L'Oise Agricole 26 septembre 2019 à 10h00 | Par Agence de presse

Brexit : Bruxelles veut encore croire à un accord

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, s’est de nouveau inquiété, le 18 septembre au Parlement européen, du «risque qui reste très réel d’un no deal» dans les négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE.

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Un nouvel accord autour de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne reste attendu le 17 octobre.
Un nouvel accord autour de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne reste attendu le 17 octobre. - © pixabay

Ce Brexit sans accord «sera peut-être le choix du gouvernement du Royaume-Uni, mais ce ne sera jamais le choix de l’Union européenne», a-t-il affirmé. Le Royaume-Uni espère progresser suffisamment dans les discussions pour finaliser un nouvel accord lors du sommet européen du 17 octobre. Mais tout éventuel nouvel accord avec Londres ne pourra entrer en vigueur sans l’aval du Parlement européen. Les eurodéputés ont voté massivement le même jour une résolution sur le Brexit, soulignant que «le Royaume-Uni sera le seul responsable d’un départ sans accord». Le texte réaffirme que l’accord déjà négocié est «juste et équilibré», et souligne qu’un nouveau report du Brexit ne sera soutenu que si «des raisons et un objectif valables existent».

Des augmentations de prix redoutées

Le gouvernement britannique a été obligé de rendre public le 12 septembre un document préparant les scénarios en cas de sortie du Royaume-Uni sans accord. Ce rapport, connu sous le nom de code “Operation Yellowhammer”, décrit la future relation entre le Royaume-Uni et l’UE comme «hostile». Il prévoit des contrôles obligatoires sur les marchandises britanniques dès le premier jour de la sortie du Royaume-Uni de l’UE en l’absence d’accord. Entre 50 et 85 % des poids lourds transitant par le détroit de la Manche ne sont peut-être pas prêts pour la douane française, le trafic pourrait donc être réduit de 40 à 60 %, avec des délais supplémentaires compris entre 1,5 et 2,5 jours, indique ce travail d’experts. Et, préviennent-ils, «le secteur agroalimentaire sera le plus durement touché, étant donné qu’il dépend de chaînes d’approvisionnement transfrontalières hautement intégrées». «Certains types d’approvisionnement en aliments frais diminueront», soulignent-ils, mettant en garde contre le «risque de panique qui pourrait exacerber la perturbation de l’approvisionnement alimentaire». Un scénario sans accord «réduirait la disponibilité et le choix des produits et augmenterait les prix», assure ce rapport.

Un tiers des fermes irlandaises menacées en cas de Brexit sans accord

Un Brexit sans accord pourrait faire disparaître environ un tiers des exploitations agricoles en Irlande en raison notamment d’une potentielle hausse brutale des taxes douanières, a prévenu le 17 septembre la banque centrale irlandaise. «Environ un tiers des exploitations agricoles sont classées comme vulnérables économiquement», écrit l’institution financière. «N’importe quel nouveau choc négatif, même moins important que le Brexit, révèlerait les faiblesses du secteur», selon la banque centrale. Selon les chiffres du ministère irlandais de l’agriculture, le Royaume-Uni capte 38 % des exportations agroalimentaires irlandaises. Mais en cas de sortie sans accord le 31 octobre, date prévue du Brexit, les échanges commerciaux entre le Royaume-Uni et l’UE devraient suivre les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), ce qui passera par le rétablissement de droits de douane et autres formalités administratives. Les tarifs douaniers sur la viande atteindraient presque 50 % selon la banque centrale, ce qui rendraient les producteurs de boeuf irlandais «particulièrement exposés au Brexit».

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