L'Oise Agricole 14 novembre 2019 à 11h00 | Par Agence de presse

Des signaux positifs pour les négociations à venir

Si les tensions autour des négociations commerciales sont toujours vives entre la grande distribution et leurs fournisseurs, il semblerait que le dialogue se soit ouvert grâce aux États généraux de l’alimentation.

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Industriels, marques, PME et coopératives reconnaissent aujourd’hui des améliorations de bon augure pour les futures négociations commerciales.
Industriels, marques, PME et coopératives reconnaissent aujourd’hui des améliorations de bon augure pour les futures négociations commerciales. - © Pixabay

«Oui, mais...» La réponse des industries agroalimentaires est souvent la même. Oui, il y a des améliorations dans les comportements des distributeurs. Mais, il ne faudrait pas s’en réjouir trop vite, et aller plus loin. Pourtant depuis le début des États généraux de l’alimentation en 2017, qui a débouché sur la loi éponyme fin 2018, les sujets de discussion se sont multipliés. Aboutissant parfois à des conclusions opérationnelles. C’est le cas pour les pénalités logistiques. Au sein de la commission d’examen des pratiques commerciales (CEPC), industriels et distributeurs se sont mis d’accord sur un guide des bonnes pratiques. Certes, l’aide des pouvoirs publics n’y a pas été pour rien. «Il y a une volonté forte des pouvoirs publics de mettre fin à la facturation de pénalités abusives», rappelle Valérie Weil-Lancry, directrice juridique en charge des relations commerciales à l’Ania, la fédération des industries agroalimentaires.

Vers une baisse du taux de service

«Sur les pénalités logistiques, au global cela progresse, même si nous observons malheureusement encore l’application de pénalités de manière automatique», observe l’Ania. Un constat que partage Richard Panquiault, directeur de l’Ilec, l’association représentant les grandes marques :

«Sur les pénalités logistiques, il y a une réelle amélioration des conditions. Des distributeurs admettent qu’un taux de service à 100 % (c’est-à-dire aucune marge d’erreur tolérée pour le fournisseur, ndlr) n’est pas raisonnable.» Un taux de 100 % signifie que l’ensemble des commandes doivent être livrées dans les délais prévus sans qu’aucun retard ne soit toléré pour tenir compte de possibles incidents sur la chaîne d’approvisionnement. Selon des sources concordantes, Leclerc a prévu de fixer un taux de service dans ses prochaines conditions d’achats. Jusque-là, il n’en mentionnait aucun, ce qui équivalait à appliquer un taux de service de 100 %. Il serait de 98,5 %. «C’est un super signal», s’enthousiasme le directeur de l’Ilec.

Objectiver les bases de discussions

Un deuxième signal positif pour les négociations commerciales à venir est l’observatoire des négociations commerciales, placé sous l’égide du médiateur des relations commerciales agricoles. Chacun se sait désormais observé. Il va devenir de plus en plus difficile pour les industriels et les distributeurs de camper sur des positions diamétralement opposées, se rejetant chacun la faute. Chaque année, à l’issue des rounds annuels, l’observatoire chiffrera si les négociations se sont finalisées à la hausse ou à la baisse. «Comme nous l’avons construit ensemble avec les distributeurs, cela donne de la légitimité», insiste Valérie Weil-Lancry. Et «au-delà d’objectiver les données, cela a permis aux différents acteurs de se parler», ajoute-t-elle. «Cela contribue à objectiver les débats, les bases de négociation. Maintenant, nous nous demandons ensemble si la déflation – ou l’inflation – est justifiée, et non plus s’il y a deflation ou inflation», se réjouit Richard Panquiault.

Les comportements évoluent

Sur les négociations commerciales en elles-mêmes, industriels, marques, PME et coopératives notent des améliorations. «Il y a des points positifs, une volonté de discuter de la part des distributeurs», assure le directeur de l’Ilec. «Le bilan des négociations commerciales 2019 n’est toujours pas satisfaisant, même si nous avons noté une amélioration du point de vue du comportement, pour certains distributeurs et pour certaines filières», observe l’Ania. «Des distributeurs acceptent de discuter de la qualité, de la rémunération des agriculteurs et non plus uniquement du prix», observe Dominique Chargé, président de Coop de France. Mais, pour les fournisseurs, ces progrès ne sont que des petits pas. «Des choses ont changé, mais trop peu. Des enseignes ont amélioré leur comportement, mais dans la pratique peu de volumes sont encore concernés», tempère Dominique Chargé. «La commission d’enquête parlementaire sur les pratiques de la GMS a pu être ressentie violemment par les distributeurs, témoigne Valérie Weil-Lancry. Cela permettra, nous l’espérons, une prise de conscience et la remise en cause de certains comportements pour les négociations 2020.»

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