Un début d’automne satisfaisant
La météo semble avoir régulé le marché des fruits et légumes en ce début de saison automnale. Point de situation sur ce marché toujours dynamique.

Le climat automnal du mois d’octobre a permis une transition en douceur entre les produits estivaux et les fruits et légumes de saison. Ainsi, la fin des campagnes de melon et de prune a permis une meilleure mise en avant de la poire et de la pomme. En pomme, les prévisions de récolte sont revues à la baisse. La production devrait accuser un déficit de - 18 % par rapport à la campagne précédente. Malgré une offre déficitaire et une diversité variétale en augmentation, la demande reste peu élevée alors que le climat est favorable à la consommation de pommes. Dans ce contexte, certains opérateurs préfèrent stocker en frigos, dans l’attente d’une conjoncture plus favorable. Ainsi, la faiblesse de l’offre permet de maintenir une stabilité des cours. À l’inverse, la poire bénéficie d’une bonne demande. La transition entre les variétés d’été (Guyot et Williams) et celles d’automne (Conférence, Comice…) s’est opérée naturellement au début du mois. Le climat froid a permis de renforcer l’intérêt et la demande pour ce fruit, même si les achats ont quelques peu ralentis à l’approche des vacances scolaires.
Une demande toujours présente
Concernant les productions maraîchères, la tomate est en fin de campagne. La demande est faible, notamment en raison de la météo. Mais grâce à une offre limitée et à une concurrence européenne faible, les cours se maintiennent à un bon niveau de valorisation. Le marché du poireau se redynamise grâce à la baisse du thermomètre. Sur les deux premières semaines, l’offre est déficitaire face à une forte demande, et les prix augmentent fortement, jusqu’à devenir, dans certains cas, dissuasifs. L’approche des vacances, et la mise en place de nouvelles mesures sanitaires, se traduisent par une baisse des cours.
En carotte, le climat a permis une augmentation du calibre et des rendements. Le schéma est le même que pour le poireau : la demande augmente avec l’arrivée du froid, puis baisse avec les vacances. Dès lors, la consommation faiblit et les prix reculent. En salade, la météo du début du mois limite l’offre : la chute des températures et l’allongement des nuits ralentissent le développement des plants. La présence d’un champignon parasite (le pythium) dans certaines régions affecte également les rendements. Comme la demande reste présente, la faiblesse de l’offre permet de maintenir un commerce fluide et les cours sont en augmentation. Dans la deuxième partie du mois, la transition entre les cultures de plein champ et celles sous abris s’opère sans difficultés.
Asperges : une campagne 2020 mouvementée
Le début de campagne asperges a été très précoce. Les premiers volumes du Sud-Ouest ont été commercialisés début février. La consommation n’était pas prête et les lignes GMS n’étaient pas ouvertes. Début mars les cotations à l’expédition avoisinaient les 13 E le kilo puis ont flanché à partir d’avril à 4,6 E le kilo, en raison d’importants volumes de production. L’asperge était déclarée en crise conjoncturelle dès le début de mois de mai. Les producteurs ont été contraints de réduire leurs volumes (broyage, distribution gratuite…) et les prix sont remontés.
L’AOPn Asperge de France (30 % des volumes nationaux) a alors lancé un appel à soutien aux GMS pour qu’elles ouvrent leurs lignes aux asperges made in France. Les GMS ont joué le jeu, ce qui a entraîné une belle fin de campagne et une remontée des prix (6,82 E/kg) en asperge blanche calibre 16-22 et finalement une bonne maîtrise des cours. La consommation française représente 28 à 30 000 t, composée pour un tiers d’importation. Selon le panel Kantar cette consommation a progressé de 13 % sur un an en vrac et préemballé en lien avec le confinement de mars-avril. Les exportations oscillent à 4 500 t. Les asperges françaises vont vers la Suisse (75 %), l’Italie (14 %), le Benelux (4 %) et l’Allemagne (2 %) en hausse de 40 % sur un an. Les prévisions en 2021 font état de surfaces stables, voire en baisse, liée au renouvellement des générations des producteurs.
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