L'Oise Agricole 27 août 2020 à 11h00 | Par actuagri

Élevage de canards : L214 dénonce, l’interprofession condamne

Après la diffusion par L214 d’une vidéo dénonçant les conditions d’élevage dans une exploitation avicole du sud-ouest, le ministère de l’Agriculture veut faire preuve de fermeté, sans jeter le discrédit sur toute une filière.

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Le 20 août, L214 a diffusé une vidéo dans laquelle elle dénonçait une situation «totalement hors de contrôle» dans un des bâtiments d’un exploitant, situé à Lichos (64) et abritant des canards reproducteurs pour le foie gras.
Le 20 août, L214 a diffusé une vidéo dans laquelle elle dénonçait une situation «totalement hors de contrôle» dans un des bâtiments d’un exploitant, situé à Lichos (64) et abritant des canards reproducteurs pour le foie gras. - © L214

«Par contrôles complémentaires à ma demande, ce n’est pas un mais trois sites du même exploitant qui sont fermés à Lichos et dans les Landes», a annoncé le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie sur Twitter le 21 août. La veille, L214 avait diffusé une vidéo dans laquelle elle dénonçait une situation «totalement hors de contrôle» dans un des bâtiments de cet exploitant, situé à Lichos (64) et abritant des canards reproducteurs pour le foie gras : canards vivants côtoyant des animaux «morts en état de putréfaction, parfois même à l’état de squelettes», sol «recouvert d’une couche de 15 cm d’excréments», etc. «Ce flot de déjections s’écoule également à l’extérieur, à proximité d’un cours d’eau classé Natura 2000», précise l’association. Dès que «le ministère (…) a eu connaissance [de ces informations] le 19 août», il a « immédiatement » demandé une enquête à la préfecture, qui a confirmé «certains manquements à la réglementation», d’après un communiqué du ministère de l’Agriculture.

Fermetures de sites

En conséquence, le 20 août, la préfecture des Pyrénées-Atlantiques a annoncé «l’interdiction totale et immédiate d’exploiter (…) jusqu’à sa remise aux normes» pour ce bâtiment, avant de «suspendre toute activité sur ce site» le lendemain. Un vétérinaire qui s’était aussi rendu sur place le 20 août avait «examiné dans le détail l’état des animaux», afin «de prendre les mesures de sauvegarde nécessaires». Après avoir poursuivi les investigations, les enquêteurs ont en effet «constaté d’autres non-conformités au plan sanitaire et en matière de protection animale». De son côté, la préfecture des Landes a mené des «contrôles complémentaires sur des sites identifiés appartenant au même exploitant». Dans un communiqué du 21 août, elle indique avoir découvert et fait fermé un «site non déclaré» et un «site déclaré sans activité mais dont l’état d’abandon fait peser des risques sanitaires et pour l’environnement». Enfin, d’après la préfecture des Pyrénées-Atlantiques, «une action pénale [contre l’exploitant] est également ouverte pour des délits envers les animaux».

Des pratiques indignes selon l’interprofession

L’association L214 s’est quant à elle vu adresser une fin de non-recevoir à sa demande d’ «un audit de l’ensemble des élevages de canards reproducteurs et couvoirs de la filière foie gras» par la Rue de Varenne, pour qui «il faut lutter contre ces cas isolés mais, en aucun cas, jeter le discrédit sur toute une filière». Président du Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog), Michel Frichet s’est dit quant à lui «en colère» et a témoigné de son «indignation». «On ne s’imagine pas que de telles conditions d’exploitation puissent exister», a-t-il dit. Et d’ajouter que l’organisation qu’il préside se «désolidarise totalement de ce type d’élevage» en condamnant «avec la plus grande fermeté ces pratiques indignes. Elles ne reflètent en rien les méthodes de

Bien-être animal : les Français pour «une meilleure prise en compte»

Selon un sondage IFOP réalisé pour le compte de la Fondation Brigitte Bardot et rendu public le 19 août, les Français souhaitent, dans une grande majorité, que les questions du bien-être animal, sous toutes ses formes, soient mieux prises en compte. Ainsi, à la question : «Seriez-vous favorable à rendre obligatoire un accès extérieur, pour tous les animaux d’élevage, dans un délai de dix ans ?», pas moins de 91 % des sondés se déclarent «favorables» à cette mesure, 60 % se disant même «très favorables». À la question, «Seriez-vous favorable ou opposé à ce qu’en France, on rende obligatoire, en toute circonstance, l’étourdissement des animaux de boucherie avant leur abattage ?», 86 % des sondés répondent par l’affirmative.

Dans le même sondage qui a été réalisé auprès d’un échantillon de 1 009 personnes représentatif de la population française entre le 5 et le 7 août, ils sont 82 % à s’opposer à la chasse à courre et 73 % à partager l’idée d’aider les cirques à organiser des spectacles sans animaux sauvages. La même proportion est prête à soutenir l’interdiction de l’expérimentation animale dans un délai de dix ans. À la question : «En France, plus de 80 % des animaux sont élevés dans des conditions (cages, bâtiments fermés sans accès extérieurs) qui ne répondent pas à leurs besoins. Seriez-vous favorable ou opposé à l’interdiction en France de l’élevage en cages dans un délai de cinq ans ?», 82 % des personnes interrogées répondent qu’elles sont favorables et 18 % opposées.

Interrogé par le quotidien Le Monde, le chercheur en sciences politiques, Christophe Traïni (IEP Aix-en-Provence), indique que ce sondage informe aussi «sur la manière dont la Fondation Bardot formalise ses revendications et s’applique à les rendre visibles au sein de l’espace public». Il explique également que «les réseaux militants ont participé à la diffusion des idées antispécistes, forgées dans les milieux universitaires anglosaxons» et que «les fédérations de professionnels, de la filière viande ou de la chasse, exercent une contre-mobilisation» face aux actions des organisations animalistes.

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