L'Oise Agricole 16 juillet 2026 a 08h00 | Par Dominique Lapeyre-Cavé

Une récolte 2026 qui finira sans doute dans la moyenne quinquennale

En ce mercredi 15 juillet, plus de 90 % des surfaces ont sans doute été collectées dans l’Oise. Que ce soit chez Agora, Valfrance ou à l’Ucac, 2026 sera vraisemblablement dans le moyenne des cinq dernières années, dans l’attente des résultats finaux.

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- © Stéphane Leitenberger

«Ce qui caractérise cette moisson 2026, c’est d’abord sa précocité, consécutive aux fortes chaleurs de fin mai et de juin, couplées à des faibles pluies, entame Thomas Taldir, responsable du pôle céréales chez Agora. Et puis tout s’est enchaîné entre les escourgeons, les blés et les colzas : nous n’avons connu qu’une seule journée d’interruption et tout est quasiment récolté aujourd’hui, du jamais-vu !» 
«Ce 15 juillet, sur les 410.000 tonnes attendues, plus de 390.000 ont été collectées chez Valfrance», confirme Laurent Vittoz, le directeur.
Les orges d’hiver ont déçu chez Agora, où elles sont estimées à 75 q/ha, en deça de la moyenne quinquennale. Même son de cloche à l’Ucac où le directeur, Denis Grison, annonce une moyenne équivalente, «pas bonne». Chez Valfrance, déception identique : Laurent Vittoz évoque même une moyenne 2026 inférieure de 10 %.
Pour les orges de printemps, l’hétérogénéité est particulièrement forte et celles semées au printemps décrochent particulièrement : un faible rendement, un taux de protéines élevé et un calibrage faible chez Valfrance où «il y aura du travail à faire pour remonter le calibrage en normes brassicoles, mais ce travail ne se fera que si la prime brassicole le paie», tient à préciser le directeur.
Chez Agora, Thomas Taldir confirme que les orges de printemsp semées à l’automne tirent leur épingle du jeu, avec un rendement décevant, mais une qualité préservée qui devrait permettre une orientation brassicole. 
Les colzas constituent la bonne surprise de l’année pour Thomas Tardir. «Les rendements sont bons à très bons, avec une moyenne de 40 q/ha à confirmer, mais certains agriculteurs sont montés jusqu’à 50 q/ha !» Pour l’Ucac, Denis Grison estime la moyenne entre 40 et 45 q/ha, «ce qui est très bien».
Par contre, chez Valfrance, le rendement devrait être inférieur à celui de 2025, mais finalement dans la moyenne, entre 35 et 40 q/ha. 

Belle qualité en blés
Enfin, les blés sont plus que jamais hétérogènes selon les variétés, les types de sol, le niveau des précipitations reçues, «de 50 à 100 q/ha» selon Denis Grison.
«On était très inquiet pour les blés et, au final, ce n’est pas si mal que ça, ce sera une année moyenne autour de 83-85 q/ha, à confirmer avec les dernières livraisons des adhérents», confie Laurent Vittoz.
Chez Agora, la moyenne devrait être du même ordre, autour de 80-82 q/ha, avec du très bon et du très mauvais.
Ce qui va sauver la récolte du blé, c’est sa bonne qualité : des PS de 79 ou 80, des taux de protéines autour de 11,4 ou 11,3. La récolte 2026 ne devrait donc pas rencontrer des difficultés de commercialisation. «La qualité meunière est au rendez-vous», affirme Laurent Vittoz ; également un motif de satisfaction pour Denis Grison à l’Ucac. Restent les pois et féveroles dont les surfaces anecdotiques ne permettent pas encore de tirer des résultats précis.
Par contre, les coopératives s’inquiètent déjà pour les tournesols et particulièrement pour les maïs grain qui souffrent des effets conjugués des fortes températures et du manque criant de pluies. «Nous avons fait le point avec Arvalis pour qui la situation n’est pas désespérée si des précipitations interviennent avant le 20 juillet», veut croire Laurent Vittoz. Agora anticipe déjà une baisse de collecte de 50 % et l’Ucac des pertes sur l’année.
Il est vrai qu’à cette heure, les prévisions météorologiques n’annoncent que de faibles précipitations pour cette fin de semaine et  une baisse relative des températures qui devraient rester quand même entre 25 et 30°C. 
Pas de quoi rassurer les agriculteurs dont la récolte prometteuse de mai a vu son potentiel fondre en même temps que le thermomètre montait et la pluie se faisait rare, ou trop violente.

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