Les entreprises prestataires de services confortent leur position
Malgré une année 2024 difficile, les entreprises de travaux agricoles, ruraux et forestiers (ETARF) poursuivent leur développement et s’ancrent dans les territoires. Elles plaident à nouveau pour une baisse du suréquipement des agriculteurs.

En cinq ans, les entreprises spécialisées dans les travaux agricoles, ruraux et forestiers ont vu leur nombre croître de 8% pour dépasser le chiffre de 22 700 en 2024. C’est surtout les secteurs agricoles et viticoles qui ont tiré cette progression alors que les travaux forestiers enregistraient en revanche un léger repli de 1,3% ces deux dernières années. Pourtant, 70% des tâches sylvicoles et de reboisement restent encore confiées à des ETARF.
Ces presque 23.000 entreprises emploient 170.000 salariés et génèrent un chiffre d’affaires de près de
9 milliards d’euros (Md€). 6,8 Md€ dans le secteur de l’agriculture, 2,2 Md€ dans les travaux forestiers et ruraux. Ce recul des travaux forestiers s’explique par les intempéries qui ont freiné l’accès aux parcelles et aussi par des incertitudes réglementaires. Une tendance paradoxale au moment où la forêt doit s’adapter au changement climatique selon la stratégie nationale bas carbone (SNBC) et donc accentuer ses reboisements. La progression de la part des travaux agricoles s’explique par une donnée simple :
la baisse des effectifs et du nombre d’agriculteurs alors que les surfaces à travailler restent les mêmes. Résultat : les exploitants agricoles ont besoin de main-d’oeuvre, surtout ceux qui sont en polyculture-élevage.
De plus en plus d’éleveurs se concentrent sur l’élevage et font effectuer le travail de culture aux ETA. Aujourd’hui, 70% des exploitations agricoles font appel à des entreprises et 80% d’entre elles sont des fermes laitières.
Professionnalisation
Cette croissance entraîne une professionnalisation de ces entreprises. Sur ces 22 700 en activité, 11.500 ont du personnel, les autres reposent sur une seule personne. En dix ans, le nombre de CDI est passé de 26.000 à 36.000, avec des compétences élargies. Des notions d’agronomie, mais aussi des connaissances informatiques et des capacités à être autonome. Le nombre de CDD est également en croissance de 46 % en cinq ans.
Tous ces personnels bénéficient d’une convention collective nationale. Les salaires ont crû de 37 % ces cinq dernières années à comparer aux 14 % du Smic. «On veut attirer des compétences donc les salaires suivent», explique Philippe Largeau, président de la Fédération nationale entrepreneurs des territoires (FNEDT) : «c’est une profession difficile, surtout en matière de pénibilité et avec des horaires élastiques». L’année 2024 a été très compliquée en raison des conditions climatiques. «On est les oubliés des intempéries», souligne Frédéric Jan, vice-président de la FNEDT. «L’année 2025 est meilleure, on conforte les chiffres d’affaires, mais le moral n’est pas au beau fixe, surtout avec la situation politique», poursuit-il.
À cela, il faut ajouter les nombreux actes de vandalisme en forêt. En trois ans, 150 machines ont été saccagées, sans compter les agressions et les insultes. «On travaille pourtant dans le respect de l’environnement», déclare Philippe Largeau. Les vols de GPS se multiplient. Du matériel dont le prix peut s’élever à 15.000 € pièce. «C’est un fléau, un sujet très sensible», explique-t-il, «En Nouvelle-Aquitaine, nous avons une convention avec la gendarmerie, le ministère de l’Intérieur est à l’écoute, mais pour l’instant, il n’y a pas de retour.»
Observatoire national du machinisme agricole
Enfin, les représentants de ces entreprises du territoire sont revenus sur le poids des agroéquipements dans la comptabilité des exploitations. «Un sujet fort, surtout depuis 2020, date depuis laquelle les prix ont flambé de 25 à 40 %. Les charges de mécanisation sont très élevées en France en comparaison des autres pays européens. Il faut les baisser si l’on veut aider le monde agricole à se désendetter et conserver du revenu. Il faut arrêter de subventionner ce matériel qui ne bénéficie pas aux agriculteurs mais aux banques et aux concessionnaires», explique la FNEDT.
Le marché de l’agroéquipement s’élève à 12 Md€. Le tiers de cet investissement est d’ailleurs le fait des ETARF. À cet égard, Philippe Largeau a demandé «la mise en place d’un Observatoire national du machinisme agricole. Un observatoire qui permettrait d’avoir une vision précise du parc de machines en France et de leur taux d’utilisation. Il faut inciter les aides à l’usage et non aux machines». Le congrès national de le FNEDT se tiendra du 11 au 13 mars 2026 au Futuroscope à Poitiers.
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