeurs

Le Service de Remplacement de l’Oise souhaite franchir une étape importante avec la mise en place d’un groupement d’employeurs (GE). Pascal Foucault, son président, revient sur les enjeux de cette structure qui vise à pérenniser l’emploi salarié tout en offrant une souplesse aux exploitations agricoles. Ce nouvel outil se voudra complémentaire au service existant pour répondre aux besoins de main-d’œuvre régulière.

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Pascal Foucault
Pascal Foucault - © PP

Qu’est-ce qui a motivé le conseil d’administration à valider la création d’un groupement d’employeurs dans l’Oise ?

La décision, actée le 11 mars dernier, découle d’un constat simple lié aux limites juridiques de notre structure actuelle. Le service de remplacement est par nature un groupement d’employeurs à vocation sociale dont les activités qui ne relèvent pas strictement du remplacement sont plafonnées à 20 % (complément de main d’oeuvre). En créant un GE adossé au service de remplacement, nous levons ces contraintes et pouvons satisfaire nombre de besoins des agriculteurs. L’objectif est également de renforcer nos équipes car, aujourd’hui, nous disposons d’un seul CDI sur onze équivalents temps plein. Le GE nous permettra de proposer des contrats durables, à moyen terme.

Quels bénéfices concrets les agriculteurs peuvent-ils attendre de cette nouvelle structure ?

L’atout majeur réside dans la fidélisation, la régularité et l’engagement. Souvent, les agriculteurs déplorent le changement fréquent de personnel lors des missions de remplacement. Avec le groupement, un exploitant pourra voir revenir une même personne plus régulièrement. C’est un gain de temps en matière de formation et une mise en confiance réciproque. Le GE décharge en partie l’agriculteur des lourdeurs administratives liées à l’embauche, à la paie ou à la gestion des contrats. Pour autant, ce dispositif repose sur l’implication des agriculteurs employeurs. L’idée est qu’ils soient associés au recrutement des salariés afin de trouver la personne qui correspond réellement aux besoins. L’agriculteur doit prévoir sa gestion et son besoin de main d’œuvre en amont. Le groupement d’employeur n’est donc pas juste une solution «clef en main».

Comment allez-vous réussir à construire des emplois du temps complets pour les futurs salariés ?

C’est là que réside tout l’intérêt de la mutualisation. Le GE joue un rôle de facilitateur en mariant les besoins partiels de plusieurs exploitations pour aboutir à des contrats durables. Un agriculteur peut avoir besoin de quelqu’un deux jours par semaine, deux jours par mois... Notre mission est d’assembler ces pièces de puzzle pour garantir au salarié un contrat unique et un planning stable. Nous pensons débuter sur une zone géographique encore à définir en compilant les besoins de trois, quatre, cinq... agriculteurs intéressés. À terme, nous espérons que le groupement pourra s’étendre sur d’autres territoires et répondre à des besoins plus spécifiques.

Quels types d’exploitations sont particulièrement ciblés par ce projet ?

Le dispositif s’adresse à tous : culture, élevage, maraîchage, vente directe, monde du cheval... Ces activités demandent souvent une main-d’œuvre régulière que le chef d’exploitation ne peut assumer seul. Nous voulons accompagner le maintien et le développement de cette valeur ajoutée sur notre territoire. L’esprit du GE repose sur des valeurs de co-construction et de réussite collective.

Au-delà de l’aspect technique, quelle est la philosophie qui porte cette initiative ?

Nous sommes dans une logique de territoire et de solidarité. Le moteur de ce projet est d’apporter un service aux agriculteurs pour que le facteur humain ne soit plus un frein mais un levier de réussite. Pour que cela fonctionne, il faut que chacun y trouve son compte : l’agriculteur doit être satisfait de la qualité du travail et le salarié doit se sentir intégré et respecté dans les différentes fermes où il intervient. C’est un projet humain qui nécessite l’implication de tous pour bâtir une agriculture forte et attractive pour les nouvelles générations.

Le crédit d’impôt remplacement est ouvert aux exploitants agricoles maires

Nouveauté 2026 : Le crédit d’impôt remplacement est ouvert aux exploitants agricoles maires de communes de moins de 1.000 habitants. Dans le cadre de leur mandat électif, ils peuvent bénéficier de 12 jours de remplacement financés à 50 % par le crédit d’impôt remplacement. Cette mesure concerne les remplacements effectués à compter du 1er janvier 2026.

N’hésitez pas à adhérer au service de remplacement: 46 € tarif réduit jusqu’au 31 mars 2026. Contactez le 03 44 11 45 06 ou contact@sdr60.fr

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