L'Oise Agricole 03 janvier 2019 à 09h00 | Par Dorian Alinaghi

Succès pour la première journée du territoire

Le 11 décembre dernier, la Chambre d’agriculture de l’Oise a organisé pour la première fois une journée du territoire. Un événement organisé autour de 6 tables rondes.

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Près de 60 maires étaient présents lors de cette journée.
Près de 60 maires étaient présents lors de cette journée. - © Dorian Alinaghi

De nombreux maires et élus sont venus participer à la première journée du territoire organisée par la Chambre d’agriculture de l’Oise. Le but était de réaliser une rencontre axée sur les points importants de l’agriculture au sein du département. «L’agriculture occupe une grande place dans le département. Elle suit une évolution significative et elle subit une pression foncière. Dans l’Oise, il existe 2.500 exploitations agricoles qui induisent une dizaine d’emplois directs et indirects. Dès lors, 9.000 emplois gravitent autour de l’agriculture. L’agriculture occupe 370.000 hectares dans l’Oise, ce qui est les 2/3 de la surface totale. Dans ces hectares, 350.000 sont des terres labourées et 31.000 sont des prairies.

Cette journée est faite pour renforcer nos liens et que l’on soutienne les groupes de developpement car, dans l’Oise, il en existe 600. La Chambre d’agriculture, qui rassemble l’univers agricole exerce ses activités pour le bien-vivre ensemble. En effet, l’activité agricole est un peu à part, mais nous faisons en sorte que l’on puisse cohabiter.» explique Jean-Luc Poulain, président de la Chambre d’agriculture lors de son préambule.

Valoriser les produits locaux

64 lycées se fournissent en produits locaux dans le département, 1,3 million d’euros de chiffres d’affaires concernant le site régional approlocal.fr. En 2018, 1 sur 7 jeunes agriculteurs s’installe dans la région avec une ambition de diversification et de vente directe. Cette évolution importante n’est pas anodine car les attentes sociétales sont de plus en plus exigeantes. Dans l’Oise, il y a 350 producteurs locaux qui vendent en circuit court. 88 agriculteurs et 174 acheteurs professionnels du département sont sur le site régional approlocal.fr. «Il faut savoir que le circuit de proximité est un concept différent. On travaille, ici, plus en local. Il s’agit de la notion de géographie et il peut y avoir plusieurs intermédiaires. Le local n’a pas définition juridique officielle. C’est à chacun de faire sa propre échelle du local» éclaire Laurence Lamaison, chargée de missions filières de proximité et circuits courts à la Chambre d’agriculture de l’Oise. Pour Éric Vandrome, jeune agriculteur dans le département, la proximité est primordiale afin d’établir une relation humaine et une reconnaissance positive des citoyens. Le seul problème de l’approvisionnement local est la logistique. «Par rapport à toutes les demandes scolaires, nous devons établir un acheminement afin d’éviter l’impact carbone et trouver des horaires adaptés pour les livraisons. Dès lors, nous faisons des groupements de demandes de produits pour les producteurs et acheteurs. Le but est de sensibiliser les futurs consommateurs. Les supports de communication en amont sont importants car ils permettent aux collégiens d’informer leurs parents et de prendre conscience de l’origine des produits. Les repères du mode de consommation ne sont plus les mêmes, il faut rééduquer les jeunes à la bonne alimentation et de lutter contre le gaspillage» souligne Fabrice Rivier, coordinateur de projet de restauration locale dans l’Oise. Dès lors, quatre objectifs, avec la collaboration de la Chambre d’agriculture, ressortent : sensibiliser aux coûts logistiques, faire entrer les établissements scolaires dans la démarche de l’approvisionnement local, pérenniser l’opération et la reproduire sur d’autres territoires, et augmenter le volume des commandes de produits oisiens aux établissements scolaires.

Transition énergétique

Qui n’a pas remarqué, dans nos plaines, se dresser des grandes structures, vertes et au nombre de trois, souvent comparées à des yourtes ? Ces drôles de champignons ont pour mission, un jour, de remplacer les centrales nucléaires. Il s’agit de la méthanisation agricole. La méthanisation est une digestion biologique de biomasse dans une enceinte confinée. Le principe consiste à récupérer les déchets organiques de fermes ou d’autres structures pour les valoriser dans une cuve cylindrique et hermétique, appelé digesteur. Ces éléments sont transformés en biogaz grâce à l’action de différentes bactéries anaérobies, créant réactions chimiques et fermentations. «Petit point sur les procédés industriels : la voie dite sèche, utilisant des ressources organiques plutôt solides avec 20 % à 40 % de matière sèche, se positionne dans les élevages pour valoriser les fumiers. La voie dite humide, avec une majorité de ressources à moins de 10 % de matière sèche, est privilégiée pour son potentiel méthanogène plus élevé. Cette soupe est brassée en continu avec une alimentation et une sortie de digestat requérant la plus grande stabilité» expose Xavier Téterel, conseiller spécialisé énergie à la Chambre d’agriculture de l’Oise. Le principal intérêt du biogaz réside dans son bilan carbone, globalement meilleur que celui des énergies fossiles lorsqu’il est évalué tout au long du cycle de vie. Ainsi, selon l’Ademe, pour chaque mégawattheure de biométhane produit, injecté et consommé, une économie de 0,2 tonne de CO2 est réalisée par rapport au gaz fossile. Le développement du biogaz peut constituer un complément de revenus intéressant pour les agriculteurs. Reste le coût des installations, à amortir, qui ne doit pas les conduire à un surinvestissement délétère à long terme… Car le coût de production constitue l’un des principaux reproches formulés à l’encontre de la méthanisation. Le second reproche réside dans la capacité de mobilisation d’un gisement de biomasse suffisant pour alimenter dans la durée les méthaniseurs, sans entrer en compétition avec des cultures alimentaires. Une question qui pourrait devenir sensible à terme, le changement climatique affectant les rendements agricoles. Néanmoins, le progrès technologique, combiné à une stratégie globale énergétique, pourrait permettre de consider la méthanisation comme un élément-clef de la transition écologique. Actuellement, la France ne consomme que 1 % de gaz renouvelable. La loi de transition énergétique visait 10 % en 2030. Selon GRDF, la France compte 860 projets de méthaniseurs et environ 514 installations existantes contre... plus de 10.000 en Allemagne.

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