L'Oise Agricole 16 janvier 2020 à 10h00 | Par D.

«Longue vie à la transition écologique»

Le jeudi 9 janvier, Emmanuelle Wargon, secrétaire d’État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire, est venue à Beauvais dans l’Oise pour signer le Contrat de transition écologique de la Communauté d’agglomération du Beauvaisis. Avec 11 actions concrètes en matière de transition écologique et plus d’un million d’euros engagé, ce contrat touchera plus de 100.000 habitants du territoire.

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Emmanuelle Wargon a signé avec Caroline Cayeux, présidente de la communauté d’agglomération du Beauvaisis, un contrat de transition écologique. L’accord porte sur l’activité agricole dans la Beauvaisis. L’agriculture biologique et la transformation sont au cœur de ce projet de transformation durable du territoire. Le contrat représente un montant total d’investissements de 1,1 million d’euros, dont la moitié sont des financements issus du secteur privé.
Emmanuelle Wargon a signé avec Caroline Cayeux, présidente de la communauté d’agglomération du Beauvaisis, un contrat de transition écologique. L’accord porte sur l’activité agricole dans la Beauvaisis. L’agriculture biologique et la transformation sont au cœur de ce projet de transformation durable du territoire. Le contrat représente un montant total d’investissements de 1,1 million d’euros, dont la moitié sont des financements issus du secteur privé. - © D.

En juin 2019, le conseil communautaire a voté le lancement de la démarche «Beauvaisis, territoire de transition agricole et alimentaire» et en juillet 2019, la communauté d’agglomération du Beauvaisis (Cab) a été retenue parmi 62 territoires par le ministère de la transition écologique et solidaire pour élaborer un contrat de transition écologique (CTE). Ce dernier a donc été signé officiellement le jeudi 9 janvier au siège de la Cab. Avec 11 actions concrètes, la communauté d’agglomération du Beauvaisis, l’État, la région Hauts-de-France, l’Agence de l’Eau Seine-Normandie, la Banque des territoires, l’Ademe sont les signataires de ce contrat. «La dynamique du CTE présente l’occasion pour la Cab de s’inscrire dans un dispositif innovant et de décliner, à l’échelle locale et de façon concrète, les engagements pris par l’État en matière de transition écologique. Le contrat de transition écologique illustre la méthode souhaitée par le gouvernement pour accompagner les territoires : une co-construction avec les élus, les entreprises et les citoyens qui font le pari d’une transition écologique génératrice d’activités économiques et d’opportunités sociales», souligne Emmanuelle Wargon.

En réponse aux grands enjeux environnementaux actuels (changement climatique, raréfaction des ressources naturelles, perte accélérée de la biodiversité), les solutions proposées doivent prendre en considération les réalités économiques et sociales, afin d’inventer des façons de produire, de consommer, de travailler et de vivre ensemble intégrant l’écologie dans toutes les composantes de la société. Pour relever ce défi, de nouveaux modèles économiques émergent et les mobilisations citoyennes témoignent d’une prise de conscience et d’un engagement dont les initiatives sont le reflet.

Une société «éco-logique»

Plusieurs actions sont envisageables comme une restauration collective de meilleure qualité et plus durable. Dans l’idée de sortir d’une société du tout-jetable pour aller vers une société du réutilisable, le CTE a pour objectif de développer des solutions alternatives aux contenants plastiques jetables en restauration collective. Un groupe de recherche et expérimentation sera lancé dans ce but et la communauté d’agglomération du Beauvaisis en assurera l’animation et le suivi, tout en garantissant sa mise en lien avec les différents acteurs concernés par le sujet et son appui dans la mise en place des projets.

Une action consiste au zéro-déchet. Cette nouvelle politique permettra aussi de réduire la charge financière pour les communes et donc de se donner des marges de manœuvre pour introduire plus de denrées alimentaires biologiques et locales dans la restauration collective publique. Développer cet approvisionnement plus durable est essentiel pour consolider les filières alimentaires de proximité, mais également proposer des débouchés stables et de nouvelles opportunités économiques aux agriculteurs et agricultrices qui souhaitent convertir leur mode de production à l’agriculture biologique. Une cartographie de l’offre en produits agricoles de proximité sera également réalisée pour promouvoir les filières alimentaires courtes, en rapprochant les consommateurs et les producteurs locaux.

