Maison Bonnes Herbes : le sanctuaire végétal de Pauline Degand au Gallet
Ancienne conseillère logiciel et agent immobilier, Pauline Degand a opéré un virage radical vers la terre. Installée dans l'Oise, elle cultive aujourd'hui des plantes médicinales avec une approche éthique et pédagogique. En rejoignant le réseau Bienvenue à la ferme, elle ouvre les portes de son univers pour reconnecter l'humain à la simplicité du végétal.

Pauline Degand vient de franchir une étape symbolique dans le développement de son activité en adhérant au réseau Bienvenue à la ferme. «Je voulais partager mon savoir-faire à travers une dimension pédagogique de plus en plus sollicitée par le public. Cette adhésion permet aussi de référencer ma boutique auprès des offices de tourisme et de faire rayonner la Maison Bonnes Herbes au-delà des circuits habituels.» Elle projette d'organiser des ateliers ludiques, d'accueillir des écoles ou de célébrer des anniversaires à la ferme pour initier les plus jeunes aux couleurs des fleurs et à la peinture végétale.
Avant de s'installer au Gallet, Pauline Degand a exploré des univers professionnels variés, du conseil logiciel chez Isagri à la gestion d'une agence immobilière, sans oublier la certification biologique chez Bureau Veritas. Bien que détentrice d'un BTS agricole, ce n'est qu'en 2021 qu'elle concrétise son installation pour devenir officiellement agricultrice en mars 2022. Partie d'une première parcelle de 5000 mètres carrés, elle exploite aujourd'hui 7500 mètres carrés de culture, complétés par une activité de récolte sauvage. «Le nom de son entreprise, Maison Bonnes Herbes, a été choisi pour sa simplicité et son impact, loin des termes parfois trop fermés du milieu médicinal. J'ai puisé l'inspiration dans de vieux ouvrages d'herboristerie où cette expression revient à chaque page pour désigner les bienfaits des plantes.»
Sur son exploitation, Pauline cultive entre 70 et 100 variétés différentes selon les années, incluant des arbres et des plantes communes dont elle tire parfois plusieurs récoltes distinctes. Son approche de la culture repose sur l'harmonie et les synergies naturelles. Elle privilégie la cohabitation d'espèces qui se protègent mutuellement, comme les bleuets ou les capucines qui attirent les pucerons loin des cultures principales, favorisant ainsi la présence d'auxiliaires. L'écosystème de la ferme est particulièrement riche grâce à un environnement de vergers et de prairies bio, où les mésanges régulent les chenilles et où les abeilles des apiculteurs voisins s'activent durant toute la saison. «La terre elle-même, une ancienne pâture à chevaux n'ayant jamais été traitée chimiquement, a conservé toute sa vitalité originelle.»
En été, les journées sont rythmées par la récolte, le séchage et l'émondage, une tâche minutieuse consistant à séparer les feuilles des tiges. Pour garantir la conservation des principes actifs, Pauline Degand refuse tout séchage forcé au four ou au déshydrateur. «Les plantes prennent le temps nécessaire pour sécher naturellement à l'abri de la lumière, un processus qui peut varier de deux jours à deux semaines selon la teneur en eau de l'espèce.»
Son expertise, Pauline la tient d'un héritage familial transmis par sa grand-mère et sa mère fleuriste, mais aussi d'une formation continue exigeante. Elle a récemment validé un diplôme de phytothérapeute pour affiner ses connaissances et prévoit d'ouvrir un cabinet de consultation pour accompagner ses clients de manière plus personnalisée. «Je reste toutefois très claire sur sa pratique : Je ne suis pas médecin et s'attache à conseiller les bienfaits des plantes tout en alertant sur les contre-indications, notamment pour les personnes sous traitement médical lourd.» Elle cite souvent l'exemple du pissenlit, bénéfique pour les reins mais déconseillé en cas de calculs rénaux.
La gamme de produits proposés reflète cette quête de bien-être quotidien. Les infusions phares comme la Zen, la Digeste ou la Belle de Nuit répondent aux maux du siècle que sont le stress et l'insomnie. Pauline élabore également des remèdes plus rares, comme l'oxymel de thym, une macération ancestrale de vinaigre de cidre, de miel et de thym dont les origines remontent à la Grèce antique. Elle propose aussi des bâtons de fumigation pour la purification intérieure et des macérats huileux destinés à soulager les problèmes de peau comme l'eczéma ou le psoriasis.
Le projet de Pauline Degand, bien qu'autofinancé en grande partie, bénéficie du soutien de la Région et du Département de l'Oise. Elle travaille aujourd'hui en réseau avec d'autres producteurs locaux et fournit des restaurants gastronomiques ainsi que des collèges en mélanges d'aromates pour la cuisine. Pour l'avenir, elle imagine une exploitation plus structurée, avec l'embauche d'un salarié et le développement de nouveaux produits comme des vins médicinaux issus de macérations de plantes dans des vins biologiques.
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