L'Oise Agricole 01 juin 2019 à 11h00 | Par Gaëtane Trichet

La MSA veut rester l'opérateur de référence sur les territoires ruraux

L'assemblée générale de la MSA a eu lieu le 21 mai dernier. L'occasion de rappeler les actions mises en place pour les adhérents et d'inviter à voter massivement lors des prochaines élections MSA en 2020.

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Antoine Niay, président de la MSA de Picardie a remercié les délégués pour ces cinq années passées au sein du Conseil d'Administration avec une volonté commune d'être à l'écoute et d'apporter un service de qualité à nos adhérents de Picardie.
Antoine Niay, président de la MSA de Picardie a remercié les délégués pour ces cinq années passées au sein du Conseil d'Administration avec une volonté commune d'être à l'écoute et d'apporter un service de qualité à nos adhérents de Picardie. - © Gaëtane Trichet

L'un des sujets importants pour la MSA est bien entendu les élections qui auront lieu en 2020 pour le renouvellement des délégués territoriaux.

Antoine Niay, président de la MSA de Picardie, a largement encouragé les agriculteurs à voter massivement. «Le 6 février 2020 au soir, nous connaîtrons les résultats de nos élections qui seront primordiales pour nous, pour notre avenir. En effet, que serait un régime de protection sociale qui ne serait pas plébiscité par sa base, qui verrait sa participation au vote se réduire ?» a-t'il expliqué, assurant mener une campagne de proximité, lui qui assure pouvoir atteindre un taux de 40 % de participation en Picardie.

«Le challenge est important mais pas inatteignable. Nous devons nous mobiliser, adhérents, délégués, administrateurs, partenaires, agents. Il nous faut aller chercher les voix qui vont conforter notre MSA Picardie. Si nous échouons nous courrons le risque de voir les négociations de la future convention d'objectifs et de gestion se durcir. Comment l'Etat apporterait il plus de crédit, plus d'écoute à un réseau qui ne parvient pas à mobiliser ses adhérents ? Nous ne pourrons plus faire face à une diminution des effectifs telle que nous l'avons connue, ni à une réduction de nos moyens financiers. Nous pouvons répondre à certaines attentes des Français qui vivent dans les territoires ruraux, leur apporter du service. L'Etat doit nous faire confiance et nous utiliser comme un laboratoire de la protection sociale pour tester des expérimentations rendues nécessaires par l'évolution de la société française».

Apporter plus de services ruraux

Le plan stratégique 2020-2025 sera adopté en juin 2019 par l'assemblée générale de la CCMSA. Le projet stratégique permettra de donner un cap à l'action des salariés de la MSA mais également aux délégués élus lors des prochaines élections. L'ambition de la MSA est axée sur la promotion de la structure dans la protection sociale de demain en investissant plus fortement les territoires ruraux et en mettant en oeuvre de nouvelles activités, toujours en se basant sur la qualité du service. «A la rentrée prochaine, nous mettrons en place à Vervins, dans l'Aisne, une maison de services au public, MSAP BY MSA, qui délivrera une offre de proximité à l'attention tous les publics, issus des régimes agricole et général. D'autres services seront proposés comme les demandes de cartes grises, etc. Dans le réseau, 35 MSAP BY MSA vont ainsi voir le jour. Nous allons réussir pour montrer à l'Etat que nous pouvons apporter du service public aux territoires les plus abandonnés. Ainsi à partir de 2020 nous pourrons en déployer davantage» s'est félicité Antoine Niay. Ces derniers mois ? «nous avons accompagné nos adhérents dans la mise en place du prélèvement à la source, la réforme de la prime d'activité. Ceux qui sont dans la peine, dans les difficultés ont pu bénéficier des dispositifs Horizon, de l'aide au répit, d'échéanciers de paiement, de prises en charge de cotisations».

Continuer l'accompagnement des secteurs en crise

«Les chemins de vie ne sont simples pour personne. Nous le voyons depuis la fin 2018 avec le mouvement des gilets jaunes qui a énoncé un certain nombre de difficultés rencontrées sur les territoires ruraux isolés et fragilisés» a expliqué le président avant de citer l'agriculture en exemple. «La chute du prix des betteraves est un autre exemple qui touche les agriculteurs qui se sont engagés dans cette culture qui jusqu'ici ne posait pas de problème. Je pourrai aussi citer la sécheresse qui a impacté notamment la production fourragère. Pour accompagner les secteurs en crise, nous disposons chaque année d'enveloppes financières à hauteur de 700.000 à 900.000 euros. Elles sont intégralement utilisées. L'économie mondiale impacte de plus en plus notre agriculture. Il nous faut nous adapter, être réactif, nous réinventer régulièrement. Nous devons faire face à de l'agribashing régulièrement et nous protéger et même nous défendre face à des lobbyings puissants. Dernièrement il a été décrété que nous ne devions plus manger de viande le lundi ! Jusqu'où accepterons-nous de nous voir dicter nos habitudes de vie ?» s'est-il insurgé.

Sortir de l'ornière Avenir Rural

Le président a également fait le point sur le devenir d'Avenir Rural, une association d'aide à domicile pour les retraités. «Elle s'est trouvée en grande difficulté financière et voilà bientôt deux ans que nous restructurons, réorganisons l'association avec pour objectif de garantir la continuité du service pour les personnes âgées qui vivent sur ces territoires ruraux fragilisés, et pour maintenir la centaine d'emplois en jeu. Nous regrettons parfois, que malgré un accueil des plus sympathiques du Conseil départemental de l'Aisne, nous ne soyons pas aidés financièrement notamment pour couvrir les frais de déplacements onéreux qui sont imputables à la localisation géographique de nos clients âgés. Mais nous gardons l'espoir de sortir progressivement de l'ornière Avenir Rural, même si nous avons conscience que rien n'est gagné».

Protection sociale, accès aux soins, insertion professionnelle et sociale, inclusion numérique, animation des territoires ruraux, prévention et accompagnement du vieillissement... la MSA est au carrefour de ces enjeux et y prend une part active. «Notre devise à la MSA de Picardie «agir pour ne pas subir», c'est collectivement que nous construirons notre avenir et celle de notre protection sociale» a conclu Antoine Niay.

Continuer à faire mieux avec moins

Dans le cadre de la convention d'objectifs et de gestion définie entre 2016 et 2020 avec l'obligation d'une baisse de 10 % des effectifs au niveau national et des charges de 15 % sur les 4 ans à venir, la caisse de MSA de Picardie a travaillé avec celle du Nord-Pas-de-Calais pour la mise en commun de certaines activités, sauf le front office (agences, accueil, téléphone) resté à chaque région. «Ces années furent contraignantes pour les services de la MSA car les moyens financiers et les effectifs ont subis des coupes drastiques. Nous avons mutualisé des activités de production avec la MSA Nord Pas de Calais. Entre nos deux caisses, nos échanges sont constructifs avec un objectif commun, s'assurer du bon fonctionnement de nos services. Les Agents ont appris une nouvelle législation, passant par exemple d'une activité santé à une activité retraite. Pour nos adhérents nous avons fait en sorte que ce soit transparent et qu'ils puissent obtenir les renseignements qu'ils souhaitaient dans nos accueils, mais aussi auprès de notre centre de contacts. Nous nous sommes rendus à l'évidence, il nous faut faire mieux avec moins de moyens. Car les besoins sur les territoires ne vont pas en diminuant».

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