L'Oise Agricole 31 juillet 2019 à 16h00 | Par Dominique Lapeyre-Cavé

Une nécessaire catharsis

Samedi matin, à la demande de Régis Desrumaux, secrétaire général de la FDSEA de l’Oise, une réunion était organisée à la mairie du Crocq, pour débriefer sur les évènements du jeudi : 637 ha partis en fumée, un corps de ferme brûlé, dont seule la maison d’habitation a pu être sauvée, la commune de Blancfossé à deux doigts de la catastrophe...

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Une réunion nécessaire pour vider les sacs, raconter les peurs, faire part de son émotion.
Une réunion nécessaire pour vider les sacs, raconter les peurs, faire part de son émotion. - © Dominique Lapeyre-Cavé

Les agriculteurs du secteur étaient conviés ainsi que les responsables professionnels : Hervé Ancellin pour la Chambre d’agriculture, les membres de la FDSEA (Thierry Bourbier, Bernadette Bréhon, Alice Avisse, Damien Heurtaut, Pascal Foucault, Patrice Maillard, Roger Vannier, Luc Smessaert, Thierry Fraiture), des JA 60 (Mathieu Pecquet et Arnaud Diéryck) ainsi que des conseillers départementaux (Martine Borgoo, Frans Desmedt et Nicole Cordier), Denis Pype pour Groupama et le Conseil régional, le lieutenant Grégoire pour les pompiers.
C’est avec une grande émotion que Jean-Pierre Grévin, maire du Crocq, a accueilli les présents qui remplissaient la salle et a rappelé les évènements du jeudi. Il a décrit l’angoisse des habitants qui ont dû évacuer leur maison, la peur qui régnait et a tenu à remercier les pompiers et les agriculteurs qui ont pris des risques pour finir par maîtriser l’incendie au bout de nombreuses heures de combat. «J’ai 71 ans et je n’ai jamais vu cela. Il va falloir que nous tirions tous ensemble les enseignements de ce drame», déclarait-il.

Des agriculteurs du secteur et notamment de Blancfossé ont exprimé la peur qu’ils ont vécue et ont vidé leur sac face aux nouvelles dispositions qui régissent les CPI (centres de prévention incendie), les regroupant et laissant des communes sans possibilité d’intervention. «Le feu était à proximité de nos maisons mais nous ne pouvions pas agir comme nous l’aurions fait avant» rageaient-ils, avec gros sur la patate.
Tous s’accordaient à remercier les pompiers pour leur intervention et comprenaient la décision du préfet d’arrêter la moisson, même si arrêter de récolter ne se fait pas de gaité de cœur. Mais les circonstances étaient dantesques dans le secteur et tous avouent avoir eu très peur. Le lieutenant Grégoire rappelait que les pompiers sont d’abord là pour protéger les personnes et les biens et il tenait à saluer l’action des agriculteurs qui, en déchaumant au plus près des flammes, ont contribué à maîtriser la situation. Il se demandait où sont passées les mares des villages, bien utiles en pareille situation. Martine Borgoo, Frans Desmedt et Nicole Cordier ont insisté sur les investissements que réalise le Conseil départemental qui finance à 60 % le Sdis (Service départemental d’incendie et de secours). Ils attendent de tirer les conclusions de cette crise pour définir une politique plus adaptée et revoir le cadre des CPI.

Denis Pype incitait les agriculteurs sinistrés à se manifester au plus vite auprès de leur assureur afin que les pertes soient le mieux recensées. «Les chaumes ne sont pas indemnisés, mais les récoltes sur pieds et la paille, en andains ou en ballots, le sont, à la valeur du jour.» Il précisait que les agriculteurs qui auraient continué la moisson malgré l’arrêté préfectoral et auraient subi un incendie n’auraient bien entendu pas été couverts par leur assurance.

Enfin, Michaël Chevrier, sous-préfet de Clermont, se félicitait que personne ne soit décédé le jeudi et disait bien imaginer ce que cela doit être de voir sa moisson partir en fumée ou de quitter sa maison. Il remerciait les pompiers et les agriculteurs qui ont su faire preuve de solidarité et annonçait que le réchauffement climatique et de ses corollaires que sont la canicule et la sécheresse doivent être pris en compte dans les politiques publiques.
En septembre, représentants agricoles, services de l’Etat, Météofrance, collectivités locales, gendarmerie, pompiers seront invités à une réunion de réflexion sur ce qu’il conviendra de mettre raisonnablement en place pour éviter de revivre une telle situation. L’objectif est la signature par tous d’un protocole de bonnes pratiques avant la prochaine moisson.

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