L’opération consiste à promouvoir certains éco-gestes et modes de consommation responsables via l’accompagnement d’un nombre restreint de citoyens qui se voient fixés un objectif de réduction de leur production de déchets. L’objectif est de faire de la commune de Bailleul-sur-Thérain une ville-pilote en matière de réduction de déchets avant la mise à l’échelle du dispositif sur l’ensemble de l’agglomération du Beauvaisis.

L’objectif de cet événement est de favoriser l’appropriation collective du sujet et contribuer à l’émergence d’une vision partagée autour de l’ambition du territoire. «L’agriculture est au cœur de l’identité beauvaisine puisqu’elle incarne un fil rouge entre les racines du territoire et son avenir, notamment à travers le pôle recherche et enseignement supérieur agricole UniLaSalle, sa participation au pôle de compétitivité à vocation mondiale IAR et le pôle excellence Rev’Agro, porté par les entreprises du secteur. Sur le plan de la production agricole, on dénombre actuellement 337 fermes sur le territoire, principalement orientées vers des activités de grandes cultures céréales et protéagineux et de polyculture-élevage bovin, avec des pratiques conventionnelles», affirme Caroline Cayeux.

L’agriculture et l’alimentation représentent des secteurs stratégiques dans une ambition de transition écologique globabale. Responsable de près d’un quart des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle du Beauvaisis (10 % pour l’agriculture et 15 % pour l’alimentation), les impacts liés à ces activités sur la qualité de l’air, de l’eau, des sols, ainsi que sur les paysages et la biodiversité du territoire sont réels. La stratégie du Plan climat air énergie territorial (PCAET) de l’agglomération du Beauvaisis fixe comme objectifs à l’horizon 2026 : une réduction globale de 24 % des émissions à effet de serre et des polluants atmosphériques ; une réduction globale de 17 % des consommations énergétiques ; une augmentation de la production locale d’énergies renouvelables de 60 % ; une augmentation de la séquestration du carbonne de 57 %.

Pour l’agriculture en particulier, les ambitions portent sur une réduction de 13 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2026 et l’augmentation des surfaces cultivées en agriculture biologique de 12 % de la surface agricole du territoire à l’horizon 2050. L’atteinte de ces objectifs est conditionnée, entre autres, à la réduction de l’utilisation des intrants chimiques, au développement de pratiques qui limitent l’érosion des sols, favorisent la biodiversité et limitent la dépendance aux énergies fossiles.

Par ailleurs, l’agriculture est identifiée comme un secteur majeur de la transition écologique au regard des possibilités présentées en termes de stockages de carbone, de production énergétique ou de matériaux biosourcés, au delà de la production alimentaire nécessaire pour subvenir aux besoins de la population.

«Ces évolutions nécessitent l’implication de nombreux acteurs publics et privés afin de créer des opportunités économiques et d’identifier des leviers techniques et financiers indispensables à des adaptations. C’est toute la société dans son ensemble qui est concernée par une évolution des pratiques et l’appropriation de nouvelles logiques de production et de consommation. Il s’agit donc d’inventer de nouveaux modèles et d’accompagner les habitants du Beauvaisis, professionnels comme particuliers, vers la prise en compte de critères nouveaux dans leurs choix. En misant sur la proximité géographique et relationnelle entre producteurs et consommateurs, les filières courtes répondent à des enjeux économiques (soutien aux filière de proximité...), écologiques (respect de l’environnement...) et sociaux (santé...). Le CTE doit permettre de fédérer les énergies en faveur d’une transition écologique positive et génératrice de nouvelles opportunités économiques et sociales en mobilisant de nombreux acteurs à chaque étape de la filière, dans une optique de reterritorialisation du système alimentaire, d’économie circulaire et de transition écologique» concluent Caroline Cayeux et Emmanuelle Wargon.

 

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