Sodiaal présente ses acquis et perspectives
Cours mondiaux, perspectives pour 2026, choix stratégiques… Sodiaal a dressé vendredi 30 janvier à la Chambre d’agriculture de Saint-Laurent-Blangy et devant ses partenaires son bilan en demi-teinte.

Avec ses 14.000 éleveurs à travers l’Hexagone, la coopérative Sodiaal occupe une place de premier plan sur le marché des produits laitiers en France. Vendredi 30 janvier, la coopérative a tenu sa réunion régionale à Saint-Laurent-Blangy.
L’occasion de parler «marchés» et «initiatives» pour valoriser le lait français et défendre le modèle coopératif qui réunit sur la zone nord de France 1.059 exploitations, 1.908 éleveurs, emploie 590 salariés et est le premier collecteur régional avec 666 millions de litres de lait.
«Une conjoncture qui sera difficile en 2026»
«C’est du jamais vu, une augmentation dans toutes les régions du monde.» Ce dont parle Anne-Sophie Delassus présidente du conseil de région nord de la coopérative Sodiaal, c’est de la situation sur le marché du lait. Ces derniers mois, la production de lait n’a cessé de croître. «Très peu d’acteurs de la filière laitière s’attendaient à une hausse. On est sur une crise conjoncturelle.»
Une situation qui laisse craindre, si elle perdure, une chute du prix du lait à l’échelle internationale et un découragement à l’installation. L’impact se fait déjà ressentir. «On a connu jusqu’à 8 000 € la tonne de beurre, le prix s’est stabilisé à 4.000 €», relève Anne-Sophie Delassus. Avant de reprendre : «Personne ne sait comment va évoluer le cours du lait, on a des inconnues comme la DNC, ça dépendra de l’année fourragère, tout peut très vite arriver en élevage». Seule certitude, avance la coopérative, la stabilité des coûts de production pour les éleveurs. Pour 2026, les producteurs laitiers pourront compter sur la poursuite de la demande chez la grande distribution. «La consommation de produits laitiers reste stable malgré l’inflation, rassure la présidente. L’enjeu pour début 2026 portera sur la demande d’une hausse de prix à la grande distribution (GMS) lors des futures négociations.»
«Quelques réussites»
Côté bilan, on retiendra le niveau exceptionnel du prix du lait. «On a connu un prix du lait qui est historique pour la coopérative. Mais qui est une juste rémunération pour les éleveurs», précise celle qui est aussi agricultrice. De 281 € les 1.000 litres en 2016, la rémunération pour 2025 est évalué à 468 € les 1.000 litres de lait.
Sodiaal peut aussi se targuer d’autres réussites, dont son partenariat entre Nutribio, la filiale de laits infantiles, et le Danois Arla pour produire ses laits infantiles, pour avancer sur le marché chinois, notamment. Également dans la liste, la croissance des ventes de skyr, ce fromage blanc islandais riche en protéines et sans matière grasse. Et, sans oublier le développement de la diffusion des produits au Royaume-Uni. «On a aussi une très bonne performance sur la valorisation de la matière grasse : avant, on en faisait du beurre qui était vendu au prix du marché. Maintenant, on la transforme en crème premium destinée à l’export.»
Miser sur le made in France
Afin de s’ancrer toujours plus sur le marché intérieur, la coopérative entend jouer sur l’affect des consommateurs. «Oui au lait de notre coopérative d’éleveurs.» C’est le slogan que Sodiaal souhaite placer «en grand» sur tous ses emballages. «On veut sensibiliser le client, lui signifier que l’achat d’un produit français, qui plus est rémunéré à un prix juste, est un acte militant», complète Jérémy Vimbert, président de la section Normandie chez Sodiaal, faisant le parallèle avec le lancement fin 2024 du collectif de l’emmental français alors qu’un emmental sur quatre n’est pas issu de lait français et n’est pas produit en France. Pour cela, Sodiaal mise sur ses vingt marques certifiées AOP et IGP et des produits «présents dans 91 % des foyers français».
Le marché du bio repart
Parmi les bonnes nouvelles notables soulignées lors de la réunion du 30 janvier : le marché du bio. «On a des raisons d’y croire, car la baisse des ventes ralentit, et le marché du frais repart à la hausse, exprime Clément Coussement, producteur de lait bio dans l’Oise. On a connu un pic à 800 producteurs bio chez Sodiaal, actuellement nous sommes 610 en France.»
Clément Coussement se félicite du partenariat de la coopérative avec le groupe laitier danois Arla. «Cet accord nous permettra d’écouler une importante partie du lait bio avec une très bonne valorisation. Environ 20 % du lait bio Sodiaal seront valorisés par Arla.» À l’heure actuelle, les 1.000 litres de lait bio s’échangent autour de 500 €.
Soit un bon d’environ 18 € sur 1.000 litres pour 2025 par rapport à 2024.
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