Une assemblée générale marquante dans l'histoire de Valfrance
Présidée par Christophe Grison, la coopérative Valfrance a tenu son assemblée générale le mardi 13 janvier à Meaux.

L'assemblée générale de Valfrance, le mardi 13 janvier au Colisée de Meaux, est un rendez-vous incontournable qui permet chaque année de partager la vision, les ambitions et les grandes orientations stratégiques de la coopérative. Lors de la table ronde animée par les membres de la direction aux côtés du président Christophe Grison, plusieurs sujets ont été abordés : le bilan de la moisson dans un contexte exigeant et contrasté, la question des engrais, un enjeu central tant sur les plans économiques qu'agronomiques et l'innovation digitale, levier stratégique au service de la performance et de l'accompagnement des agriculteurs.
Cette assemblée générale a également été l'occasion de dresser le bilan de l'exercice 2024-2025 de la coopérative qui compte près de 1.400 sociétaires. La collecte s'est élevée à 638.500 t, dont 6.500 en agriculture biologique. La collecte est en baisse suite à une récolte en chute de 20 à 45 % selon les zones. Cette baisse de collecte est encore plus forte en agriculture biologique qui cumule rendement en baisse et déconversions.
Le chiffre d'affaires total se monte à 287 millions d'euros et le résultat net consolidé à 0,5 million d'euros. La collecte en retrait et les prix des céréales à la peine expliquent ce résultat qui est le reflet de celui des exploitations agricoles.
Le rôle d'une coopérative étant de savoir anticiper avec des moyens financiers et d'accompagner les sociétaires dans un contexte compliqué, la coopérative a rémunéré les sociétaires à hauteur de 3,7 millions d'EUR dont 1,3 de prime fidélité et 1,1 de primes de multiplication.
Parmi les investissements mis en exergue, un gros volet sécurité, un nouveau silo pour alimenter le moulin de Verneuil-l'Etang et un projet structurant à Coulommes qui accompagne l'arrêt des sites de Fublaines et Crécy-la-Chapelle. «Pour ce dernier dossier, le volet administratif est quasi fini. La suite peut s'enclencher. Les Français aiment leur agriculture au salon mais le parcours pour monter un projet est semé d'embûches et engendre des peurs. Il apparaît difficile de construire des silos notamment avec le mot engrais», a précisé le directeur Laurent Vittoz.
Cette assemblée générale a été marquée par une étape forte pour la coopérative qui s'est vue remettre le trophée du niveau exemplaire de l'Afnor (le plus haut degré d'exigence décerné par cet organisme) pour sa démarche RSE (responsabilité sociétale des entreprises). C'est une véritable reconnaissance nationale de l'engagement mené depuis plusieurs années aux côtés des sociétaires et des collaborateurs. Pour rappel, la coopérative est engagée dans une démarche RSE structurée, volontariste et collective.
La CSRD (directive européenne sur la publication d'informations en matière de durabilité) a également été présentée comme la continuité naturelle de la culture RSE de Valfrance. Elle permet de réaffirmer l'importance de la transparence, de la responsabilité et de la structuration extra-financière dans la stratégie globale de la coopérative.
Enfin, un temps fort a été consacré à l'humain, avec notamment la question du renouvellement des générations, enjeu majeur du monde agricole. «La cathédrale Notre-Dame a pu renaître grâce aux collectes et à des fondations solides. Ces dernières sont aussi valables pour Valfrance qui a des bases et des fondations solides et bien ancrées», a insisté le directeur. Enfin, suite à une assemblée générale extraordinaire, Valfrance franchit une nouvelle étape structurante de son histoire et prend le statut de société coopérative à mission (voir encadré).
À l'issue de la partie statutaire, Christian de Saint-Étienne, économiste et auteur de Trump et nous, comment sauver la France et l'Europe, a replacé les enjeux agricoles dans un contexte plus large de souveraineté européenne, de compétitivité économique et de transformations géopolitiques. Il a notamment souligné la nécessité de renforcer la puissance industrielle, alimentaire et technologique de l'Europe, rappelant combien l'agriculture constitue un pilier stratégique pour la stabilité, la sécurité et l'avenir de nos territoires.
Cette assemblée générale 2026 restera comme une édition marquante de l'histoire de Valfrance. Entre reconnaissance nationale, nouveau statut de coopérative à mission, vision stratégique claire et engagement renforcé auprès de ses sociétaires. «Valfrance, coopérative de proximité a toujours pris de l'avance pour servir au mieux ses sociétaires et collaborateurs. Cultivons cette chance. La chance de décider pour nous-même et pour le compte de nos agriculteurs, la chance de façonner notre avenir agricole local», a conclu le président.
Un nouveau statut
«Ancrer dans nos statuts nos valeurs, notre raison d'être et notre utilité, afin de rappeler ce pourquoi nous existons : donner encore plus de sens à notre action et marquer durablement l'histoire de Valfrance», tel est selon un communiqué de la coopérative les raisons du changement de statut de la structure qui devient coopérative à mission. Elle repose sur quatre objectifs statutaires simples, clairs (eux-mêmes se déclinant en objectifs opérationnels ambitieux mais réalistes), qui guideront l'ensemble de nos actions au quotidien. Le tout étant contrôlé régulièrement par un organisme tiers indépendant et un comité de mission. «Avec ce nouveau statut, Valfrance confirme son ambition : être une coopérative utile, engagée, visionnaire et pleinement actrice de son territoire. Non seulement elle le dit, mais elle le scelle dans ses statuts».
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